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Facebook veut tester des drones pour connecter le monde dès 2015

La conférence Social Good Summit vient de s'achever à New York et l'ingénieur en chef du "Connectivity Lab" de Facebook, Yael Maguire, était présent pour parler drones. Malgré de nombreux obstacles,  le réseau social prévoit de commencer à tester ces objets volants dès l'année prochaine.
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Facebook veut tester des drones pour connecter le monde dès 2015
Facebook veut tester des drones pour connecter le monde dès 2015

Facebook et Google rivalisent d'ingéniosité pour développer leur initiative de connecter le monde entier. Pourtant, ni le projet de ballons Loon de Google, ni les drones de Facebook n'ont encore trouvé la solution idéale. Google a récemment racheté le fabricant de drones solaires Titan Aerospace, ce qui durcit la compétition. Yael Maguire du laboratoire de connectivité de Facebook explique le projet du réseau social durant le "Social Good Summit".

Une prouesse technologique

Yael Maguire explique que pour faire voler ces drones, qui doivent être dans les airs durant des mois ou même des années, il faut aller au-dessus de l'espace aérien - soit "entre 60 000 et 90 000 pieds [entre 18 et 27 kilomètres]. Les avions ne volent pas à cette altitude, et les drones certainement pas non plus," explique-t-il.

En plus des contraintes liées à l'altitude, ces drones doivent fonctionner à l'énergie solaire, puisqu'aucun carburant ne peut permettre à des objets de voler aussi longtemps. Selon Yael Maguire, ces drones peuvent être comparés à des avions car leur taille devrait être "à peu près celle d'un avion commercial, comme un [Boeing] 747," mais ils doivent être bien plus légers. L'un des modèles que Facebook est en train de tester aurait une taille proche de "six ou sept Prius, mais le poids de 4 pneus d'une Prius," révèle Yael Maguire.

Contraintes réglementaires

L'équipe est bien entendu concentrée sur les pays émergents pour connecter des parties du globe qui n'ont pas accès à internet. L'Inde, où plus de 15% de la population n'est pas connectée, est une priorité. Mais aussi une vingtaine de pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud, selon Yael Maguire. L'un des obstacles majeurs reste la différence entre pays. Au niveau des appareils eux-mêmes, qui ne seront pas affectés par l'énergie solaire de la même façon en Afrique ou en Asie, et au niveau des réglementations qui varient d'un pays à l'autre.

"Nous prenons de nombreux risques techniques, mais aussi réglementaires, car il n'y a pas de règles concernant les objets volants au-dessus d'une altitude de 60 000 pieds [18 km] et au-delà. Il n'y a pas de règles concernant les signaux que l'on peut envoyer depuis là-haut aux populations (...) les règles existent pour les satellites, et nous suivons cela de près. Elles sont très utiles, mais nous devons contribuer à ouvrir de nouveaux horizons", estime Yael Maguire.

Le laboratoire de Facebook a d'ailleurs une équipe dédiée aux questions réglementaires qui assiste les ingénieurs. Selon Yael Maguire, le plus grand défi pour l'instant reste de déterminer comment faire voler ces objets. La règle actuelle d'"un opérateur par drone" ne conviendra pas selon lui, et il faudrait pouvoir autoriser un pilote à diriger directement 10 ou 100 de ces appareils. "On ne peut pas se contenter d'une personne par avion si on veut connecter le monde entier," explique-t-il.

Test dès 2015

Malgré tous ces obstacles, Facebook espère tester un de ces appareil dans les airs dès 2015, aux Etats-Unis. Ensuite, pour que ces objets permettent une connexion internet, il faudra compter encore 3 à 5 ans de tests, estime Yael Maguire. "Nous devons repousser les limites de la technologie de durée de vie de la batterie, de la technologie solaire, composite... Il y a beaucoup de défis que notre équipe est pressée de relever."

Le défi d'une génération

Un autre aspect doit être déterminé : qui déploierait ces appareils ? Les communautés, les gouvernements, le secteur public ou privé devront décider comment utiliser cette technologie quand elle sera disponible, estime Yael Maguire. "Il y a beaucoup de connotations négatives autour des drones, et nous devons reprendre la main sur ce débat," résume-t-il. "Nous espérons pouvoir rendre cette technologie disponible pour d'autres gens... nous pensons que d'autres pourront avoir un meilleur modèle pour deployer cette technologie. Il s'agit d'un effort énorme. Connecter le monde entier est le défi de notre génération".

Facebook a déjà recruté Ericsson, Nokia, Qualcomm, Samsung entre autres pour son laboratoire de connectivité, mais le réseau social aurait travaillé seul sur son projet de drones pour l'instant. La course à l'innovation est lancée !

Nora Poggi

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