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Facebook ne veut pas perdre les utilisateurs en quête d'anonymat

Selon le New York Times, Facebook préparerait une application pour discuter de façon anonyme. Le réseau social semble faire un grand écart entre le suivi des utilisateurs à la trace à des fins publicitaires, et le besoin de rester pertinent pour les nombreux utilisateurs en quête de respect de la vie privée.
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Facebook ne veut pas perdre les utilisateurs en quête d'anonymat
Facebook ne veut pas perdre les utilisateurs en quête d'anonymat © Shadowsun7 - Flickr - CC

Snapchat, Secret, le nouveau venu Ello... L'anonymat sur le web a le vent en poupe. De nombreuses applications misent sur le respect de la vie privée et le besoin accru de liberté d'expression sur le web.

Facebook est à la traîne sur ce sujet, mais entend rattraper son retard.

Un dilemme pour Facebook

Facebook est confronté à un dilemme. Sa raison d'être et son business modèle reposent sur la véritable identité de ses utilisateurs pour connecter les individus entre eux... et collecter des informations sur leur comportement. Sa nouvelle plateforme publicitaire Atlas par exemple s'appuie entièrement sur cela.

Toutefois, le New York Times révèle que Facebook plancherait sur une application - séparée - qui permettrait de discuter en utilisant différents pseudonymes non reliés à une identité Facebook "officielle". 

Le développeur en charge du projet, Josh Miller, est le fondateur de Branch, un forum de conversations que Facebook a racheté en janvier dernier pour 15 millions de dollars. Le journal américain ne précise pas les liens entre cette nouvelle application et le plus grand réseau social au monde. On ne sait pas non plus si elle permettra de partager des photos anonymement, ni comment s'établiraient les connexions entre ses membres.

La question de l'identité en ligne de mire

Facebook a recemment dû faire face à un scandale concernant sa politique d'identification. Après des protestations de membres de la communauté gay et transsexuelle, Facebook a assoupli sa politique d'identité en ligne qui obligeait à utiliser son nom légal.

Le chef Produit de Facebook, Chris Cox, a expliqué le dilemme dans un message sur Facebook : "Notre politique n'a jamais été d'exiger de tous sur Facebook l'utilisation du nom légal. L'esprit de notre politique est que chacun sur Facebook utilise un nom authentique dont il se sert dans la vie réelle. D'abord, c'est en partie ce qui a rendu Facebook spécial, en différenciant le service du reste de l'internet où l'anonymat, les pseudonymes et autres noms de hasard constituaient la norme sociale. Ensuite, c'est le mécanisme principal que nous possédons pour protéger des millions de gens tous les jours dans le monde d'agressions", a-t-il expliqué, en référence aux agressions en ligne favorisées par l'anonymat.

La manière dont Facebook pourrait protéger ses utilisateurs contre les spams et les personnes mal intentionnées sur cette nouvelle application n'a pas été clarifiée.

Favoriser les conversations privées autour de sujets sérieux

Selon Reuters, l'entreprise de Mark Zuckerberg entend ainsi favoriser les "conversations" autour de sujets comme la santé, qui nécessitent l'anonymat et la sécurité des données. Un retour aux forums de discussion anonymes en somme. Facebook ne pourrait pas monétiser les informations médicales sans créer un scandale, cette plateforme anonyme créerait donc une zone de sécurité pour les utilisateurs.

Les applications autour de la santé, permettant aux patients de discuter entre eux, sont en plein essor, et Facebook pourrait s'insérer sur ce marché. Il s'agirait aussi d'un moyen de renforcer la création de communautés, et de ne pas perdre des utilisateurs qui s'éloignent de Facebook pour parler de leurs "vrais problèmes" à l'écart du public.

Nora Poggi, à San Francisco

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