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Fake news : la rénovation du fil d’actualité Facebook va-t-elle quelque part ?

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Analyse Facebook a pris ses bonnes résolutions pour l'année 2018 : réparer le réseau social et le rendre meilleur. 2016 et 2017 ont été émaillées de révélations désastreuses pour l'entreprise sur sa gestion des fake news. En métamorphosant le fil d'actualité de son site, Mark Zuckerberg n'a pas trouvé de solution miracle mais peut-être au moins une échappatoire bienvenue.

Fake news : la rénovation du fil d’actualité Facebook va-t-elle quelque part ?
Mark Zuckerberg, PDG de Facebook © Facebook

Le dictionnaire Collins en a fait le mot de l’année 2017. En 2018, on risque donc encore d’entendre parler de "fake news”. Mark Zuckerberg rechigne à nommer son ennemi mais la lutte contre la désinformation risque de tarauder l’entreprise américaine. Dans ses traditionnels voeux de début d’année, le PDG de Facebook fait d'ailleurs de l’amélioration de son réseau social une priorité.

 

Un fil d’actualité métamorphosé

Le 11 janvier 2018, le PDG justifiait la rénovation du fil d’actualité par un retour aux sources : "Nous avons construit Facebook pour aider les gens à rester connectés et pour nous aider à nous rapprocher de ceux qui comptent pour nous." Quelques jours plus tard, il détaille l’architecture de cette timeline métamorphosée. Désormais, les articles d’actualité représenteront approximativement 4% du fil contre 5% auparavant. Et les contenus postés par les marques et les entreprises seront rétrogradés au profit de ceux publiés et partagés par les amis et la famille des utilisateurs.

 

"J’ai demandé à nos équipes produits de s’assurer que nous donnions la priorité à des actualités fiables, informatives et locales", précise Mark Zuckerberg sur son profil. Le géant technologique jugera ces sources dignes de confiance à partir de ses enquêtes de qualité. "Certaines agences d’information n’ont que la confiance de leurs lecteurs ou de leur public tandis que d’autres ont gagné la confiance plus largement dans la société, même chez ceux qui ne les suivent pas directement", justifie le PDG.

 

 

Une gestion de crise laborieuse en 2017

Ces annonces ponctuent une année 2017 des plus laborieuses en matière de gestion de crise. Bien entendu, d’autres sites comme Twitter et YouTube sont contaminés par la désinformation, les fermes à clic et les faux comptes. Mais Facebook est devenu un cas d’école en ce qui concerne l’attentisme et l’impuissance des réseaux sociaux face à la désinformation.

 

En novembre 2016, au terme de l’élection américaine et de la victoire inattendue de Donald Trump, Mark Zuckerberg jugeait "assez folle" l’idée selon laquelle Facebook ait pu influencer les suffrages. Au fil des mois, l’entreprise n’a cessé de revoir sa copie. Jusqu’à la révélation, en octobre 2017, que quelque 126 millions d’utilisateurs de Facebook furent exposés pendant la campagne à des publicités et des contenus façonnés par des propagandistes prorusses. Un aveu terrible pour le réseau lorsqu’on considère le séisme politique de cette élection.

 

Le réseau social s’est aussi essayé à des mesures inefficaces. En décembre 2016, il lançait un système de signalisation pour des contenus “contestés” (“disputed”). Trop lent, pas assez exhaustif et, pire encore, contre-productif car il attirait l’attention sur ces fausses informations, le système a été abandonné un an plus tard, remplacé par des suggestions d’articles sous les informations réfutées.

 

Un nouveau fil d’actualité déjà critiqué

Parmi les journalistes, la rénovation du fil d’actualité suscite de sérieux doutes. Certes, parce qu’il entraînera une baisse d’audience certaine. Mais aussi parce que cette nouvelle timeline risque de ne pas résoudre les problèmes de désinformation, en favorisant par exemple des contenus sponsorisés.

 

Le réseau social a déjà expérimenté ce type de changements en Bolivie, au Cambodge, au Guatemala, en Serbie, en Slovaquie et au Sri Lanka. Dans ces pays, le fil d’actualité a été scindé en deux avec d’un côté, “Explore”, les informations postées par les marques et les entreprises ; et de l’autre, les contenus des utilisateurs lambdas. Dans une enquête menée auprès des journalistes de ces régions, le New York Times met en valeur les travers de cette approche. "C’est bien de voir des choses provenant de vos amis et de votre famille mais il faut une diversité d’information", réagit par exemple une journaliste bolivienne.

 

Pour résoudre le problème des fake news, Mark Zuckerberg préfère donc le trajet le plus simple : tenter de réduire les informations diffusées par le fil d’actualité. Une réponse un peu courte mais faut-il vraiment blâmer le PDG ? Entre les médias de "désintox" et Emmanuel Macron qui veut légiférer contre les fake news, personne ne semble trouver de réponse adéquate. Mark Zuckerberg espère que ce choix sera rentable à long terme. Si c’est le cas, il aura fourni l'un des plus beaux exemples de repli stratégique.

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