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Freescale ne voulait pas de concurrent à Toulouse

Le fabricant américain de semiconducteurs prévoit d’arrêter la production à Toulouse. Le gouvernement pourrait relancer le projet de reprise que la société aurait fait capoter pour éviter l’émergence d’un concurrent.
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Freescale ne voulait pas de concurrent à Toulouse
Freescale ne voulait pas de concurrent à Toulouse © D.R.

Un espoir pour les 580 salariés de Freescale à Toulouse (Huate-Garonne) menacés de licenciement. Le projet de reprise des activités de production sur le site pourrait être relancé. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a missionné un conseiller pour discuter avec les dirigeants américains de Freescale d’une solution évitant la fermeture de l’unité de fabrication.

Le site de Toulouse fabrique des composants électroniques de puissance, notamment pour l’automobile, sur une technologie de silicium, jugée obsolète par Freescale. C’est pourquoi, le groupe issu de Motorola, a décidé en avril 2009 d’y arrêter la production en août prochain et de n’y maintenir que l’activité R&D (environ 400 personnes aujourd’hui).

Selon la CGT, le syndicat majoritaire à l’usine, cette décision s’inscrit dans une stratégie visant à consolider la fabrication sur les trois sites américains de la société : Chandler (Arizona), Oakhill (Texas) et Austin (Texas). "Elle ne se justifie pas sur le plan économique, puisque le site est rentable, estime Eric Hirson, l’un des porte-paroles de la centrale syndicale sur place. Elle vise juste à améliorer les résultats financiers du groupe en dégageant 200 millions d’économie par an. Pour preuve : l’usine n’arrive pas à répondre à la demande des clients et est obligée de faire appel en permanence à 600 intérimaires en moyenne."

Le projet de reprise esquissé en 2011 reposait sur la création d’un consortium associant l’Etat à des partenaires, des clients de l’automobile et des banques. L’ancien gouvernement avait accepté d’apporter la moitié du financement nécessaire, soit 50 millions d’euros. La production devait basculer sur la prochaine génération de composants électroniques de puissance en nitrure de gallium.

Cette technologie a été développée par la R&D sur le site de Toulouse en partenariat avec le CEA-Leti. Mais Freescale, qui en détient les brevets, préfère en lancer la fabrication aux Etats-Unis. "La direction a fait capoter le projet car elle ne voulait pas d’un concurrent à Toulouse", soupçonne Eric Hirson.

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