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Gérald Fafet de Saint-Gobain : "Je ne sous-estime pas la puissance de Google, mais nous avons nos atouts"

Entretien Pour devenir un acteur de l’habitat connecté, Saint-Gobain multiplie les partenariats avec des start-up, tout en développant ses propres produits. Gérald Fafet, le directeur général adjoint de l’innovation de l'entreprise française de matériaux, revient sur ce tournant numérique.

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Gérald Fafet de Saint-Gobain : Je ne sous-estime pas la puissance de Google, mais nous avons nos atouts
Gérald Fafet de Saint-Gobain : "Je ne sous-estime pas la puissance de Google, mais nous avons nos atouts"

L'Usine Digitale - Depuis sa création il y a 350 ans, Saint-Gobain a connu plusieurs révolutions industrielles. L’internet des objets en fait-il partie ?

Gérald Fafet - Je ne crois pas. Les objets connectés ne vont pas bouleverser notre fonctionnement industriel… mais l’optimiser. Nous expérimentons déjà l’analyse de la production de nos usines grâce à des données issues de capteurs. Plus largement, nous ne voyons pas les objets connectés comme un eldorado, mais plutôt comme une façon de faire évoluer nos métiers, de créer de la valeur ajoutée, de mieux impliquer l’utilisateur final.

 

De quelle façon ?

Nous développons des objets connectés qui permettront de mesurer objectivement le niveau de confort d’un bâtiment – homogénéité thermique d’une pièce, éclairage, isolation phonique, acoustique – et de l’améliorer en sélectionnant les meilleurs produits. Cela change tout, car aujourd’hui, dans le bâtiment, on ne mesure que les dimensions. La plupart des autres paramètres sont calculés, estimés, mais pas mesurés et donc rarement vérifiés. Nous proposerons d’abord ces outils de mesure aux artisans, puis au grand public. Nous sommes encore en phase de recherche. Plusieurs produits devraient prochainement arriver sur le marché.

 

N’avez-vous pas peur d’être court-circuité par des start-up ou des géants du numérique ? Google se positionne sur le diagnostic énergétique à travers le projet Sunroof sur l’énergie solaire et sa filiale d’objets connectés Nest…

Je ne sais pas si les géants du numérique s’intéressent vraiment au bâtiment. Il faudra toujours fabriquer des plaques de plâtre et les feuilles de verre qui servent à faire les fenêtres. Ce sont deux mondes totalement différents. Pour nous, le digital est une opportunité, pas une menace. Nous avons toutes les cartes en mains pour bien prendre ce virage. Je ne sous-estime pas la puissance de Google, bien sûr, mais nous avons nos atouts. Quant aux start-up, ce sont des partenaires sur ce chemin.

 

Comment les sélectionnez-vous ?

Notre structure internationale Nova, qui existe depuis une dizaine d’années, identifie les start-up avec lesquelles nous aurions un intérêt à échanger. Nous en avons déjà repéré près de 3 000. Cela va de la simple discussion à des contrats de développement communs ou des achats de produits. Nous avons, par exemple, investi dans le français Qivivo, qui fabrique des thermostats connectés. Sa démarche intellectuelle et scientifique nous a plu, et nous souhaitions voir comment une start-up de cette nature fonctionnait et ce qu’elle pouvait nous apprendre. Nous envisageons d’autres investissements de ce type.

 

Pourquoi ne pas avoir créé votre propre fonds d’investissement comme d’autres industriels ?

Il y a déjà beaucoup de fonds qui travaillent très bien, nous ne voulons pas nous substituer à eux. Notre rôle est différent : nous intervenons à un stade plus avancé, quand la start-up se confronte à la réalité de notre marché, par nature complexe. Nous sommes là pour les aider à bien appréhender cet environnement particulier, avec ses multiples normes, règles, intervenants. Elles nous apportent des nouvelles idées, nous leur offrons notre expertise et notre expérience.

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