Fintech : les levées de fonds battent des records depuis le début de l'année

Fintech et assurtech ont levé autant sur les neuf premiers mois de l'année 2021 qu'au cours des trois années précédentes, selon le baromètre eCAP Partner / D-Rating. Les start-up de l'assurance sont particulièrement représentées.

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Fintech : les levées de fonds battent des records depuis le début de l'année

La fintech française a connu un record de levées de fonds sur les neuf premiers mois de l'année. Les sociétés du secteur ont levé autant d'argent sur cette période que durant l'ensemble des trois dernières années, selon le baromètre eCAP Partner / D-Rating.

"Depuis l’entrée en vigueur de DSP2, le champ des possibles s’est élargi. Beaucoup de start-up cherchent à disrupter le secteur de la finance et de l’assurance en s’attaquant à divers services annexes qui étaient historiquement réservés aux banques et assurances (credit scoring, micro-lending, transfert d’argent, moyen de paiement, devises, etc.)", ce qui explique ce dynamisme, selon Philippe Bailly, président de D-Rating, agence de notation des entreprises du numérique.

Fonds levés par les assurtech et fintech entre janvier et septembre 2021

La société de conseil en levées de fonds et en fusions-acquisitions spécialisée dans le secteur du numérique eCAP Partner a identifié 64 opérations au cours des trois premiers trimestres de l'année, pour un montant total de 1,22 milliard d'euros. Soit un peu plus de 19 millions d'euros en moyenne par tour de table, près de deux fois plus que le montant moyen observé sur neuf mois en 2020 (10 millions d'euros). 92% de ces deals impliquent au moins un fonds français.

La moyenne dissimule des échelles très variables. En effet, le nombre de très gros tours de table a été particulièrement important sur la période. Six opérations réalisées en 2021 s'inscrivent dans le top 10 des plus grosses levées de fonds entre 2018 et 2021, telles que celles du néo-assureur santé Alan, et du spécialiste de la détection de fraude dans l'assurance Shift Technology, qui prennent les deux premières places de ce top.


Cette progression se voit aussi dans la hausse de la représentativité du secteur "Finance, Assurance" dans le total des montants levés. Sur un an, la part des levées du secteur est passée de 11% à 15% entre les neuf premiers mois de l'année 2020 et 2021.

Les chiffres montrent une forte progression des start-up de l'assurance, qui représentent 35% des montants levés en 2021, mais seulement 14% des opérations. "Les contraintes prudentielles qu’elles doivent respecter leur imposent de lever des fonds importants", commente Philippe Bailly.


La répartition par secteur souligne le "mouvement de vagues disruptrices" sur les cinq dernières années, selon les auteurs de l'étude. "D’abord les néobanques pour particuliers principalement centrées sur des améliorations de l’expérience clients, puis les banques destinées aux PME et leurs contraintes spécifiques, les couches basses/technologiques de type BaaS, et désormais l’assurance dans toutes ses formes", analyse Philippe Bailly.

Une autre évolution significative est l'augmentation de la représentation des fonds internationaux dans les levées de fonds du secteur. "Alors qu’en 2019, ils étaient présents dans seulement 14% des levées de fonds, ce taux est aujourd’hui monté à 22%. On observe aussi que les fonds internationaux participent aux tours les plus significatifs", nous indique Alban Dohin, chargé d'affaires chez eCAP Partner. Le montant moyen des levées exclusivement réalisées auprès de fonds français est de 9,1 millions d'euros, alors que les levées auxquelles ont participé un ou plusieurs fonds internationaux dépassent en moyenne 54 millions.


Malgré les records de financement des fintechs françaises en 2021, la France reste en retrait par rapport à l'Allemagne ou au Royaume-Uni, selon les chiffres produits par EY. On peut notamment citer la levée de fonds de la société allemande Trade Republic (764 millions d'euros), et celles des britanniques Saltpay (425 millions) et Paysend (106 millions).

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