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Fleur Pellerin au numérique, une erreur de casting ?

Fleur Pellerin n’a pas le poids politique suffisant pour imposer le numérique comme une des priorités du gouvernement. Même si elle n’a pas démérité, il est temps de prendre conscience que ses talents seraient sans doute mieux employés dans un rôle d’ambassadrice de la France à l’étranger. Rôle qu’elle assume déjà en partie

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Fleur Pellerin au numérique, une erreur de casting ?
Fleur Pellerin en tournée aux Etats-Unis, un exercice où elle excelle. © @aymeril - twitter

Pellerin au #numérique, une erreur de casting ? La question peut paraître ultra-provocante vis-à-vis de la seule ministre du gouvernement qui ne se paye pas de formules à l’emporte-pièce et réalise un vrai travail de fonds loin du bruit médiatique. C’est vrai qu’elle est sans doute la seule dans l’équipe Hollande à mesurer ses propos, à tenter de comprendre les environnements complexes dans lesquels évoluent les entreprises et à déminer les mesures dévastatrices pour l’économie qui ont pu être prises à la va-vite dans les premiers mois du quinquennat.

Pas de grand plan numérique à son actif

Mais dépassons ces impressions et regardons froidement ce qu’elle a fait. En un an, son bilan est maigre. Elle a promis un plan PME qui a été noyé dans un plan plus vaste de compétitivité (dont les effets se font attendre). Sur le numérique, elle n’a pas pour l’heure convaincu (sans doute à cause d’un poids politique faible) même si elle s’est engagée à fond pour cette cause. On attend toujours, par exemple, le grand plan numérique qui saura doter la France d’une vraie ambition dans le domaine… À l’inverse de la pâle feuille de route numérique présentée par le gouvernement. Quant à ses liens avec la filière, le reproche qu’on peut lui faire, c’est qu’elle voit l’écosystème numérique avant tout par le prisme parisien et donc celui des start-up. Alors qu’une foule d’industriels font aussi partie de ce secteur émergent. Pas seulement les fabricants de fibres mais aussi les SSII, les fabricants de connectiques en tout genre, ceux qui font des cartes à puces ou des équipements de cybersécurité. Preuve de cet oubli : Manuel Valls ou Jean-Yves Le Drian, respectivement ministres de l'Intérieur et de la Défense, ne se privent pas d'inclure le numérique à leur prérogatives.

Des Talents mal employés

Le jugement vous semble dur ? Peut-être. Mais s’il l'est, c’est aussi parce que Fleur Pellerin n’est peut-être pas placée au meilleur endroit dans le gouvernement pour exercer tous ses talents. Là où elle excelle -à en croire les observateurs- c’est quand elle vend la France à l’étranger. C’est là qu’il faudrait l’employer. Imaginez l’impact : en France, "ce vieux pays qui est le nôtre", on ose se faire représenter par une femme issue de l’immigration pour porter sa vision politique et économique aux quatre coins du monde. Un message vivant de l’ouverture de la France, de la méritocratie française, de notre talent aussi. Alors, monsieur le Président, quand créerez-vous ce poste de ministre de l'image de la France à l'étranger ?

Thibaut De Jaegher

 
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