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Facebook supprime des réseaux de faux comptes faisant de la propagande, dont un lié à l'armée française

Vu ailleurs Le réseau social a annoncé avoir procédé à la suppression de trois réseaux de faux comptes utilisés à des fins de propagande. L’un d’entre eux est né en France et il est selon Facebook directement lié à "des individus associés à l'armée française".
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Facebook supprime des réseaux de faux comptes faisant de la propagande, dont un lié à l'armée française
Facebook supprime des réseaux de faux comptes faisant de la propagande, dont un lié à l'armée française © Brett Jordan/Unsplash

Des barbouzes sur les réseaux sociaux ? C’est ce que laisse entendre Facebook. Dans un long et détaillé billet de blog daté du 15 décembre, la société américaine révèle avoir procéder à la fermeture de trois réseaux de faux comptes, attribué à des sources françaises et russes, et accusées d’avoir mené et relayé des campagnes de désinformation, ou fake news.

Ces réseaux sont accusés d’avoir violé la politique de lutte contre l'ingérence étrangère ou gouvernementale affichée par Facebook. Accusés d'avoir fait preuve de "comportement inauthentique coordonné (CIB) au nom d'une entité étrangère ou gouvernementale", ces réseaux sont "originaires de France et de Russie et ciblaient plusieurs pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient", expliquent Nathaniel Gleicher, Head of Security Policy, et David Agranovich, Global Threat Disruption Lead. Ils ajoutent néanmoins que l’enquête n’a pas révélé de soutien "institutionnel".

Des contenus favorables aux opérations françaises
Le réseau français comptait 84 comptes Facebook, 14 profils Instagram, plusieurs pages Facebook et neuf groupes. Il rassemblait 5 000 abonnés et 16 000 membres du groupe. Ce réseau, qui était alimenté par des publications en français et en arabe, s’exprimait sur des sujets liés à l’actualité, notamment la politique française menée en Afrique francophone, la situation sécuritaire au Mali, où se déroule l’opération Barkhane et dans une moindre mesure le Niger, le Burkina Faso, l'Algérie, la Côte d'Ivoire et le Tchad.

Ce réseau, "né en France", était lié à "des individus associés à l'armée française", accuse Facebook, captures d'écran à l'appui, en expliquant que les utilisateurs se faisaient passer pour des locaux et postaient des contenus favorables aux opérations françaises. Certains messages sont également critiques envers la politique étrangère de la Russie.

200 000 dollars pour l'achat de publicité
Côté russe, ce sont 63 comptes Facebook, 29 pages, 7 groupes et un compte qui ont été repérés pour des contenus relatifs à Madagascar, au Cameroun, à la Guinée équatoriale, au Mozambique, à l’Afrique du Sud. De nombreuses discussions portaient sur la République centrafricaine (et ses élections présidentielles, dont le premier tour a lieu le 27 décembre) et la diaspora centrafricaine en France.

Enfin, un réseau était plus spécifiquement dédié à trois pays : la Libye, le Soudan et la Syrie. Ce réseau, qui publiait en français, anglais, portugais et arabe, évoquait également des informations sur la pandémie, le Covid-19 et le vaccin russe contre le virus. Dans le détail, ce sont 211 comptes Facebook, 126 pages, 16 groupes et 17 comptes Instagram qui ont été supprimés. "Ce dernier groupe a gagné plus de 5 millions d'abonnés et a dépensé près de 200 000 dollars en publicité sur la plateforme", explique Facebook.

Des liens d'amitié entre les groupes
Ces deux derniers réseaux sont attribués à l’Internet Research Agency, la fameuse ferme à troll russe, accusée d’avoir perturbé l’élection présidentielle américaine en 2016. Pour appuyer ses dires, Facebook livre certains détails du fonctionnement de ces réseaux. Par exemple, une technique déjà employée par l'Internet Research Agency, qui consiste à commander des articles à de vrais journalistes locaux, qui pensent de leur côté travailler des sites d’informations "réels".

Pour éviter toute accusation de partialité, Facebook insiste sur le fait qu’il lutte contre les faux comptes et non pas sur le contenu publié. "Lorsque nous enquêtons sur ces opérations et que nous les supprimons, nous nous concentrons sur le comportement plutôt que sur le contenu, quels que soient les auteurs, ce qu’ils publient ou s’ils sont étrangers ou nationaux", explique la société. La suppression des trois réseaux est néanmoins par l’engagement des groupes les uns envers les autres, Facebook évoquant même de liens "d’amitié". Une première selon la société dirigée par Mark Zuckerberg.

A noter que le journal Mediapart a révélé il y a une semaine que des militaires français avaient compromis la sécurité de leurs opérations sur les réseaux sociaux. Le média en ligne a identifié plus de 800 profils de soldats français déployés à l’étranger et plus de 200 profils de membres des forces spéciales publiant sur différentes plateformes des données personnelles ou sensibles.

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