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Facebook traîne l'UE en justice pour non-respect de la vie privée de ses employés

Accusé de pratiques antitrust par l'Union européenne, Facebook refuse de transmettre certains documents à la Commission sous prétexte que cela violerait la vie privée de ses employés. L'entreprise américaine cite des demandes d'informations médicales, financières voire familiales qui n'auraient aucun lien avec la procédure en cours.
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Facebook traîne l'UE en justice pour non-respect de la vie privée de ses employés
Facebook traîne l'UE en justice pour non-respect de la vie privée de ses employés © Tim Bennett - Unsplash

Facebook a lancé une action en justice contre l'Union européenne pour non-respect de la vie privée, révèle le Financial Times le 27 juillet. L'entreprise américaine juge que les demandes formulées à son encontre par la Commission sont trop intrusives pour ses employés. Si l'exécutif européen réclame des informations à Facebook c'est parce qu'il a ouvert en décembre 2019 une enquête sur la collecte et la monétisation des données du réseau social.

Des informations hautement sensibles
"La nature exceptionnellement vaste des requêtes de la Commission signifie que nous devrions leur fournir des documents principalement sans rapport avec leur enquête", fustige Timothy Lamb, directeur juridique en charge de la concurrence et de la régulation au sein de Facebook. Il cite notamment "des informations personnelles hautement sensibles comme des informations médicales ou financières et des informations privées sur les familles des employés". Le juriste remet en question le fondement juridique sur lequel se fonde l'UE pour exiger la fourniture de telles données. "Nous pensons que de telles requêtes devraient être examinées par des cours européennes", argue-t-il.

La firme estime que ces informations ne peuvent être partagées qu'à certaines conditions. Elle dit avoir proposé aux enquêteurs de la Commission la possibilité de consulter des documents sensibles dans une salle sécurisée où aucune copie ne pouvait être faite. Cette offre a été refusée. Elle affirme par ailleurs avoir déjà transmis 315 000 documents, soit 1,7 million de pages.

Un moyen de retarder la procédure ?
Facebook ne tenterait-il pas de retarder la procédure d'enquête ? Absolument pas, répond un porte-parole. Il affirme que l'entreprise coopère pleinement avec la Commission depuis le début des investigations. Notons tout de même que tant que la plainte déposée par Facebook ne sera pas tranchée, rien ne l'obligera à transmettre ces documents. Une perte de temps pour l'institution européenne qui multiplie les enquêtes contre les grandes entreprises technologiques. Elle en a récemment ouvert deux sur l'App Store et Apple Pay.

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