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Facebook préparerait une action antitrust contre Apple

Vu ailleurs Facebook accuse Apple d'avoir une emprise trop importante sur les développeurs d'applications. Pour mettre fin à cette hégémonie, l'entreprise de Mark Zuckerberg préparerait une action antitrust contre Apple depuis plusieurs mois avec l'aide de conseillers juridiques externes.   
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Facebook préparerait une action antitrust contre Apple
Facebook préparerait une action antitrust contre Apple © Unsplash/ Alex Haney

Depuis plusieurs mois, Facebook aurait mandaté des experts juridiques pour préparer une offensive devant les tribunaux contre Apple, révèle The Information. Mark Zuckerberg inviterait même d'autres entreprises à rejoindre cette procédure antitrust. Pour l'instant, aucune des deux sociétés n'a commenté cette information.

Une mainmise sur les développeurs
Les faits que reprochent Facebook à Apple ne sont pas nouveaux. Il allègue qu'Apple a abusé de son pouvoir de marché en obligeant les développeurs tiers, y compris Facebook, à suivre un ensemble de règles différentes de celles applicables à ses propres applications. Par exemple, Apple oblige les développeurs à utiliser son service propre de paiement dans leurs applications, sans leur laisser le choix. Et prélève un pourcentage de chaque paiement.

La plainte pourrait également porter sur la pratique d'Apple consistant à empêcher les applications de messageries tierces d'être le service par défaut sur ses appareils. La future politique d'Apple sur le consentement à la publicité ciblée, dont l'entrée en vigueur est fixée au printemps prochain, ne plaît pas non plus à Facebook.

L'entreprise avait été l'une des premières à réagir en déclarant que la nouvelle règle du opt-in pour les utilisateurs affecterait ses outils publicitaires à destination des développeurs. Mark Zuckerberg a réaffirmé cette position le 28 janvier en marge de la présentation des résultats financiers de Facebook. "Apple a le privilège d’utiliser sa position de plateforme dominante pour interférer avec le fonctionnement de nos applications ou celles des autres, ce qu’ils font régulièrement pour avantager les leurs", a-t-il argué. Il a ajouté que la future politique d'Apple empêcherait "de nombreuses petites entreprises d'interagir avec leurs clients via de la publicité ciblée". 

Apple favorise la monétisation qui lui est la plus avantageuse
La politique d'Apple envers les développeurs est de plus en plus critiquée, en particulier sa commission de 30 % applicable aux développeurs tiers sur les revenus générés via les paiements depuis son magasin d'applications et au sein des applications elles-mêmes. Un groupe de développeurs, composé notamment d'Epic Games, Spotify et Deezer, a lancé la "Coalition for App Fairness" pour lutter contre cette politique. Au niveau européen, une enquête antitrust a été ouverte par la Commission.

Pour apaiser ces tensions, Apple a annoncé en novembre dernier une réduction de moitié de cette commission pour les développeurs générant un chiffre d'affaires de moins d'un million de dollars sur une année. Applicable à partir du 1er janvier 2021, cette remise devrait permettre aux plus "petits" développeurs d'application de booster leurs activités, selon la firme de Cupertino. A noter que les restrictions sur les publicités intégrées aux applications bénéficie aussi à Apple en ce sens. Proposer une application gratuite mais avec de la publicité intégrée permet aux développeurs d'esquiver la commission d'Apple sur les prix dans l'App Store. En décourageant cette pratique, Apple s'assure de pouvoir toucher plus de commissions.

Apple défend sa politique 
A l'occasion de la Journée européenne de la protection des données, le CEO d'Apple Tim Cook a rappelé l'attachement de l'entreprise au respect de la vie privée. Attachement renforcé après les fuites de photos intimes de célébrités causées par son service d'hébergement iCloud en 2014. Cela qui justifie pleinement le changement de politique sur le pistage publicitaire, d'après lui. "Les utilisateurs demandent cette fonctionnalité depuis longtemps (...) Nous avons travailler en étroite collaboration avec les développeurs pour leur donner le temps et les ressources nécessaire pour l'implémenter", a-t-il souligné lors de la conférence "Computers Privacy & Data Protection" (CPDP). 

Lors de son discours, Tim Cook a fait mention d'une autre initiative : un label de confidentialité, une sorte d'étiquette qui donne des informations sur la façon avec laquelle les développeurs utilisent les données personnelles. Ainsi, les développeurs qui soumettent une nouvelle application ou une mise à jour dans l'App Store doivent fournir des informations sur leurs pratiques en matière de protection de la vie privée.

Le CEO a également appelé à l'adoption de normes internationales qui consacrent "le principe de minimisation des données, de connaissance et d'accès des utilisateurs et de sécurité des données". L'objectif est de protéger les internautes contre des entreprises dont l'activité repose exclusivement sur "l'exploitation des données" et "la surveillance des utilisateurs", a détaillé Tim Cook, faisait référence à Facebook sans jamais le citer.

Facebook dans le viseur de la FTC
Il reste à savoir si Facebook va réellement mettre à exécution son projet de procès. Pour rappel, l'entreprise est elle-même accusée de pratiques anticoncurrentielles par la Federal Trade Commission (FTC). L'agence gouvernementale s'interroge sur la légalité des acquisitions d'Instagram et de WhatsApp ainsi que sur les relations qu'entretient Facebook avec les développeurs d'applications.

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