Freescale bien décidée à fermer l'usine de Toulouse

Pour Denis Blanc, directeur du site, aucun projet de reprise n'est viable. L'arrêt de la production et son transfert sur les usines de Freescale aux Etats-Unis semblent inéluctables.

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Freescale bien décidée à fermer l'usine de Toulouse

Le gouvernement a beau prendre en main le dossier, la direction de Freescale maintient son calendrier de fermeture de l'usine de Toulouse en août prochain, ce qui se traduirait par la perte de près de 600 emplois directs. "Nous n'avons des discussions avec aucun repreneur potentiel, et les projets de reprise étudiés jusqu'ici se sont tous révélés non viables", affirme Denis Blanc, directeur du site.

Le projet le plus abouti était porté par ELFET, une société spécialement créée pour l'occasion en janvier 2011 par des investisseurs potentiels. Il prévoyait le basculement de l'outil de production sur des circuits discrets de puissance en nitrure de gallium, une technologie prometteuse pour la succession aux circuits en silicium dans la conversion et le contrôle de l'énergie électrique. L'ancien gouvernement a accepté de mettre 50 millions d'euros sur la table, à condition que Freescale contribue au financement total estimé à 100 millions d'euros. Ce que la société a refusé, conduisant à la dissolution d'ELFET en décembre 2011.

La CGT, syndicat majoritaire sur le site, accuse la direction d'avoir fait capoter le projet pour éviter l'émergence d'un concurrent à Toulouse. "C'est faux, rétorque Denis Blanc. Sinon pourquoi aurions-nous payé deux cabinets indépendants pour expertiser le projet ? La réalité c'est que la technologie de nitrure de gallium est loin d'être mature. Elle demande encore beaucoup de développement avant d'être mise en production. Nous ne voulons pas soutenir un projet aussi risqué."

Freescale fabrique à Toulouse des circuits de gestion de la puissance électrique, notamment pour l'automobile, sur une technologie en silicium considérée par la direction comme obsolète. La fabrication s'effectue en effet sur des tranches de 6 pouces, contre 8, voire 12 pouces dans les usines les plus avancées. Le procédé de production s'appuie sur une gravure de 0,6 µm, alors qu'il faudrait passer à 180 nm pour être dans l'air du temps.

Pourquoi Motorola, dont Freescale est issue, n'a pas fait évoluer les procédés depuis 20 ans ? Denis Blanc n'a pas de réponse. "La société dispose de trois usines de fabrication sur 8 pouces aux Etats-Unis, qui ne tournent pas à plein régime. Plutôt que d'investir à Toulouse, elle opté pour un transfert de la production sur ces sites. Car, pour amortir des investissements de plus en plus lourds dans notre secteur, il devient essentiel d'augmenter les volumes de fabrication."

Freescale a exploré des recherches avec le CEA-Léti, le CNRS-Laas et des industriels sur la technologie de nitrure de gallium, mais a finalement opté pour une autre une technologie gardée encore au secret (peut-être le carbure de silicium). "Mais le démarrage commercial est prévu pour 2017, précise Denis Blanc. C'est la preuve que l'industrialisation d'une nouvelle technologie prend dans notre domaine beaucoup de temps."

Les pistes de reprise par des concurrents ont-elles été systématiquement écartées ? "Absolument pas, répond Denis Blanc. Nous avons discuté avec beaucoup d'acteurs dans notre domaine. Nous avons conclu un accord de transfert de 50 personnes avec Intel sur place. Nous étions prêts à faire la même chose avec d'autres."

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