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[FIC 2022] La souveraineté c'est maîtriser notre destin, pour Guillaume Poupard (Anssi)

Guillaume Poupard fait ses adieux à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information lors d'une session au FIC de Lille. L'occasion pour lui de dresser un bilan de la situation en cette année 2022. Les mots sont scrupuleusement choisis : les sujets autour de la souveraineté doivent être "une obsession" sans tomber pour autant dans un protectionnisme national absurde.
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La souveraineté c'est maîtriser notre destin, pour Guillaume Poupard (Anssi)
[FIC 2022] La souveraineté c'est maîtriser notre destin, pour Guillaume Poupard (Anssi) © YouTube

Sur le départ, Guillaume Poupard, le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), a dressé un dernier bilan à l'occasion du Forum international de la cybersécurité (FIC) qui se tient actuellement à Lille.
 

Beaucoup de bêtises sur la souveraineté

Sujet de prédilection depuis quelques années et au coeur de la dernière présidentielle, la souveraineté a fait l'objet d'une attention toute particulière. "Un sujet sur lequel on entend beaucoup de bêtises", a lâché le directeur général précisant que le but n'est absolument pas "d'éliminer tout ce qui ressemble à un bout de composant étranger". "La souveraineté, c'est maîtriser son destin", a-t-il déclaré. 

Cette souveraineté se construit par différents moyens. Pour sûr, cette souveraineté ne peut pas qu'être française. L'échelon européen est devenu essentiel pour la prise en compte de la cybersécurité, comme le rappelle Guillaume Poupard. "Beaucoup de choses restent encore à faire", analyse-t-il citant les différents textes qui constituent une première base réglementaire (Le Cyber Act, la directive NIS qui vient d'être révisée...). La question de "la solidarité européenne" est particulièrement complexe, note-t-il. "Quand aide-t-on un pays qui a un problème, comment déplacer des forces à l'échelle européenne...", se demande-t-il. "Nous ne somme pas prêts là-dessus !"

Le directeur général se dit davantage satisfait des avancées au niveau national. "Avec 323 visas de sécurité accordés par l'Anssi, il y a une vraie dynamique en termes de production de services et de produits de sécurité en France", se réjouit-il. "Il n'y a pas toujours besoin de regarder ailleurs (...) De toute façon, nous aurons jamais autant de moyens que nos adversaires", prévient-il.

1000 acteurs accompagnés dans les parcours de cybersécurité

Les choses bougent également au niveau territorial. Le plan France Relance consacre une partie de son enveloppe aux enjeux cyber (136 millions d'euros). Des parcours de sécurité ont ainsi été mis en place pour aider les entités publiques à renforcer la sécurité informatique de leur système d'information. Depuis le lancement du dispositif, "1000 acteurs locaux ont été guidés pour faire durablement de la cybersécurité", dévoile Guillaume Poupard. 

Les points d'amélioration sont nombreux. Le vœu le plus cher du directeur de l'Anssi est "d'avoir une vraie campagne de sensibilisation" auprès du grand public afin d'avoir "5 minutes du temps de cerveau de chaque Français au même moment depuis la primaire jusqu'aux Ehpad". Un vrai challenge qui n'a jamais encore été réalisé.

La France n'est pas "timorée"

Il souhaite également que la France continue de développer ses capacités défensives et offensives. "Le but est de se faire respecter en passant par une prise de parole forte d'un point de vue géopolitique", explique-t-il. "Nous avons cette image de la France un peu timorée qui ne veut pas faire d'attribution (la désignation du responsable d'une cyberattaque, ndlr). C'est totalement faux !", ajoute-t-il. "La France est au contraire très forte dans ce domaine. Simplement, nous ne ferons pas d'attribution sur la base d'une volonté de suivre nos partenaires, notamment américains, et si le seul objectif est de parler d'un sujet", conclut-il. 

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