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Gloire et déboires des pépites du numérique : Bitstrips, un buzz sans lendemain

Dernier épisode de notre série d'été consacrée à des success story du numérique stoppées en plein élan. Aujourd'hui, Bitstrips, l'application de bande dessinée qui avait envahi les fils d'actualité Facebook à la fin de l'année 2013. Moins d'un an après, le phénomène s'est largement essoufflé, jusqu'à disparaître de nos écrans.
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Gloire et déboires des pépites du numérique : Bitstrips, un buzz sans lendemain
Gloire et déboires des pépites du numérique : Bitstrips, un buzz sans lendemain © Capture d'écran - www.bitstrips.com

Lancée sur Facebook en décembre 2012, l'application Bitstrips est apparue sur les appareils mobiles le 21 octobre 2013. Simple d'utilisation, elle a vite séduit les utilisateurs du réseau social. Après avoir téléchargé le programme, ces derniers créent un avatar à partir d'une palette graphique pré-définie. Une fois leur double de comic strip dessiné, les Bitstrippers l'intègrent dans des scènes de la vie quotidienne. Une mauvaise journée au travail, une soirée entre amis, un dîner-plateau devant la télé… Bitstrips permet de relater ces moments en image. I

Google Play (Android) et Apple Store, l'application pour décrire sa vie en BD a rencontré un véritable succès, avant de tomber dans l'oubli. 

DE LA GLOIRE...

Votre flux d'actualité Facebook a sûrement été envahi par ces petites bandes dessinées mettant en scène vos amis. C'est le phénomène Bitstrips qui a déferlé sur la toile, et plus spécifiquement sur Facebook, pendant deux mois à la fin de l'année 2013.

Propulsée par le mobile, l'application a connu une croissance sans précédent en l'espace d'un mois. Elle qui avait séduit 11 millions d'utilisateurs depuis son lancement en décembre 2012 sur Facebook, en a conquis 9 millions supplémentaires en moins d'un mois, grâce à son arrivée sur mobile. "C'est la facilité de prise en main de l'application sur mobile qui l'a rendu populaire", avait alors expliqué Jacob Blackstock, fondateur et directeur artistique de Bitstrips en novembre 2013. 

... aux déboires

Débarquée sur mobile le 21 octobre 2013, les pics de fréquentation de Bitstrips ont été atteints entre la fin du mois d'octobre et le mois de décembre 2013. L'accalmie survient dès le mois de janvier. 

En décembre 2013, la start-up était parvenue à lever près de 3 millions de dollars auprès du fonds Horizons Ventures. Réinvestis sans délais, ces fonds ont servi à effectuer une série de recrutements d'ingénieurs, de dessinateurs et surtout à améliorer l'application. 

Un mois plus tard, Jacob Blackstock est interrogé au sujet d'une hypothétique monétisation de son application. Le jeune patron a répondu y "avoir réfléchi", sans avoir amorcé le processus. Une erreur fatale alors que Bitstrips se trouve déjà sur la pente descendante, l'application qui fonctionne sans publicité est condamnée. 

Et maintenant ? 

En juin 2014, six mois après l'explosion de phénomène Bitstrips, l'application voit les recherches Google associées chuter. Suscitant la curiosité en novembre 2013, le mot "bitstrips" était le plus recherché sur Google. En juin, seul 0,7% d'internautes ont pris des nouvelles de l'application.

Basée à Toronto, la start-up, qui compte une vingtaine d'employés, continue malgré tout à tourner. Bien qu'elle ait voulu surfer sur "l'effet Candy Crush", Bitstrips aura manqué d'un intérêt précis et se retrouve enterrée dans le cimetière des applications. Prémonitoire pour Yo - l'application qui consiste à envoyer un "yo" à des amis -  ou encore Nothing, l'application qui vous donne la météo d'hier ?

Wassinia Zirar 

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