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[Food Tech] Frichti, ou comment faire de la tech en cuisinant de bons produits

Pour pouvoir livrer à un prix abordable des plats composés de bons produits, les fondateurs de Frichti ont parié sur la tech.  En développant un site Internet et une appli digne des plus grandes mais aussi en investissant sur un super logiciel de livraison à la source de substantielles économies d'échelle. Le tout en soignant le service client et en étant attentif à son environnement et à l'Environnement. Portrait d'une start-up qui va vite. 

mis à jour le 26 octobre 2016 à 23H57
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[Food Tech] Frichti, ou comment faire de la tech en cuisinant de bons produits
Julia Bijaoui et Quentin Vacher les fondateurs de Frichti © Frichti

Comme d'autres avant eux, les fondateurs de Frichti, Julia Bijaoui et Quentin Vacher, ont créé leur start-up en constatant un manque dans leur vie quotidienne. Bien diplômés et parisiens (elle a fait HEC, lui a fait de la finance et déjà créé une start de e-commerce), jeunes cadres aux perspectives aussi prometteuses que leur agenda était plein, ils faisaient face à un problème lorsque venait l'heure de passer à table : "Bien manger, ce n'est pas simple, ça prend du temps, on n'a jamais les bons produits, explique aujourd'hui Quentin Vacher. On a trop souvent seulement le choix entre faire des courses au supermarché où l'on trouve des produits médiocres ou commander de la junk food". Ou avoir du temps libre pour cuisiner, comme les passionnés de Top Chef. Mais l'amour de la cuisine prend du temps, et leur problème, c'est qu'ils n'en avaient pas (du temps).

 

Le numérique n'est pas un problème, c'est la solution

L'histoire se passe vraiment en 2015. Face à un problème, le jeune couple ne s'est pas démonté : "On s'est dit, le digital facilite déjà nos vies. Il doit pouvoir résoudre ce problème". Dit comme ça, le pari semble osé : numérisés, on le craint, les aliments n'ont plus grand goût. Pourtant, Quentin Vacher insiste "Frichti est une entreprise tech"

 

L'entreprise, qui compte déjà 200 salariés ("on a choisi de tout intégrer", poursuit le jeune dirigeant), livre des plats élaborés depuis une cuisine centrale située aux portes de Paris mais dont l'emplacement précis est secret. Là, on cuisine des produits de saison, pour élaborer des recettes simples et quotidiennes. Les plats sont régulièrement renouvelés pour que le consommateur ne se lasse pas et ait toujours envie de goûter quelque chose de nouveau. A l'heure où nous écrivons ces lignes, on trouvait un velouté de champignon à la crème de truffe, une burrata des pouilles, mais une salade de boeuf thaï ou des coquillettes jambon à la truffe.

 

Livrer en bus plutôt qu'en taxi

La tech n'est donc pas dans les aliments, ouf. Elle est ailleurs et est au coeur du modèle économique de Frichti. Là où d'autres producteurs de cuisine livrent les plats un par un, adresse par adresse, Frichti a mis au point un logiciel pour optimiser les livraisons, grâce auquel un coursier qui part d'un des centres logistiques pourra se rendre chez quatre ou cinq clients. Le confondateur résume : "Les autres livrent un repas en taxi. Nous on est l'équivalent du bus. C'est plus écolo !".  En plus, en protégeant la planète, Frichti peut baisser le coût de livraison et assurer ainsi un prix abordable au client. Un repas complet peut être obtenu pour un peu plus de dix euros. Ce pari est possible car si les plats sont cuisinés, ils sont livrés froid (à l'inverse du livreur de pizza qui fait des allers-retours entre son four et la porte du client).

