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Finance, océan, télécoms... Comment la French Tech Brest+ veut digitaliser les "filières traditionnelles bretonnes"

Fort d'un écosystème de 150 start-up, l'Ouest breton a été labellisé Capitale French Tech le 3 avril 2019. Une confiance renouvelée, dont l'écosystème entend se servir pour poursuivre sa croissance... et cultiver sa différence, sciences et technologies de la mer en tête. Immersion.

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Finance, océan, télécoms... Comment la French Tech Brest+ veut digitaliser les filières traditionnelles bretonnes
Fraîchement rénovés, les ateliers des Capucins accueilleront bientôt le bâtiment totem de la French Tech Brest+. © Studio Watt

Elle s’appelle officiellement Brest+, mais cette jeune Capitale French Tech s’étend bien au-delà des frontières de la Cité du Ponant. Adoubée le 3 avril 2019, cette dernière se compose des communautés du Finistère et de Lannion (Côtes-d’Armor), et regroupe quelque 150 start-up issues de cinq secteurs principaux : la finance, les télécoms, la mer, l’agriculture et la santé. "Des filières qui ont traditionnellement fait la prospérité de l’économie bretonne", avance non sans un brin de fierté à L’Usine Digitale son délégué général Frédéric Nicolas.

 

"ATTIRER LES LICORNES DES MERS"

La French Tech Brest+ a trouvé un écrin à la hauteur de ses ambitions. Son futur bâtiment totem, qui sera inauguré cette année, se situe dans les ateliers des Capucins. Fraîchement rénové par la collectivité, cet ancien site de réparation navale est accessible via le premier téléphérique urbain de France. "C’est depuis cet endroit que nous ferons en sorte d’asseoir l’image de Brest et de sa région comme un point chaud en matière technologique", explique Frédéric Nicolas.

 

Ici, sur la côte Atlantique, l’océan est roi. C’est la raison pour laquelle la récente Capitale French Tech veut cultiver sa différence au travers des sciences de la mer. Son partenaire, le Village by CA Finistère, a lancé l’ambitieux projet Narwhal – du nom de l’animal – pour "attirer les licornes des mers sur l’Ouest breton". Concrètement, dès 2020, les start-up du maritime du monde entier pourront rejoindre le Campus mondial de la mer. Un accueil sur mesure leur sera réservé, avec la mise à disposition d’espaces de travail, mais aussi un accompagnement par des chercheurs locaux. "C’est un dispositif de softlanding, structurant pour l’avenir du territoire", juge le délégué général, rappelant le récent transfert du siège social de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) dans la métropole brestoise.

 

Un territoire qui a déjà vu naître quelques pépites dans le domaine. La start-up eOdyn a notamment recréé une modélisation des courants marins d’une précision vingt à cinquante fois supérieure à celles des grands programmes spatiaux étatiques, tels que la Nasa ou l’Esa. "Sa solution permettra aux porte-conteneurs d’économiser jusqu’à 10 % de carburant en optimisant les routes qu’ils empruntent", expose Frédéric Nicolas. Sans aller jusqu’à une finalité scientifique, la jeune pousse Inobo a de son côté imaginé une planche de kitesurf connectée. Un gain de fiabilité appréciable pour les sportifs.

 

METTRE L’ACCENT SUR LES SCALE-UP

Un tissu entrepreneurial et industriel dense tire l’écosystème vers le haut. Arkéa, le sixième établissement bancaire au niveau national, dont le siège est situé dans la métropole brestoise, concentrait notamment 28 % des investissements en matière de FinTech en France en 2017. Son projet Bressst – avec trois 's' pour "Smart, Sciences & Start-up" – a pour but de "proposer un package attractif pour irriguer cette filière d’excellence brestoise". Dans son sillage, la start-up Pledg a par exemple développé une solution qui rend possible le partage de paiement en ligne. Il devient ainsi possible de commander pour plusieurs personnes en une fois, tout en ne payant que sa propre part.

 

 

Tous les ans, la French Tech Brest+ organise l'événement "Ticket to Pitch" sur un bateau.

L'objectif : favoriser les rencontres entre start-up et entreprises de taille intermédiaire (ETI).

 

Un peu plus à l’Est, Lannion multiplie les efforts pour rester l’une des places fortes du monde des télécoms. "Nous proposons aux entreprises et aux chercheurs un vaste territoire d’expérimentation et d’accompagnement en matière de réseaux, notamment LTE-M et NB-IoT pour les objets connectés", souligne Frédéric Nicolas. La pointe bretonne reste également l’un des moteurs de la recherche en faveur de la digitalisation de la santé. En moyenne, 16 brevets y sont déposés chaque année… et une trentaine de start-up ont d’ores et déjà vu le jour dans ce secteur depuis 2014.

 

Accélérer l’industrialisation : c’est l’objectif que s’est fixé Brest+ pour cette deuxième phase du programme, d’ici à 2022. Selon Frédéric Nicolas, une grande part des jeunes pousses présentes sur le territoire sont d’ailleurs "aujourd’hui suffisamment matures et en pleine croissance pour être qualifiées de scale-up". Au total, depuis sa première labellisation comme métropole French Tech en 2014, Brest+ et son écosystème de start-up ont levé plus de 230 millions d’euros. Un signe de la vitalité du territoire.

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