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Fillon vs Juppé : le duel numérique des deux finalistes de la Primaire de la Droite

mis à jour le 22 novembre 2016 à 13H53
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Tribune Après la victoire de François Fillon et Alain Juppé au premier tour de la Primaire de la droite et du centre, le Think Tank Renaissance Numérique passe au crible les propositions de chacun sur les questions numériques, et leur perception du sujet dans leur programme.

Fillon vs Juppé : le duel numérique
Fillon vs Juppé : le duel numérique des deux finalistes de la Primaire de la Droite © CC

Avec respectivement 135 et 108 propositions relatives au numérique, François Fillon et Alain Juppé comptaient parmi les candidats parmi les plus "équipés" sur les sujets numériques. On peut toutefois les différencier sur trois sujets majeurs pour 2017 : l’emploi et la formation professionnelle, la régulation des plateformes et la démocratie participative.

 

Encadrer les évolutions du travail, chacun à sa façon

Si les deux candidats parlent de la transformation du travail à l’ère du numérique, tous deux mettent l’accent sur des points différents : un nouveau cadre pour le travailleur indépendant, pour François Fillon, et la formation professionnelle, pour Alain Juppé.

 

François Fillon de son côté, met l’accent sur la simplification du travail indépendant. Avec précision, contrairement au programme de son rival, il décrit les actions qu’ils mettraient en place sur la question.

  • Un statut accessible dès 16 ans ;
  • Protégé par une assurance chômage spécifique ;
  • Garanti par un nouvel acteur : la caisse de protection des indépendants, chargée de rendre accessible les démarches administratives en ligne ;

 

Alain Juppé reste plus vague sur l’accompagnement du travail indépendant et se contente de vouloir "étendre, simplifier et généraliser le statut d’autoentrepreneur". Son programme met l’accent sur la formation professionnelle qu’il développe davantage que son concurrent. Il veut instituer un système de "compte social personnel unique" : compte personnel de formation en plus poussé. Il propose également, dans ce domaine, de former aux "métiers de demain" (data scientists, etc.), d’enrichir le contenu des formations afin d’assurer un "socle commun" de compétences digitales.

 

Réguler les plateformes avec plus ou moins de détermination

Autre point commun, traité avec deux styles différents : la régulation des plateformes. Sur ce point, les deux candidats veulent faire évoluer la législation en vigueur, s’orientant plutôt vers une plus grande contribution financière de ces acteurs.

 

Là encore, François Fillon, par le détail de ses plan d’action, se montre plus téméraire sur ce sujet, peut-être au prix de passer outre quelques législations européennes. Sur la régulation des plateformes, il propose :

  • D’adopter le principe de neutralité et de loyauté des plateformes ;
  • De déroger au principe de neutralité du net en faisant contribuer les plateformes et les consommateurs au financement du réseau ;
  • D’attribuer à l’ARCEP le rôle de régulation des plateformes ;
  • De soumettre les plateformes au règles de "l’exception culturelle" à la française en faisant évoluer le concept "d’hébergeur".

 

Si Alain Juppé déclare lui aussi que les plateformes devront contribuer au financement de la culture et à la modernisation des réseaux numériques, et parle de protection de la "souveraineté numérique européenne", l’imprécision de son programme laisse à voir une vision moins définitive, plus négociable.

 

Démocratie numérique : Juppé plus convaincu que Fillon
Sur ce dernier point, l’utilisation des outils numériques pour renouveler la démocratie, les propositions d’Alain Juppé sont davantage poussées. Avec le CESE comme garant du suivi des dispositifs participatifs, le candidat propose des dispositifs innovants, tels que :  

  • une plateforme de "e-pétition" engageant le gouvernement à répondre au-delà d’un certain seuil de signature ;
  • un cabinet de la société civile consultatif auprès du Président de la République ;
  • le développement (sans plus de détails) des consultations numériques citoyennes déjà développées ;
  • la mise en place d’une plateforme pour faciliter le suivi des politiques publiques.

 

De la part de François Fillon, on ne comptabilise aucune mesure allant dans ce sens. Alors que le candidat a largement communiqué sur sa volonté de légiférer par ordonnances, il n’est peut-être pas étonnant de ne pas trouver de chapitre "civic tech" développé.
 

les programmes numériques de François Fillon et Alain Juppé

 

 

 

 

Par Camille Vaziaga, Déléguée générale de Renaissance Numérique
 

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