 

Pour le reste, on retrouve tout ce qui fait la spécificité de bien des jeunes pousses de ce genre, qui mettent un point d'honneur à soigner le détail : sur le site, les photos des plats sont soignées, on parle bien manger et on livre écolo avec des scooters électriques. Le consommateur est aussi bien soigné. Le service client veille à la qualité proposée ("il doit être généreux", précise Quentin Vacher.). Les bons produits doivent être bien présentés, et la marque travaille à créer un lien de proximité en multipliant petites et grandes attentions. Cela commence en appelant tout client qui a fait une première commande.

 

Des livreurs en CDI car ce sont des ambassadeurs

Portrait-type du client Frichti
Aujourd'hui, le client type est connecté. Il a confiance dans le commerce électronique et n'a pas peur de payer en ligne. Âgé de 20 à 60 ans, il peut être un homme ou une femme. Plus précisément ce sera plutôt une femme la semaine et un homme le week-end.

C'est aussi pour cela que Frichti a fait le choix original dans ce milieu d'avoir des livreurs salariés et en CDI. "Flexibiliser ? On y a pensé. Mais le livreur est la seule personne qui a un contact avec Frichti, puisque tout le reste se fait depuis un smartphone ou un ordinateur. Nous imaginions difficilement que le seul contact se fasse avec un auto-entrepreneur", explique le confondateur, pour lequel les liveurs sont  "les ambassadeurs de la marque". "Nous préférons avoir des gens heureux de travailler pour nous, qui sont engagés, plutôt que de travailler avec des indépendants hyper stressés". Les livreurs sont formés au discours de l'entreprise, pour être en mesure de répondre aux questions des clients.  "Nous les accompagnons aussi. Depuis notre lancement, 20 à 25 % d'entre-eux ont évolué vers d'autres métiers comme mécanicien, chef de rang..."

 

Une offre de plus en plus diversifiée à la conquête du monde (ou presque)

Depuis le lancement, l'offre a également évolué. Une gamme de plats pour enfants, dédiée aux jeunes parents débordés, est désormais proposée. Depuis quelques mois, Frichti propose des petits déjeuners (qui sont livrés la veille au soir), partant du constat que beaucoup de gens zappent ce repas. A cette occasion, Frichti a changé (un peu) de métier, en livrant des produits bruts (le beurre, le pain, la confiture) et non plus des plats préparés. Si l'entreprise devait continuer dans cette voie, Quentin Vacher l'assure : ce sera avec des produits de base de qualité … évidemment !

Le nombre de villes servies croît aussi petit à petit : après Paris, Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt, c'est au tour des habitants de Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret et Clichy de pouvoir commander à la jeune start-up.

 

Et puisque Frichti est une entreprise de la tech qui livre chaque semaine plus de 10 000 plats, les équipes techniques travaillent pour améliorer l'appli mobile. "Nous voudrions qu'une commande puisse être passée en trois minutes et qu'un livreur passe dans votre rue toutes les demi-heures". Frichti s'est aussi diversifiée en livrant des entreprises ou des groupes de personnes.

 

L'avenir dira si le couple fondateur a eu les yeux plus gros que le ventre, mais ils ont levé au début de l'année 12 millions d'euros pour se devélopper et ils ne comptent pas s'arrêter là, prévoyant de continuer d'ouvrir des villes autour de Paris au fur et à mesure "en escargot", puis de continuer à grandir en France et à l'étranger, mais pas question de sacrifier la raison d'être de cette entreprise : la qualité des produits.
 

 

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2 commentaires

BETHMONT
28/10/2016 14h59 - BETHMONT

Bonjour, suite à la lecture de cette page, c'est vrai que je n'ai rien à dire sur la qualité des plats et des produits proposés par FRICHTI. C'est très bon et abordable. Par contre, sur le sujet de la LIVRAISON, c'est pas du tout ça. Je trouve ça très dommage que cela nuise au but principal de cette start-up. Cordialement. M. BETHMONT

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GEDIKLI
08/06/2017 16h52 - GEDIKLI

M. Bethmont, vous voulez dire que la livraison n'est pas top? Comment ça nuit au but principal de cette start-up? J'aimerais juste mieux comprendre. Merci

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