Gloire et déboires des pépites du numérique : les hauts et les bas de Zynga

Quatrième épisode de notre série consacrée à des start-up prometteuses ayant connu une descente aux enfers. Aujourd'hui, l'éditeur de jeux vidéo Zynga, pionnier du jeu vidéo sur les réseaux sociaux en "free-to-play", qui peine à reproduire le succès de ses premières créations et creuse ses pertes.

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Gloire et déboires des pépites du numérique : les hauts et les bas de Zynga

C'est la société qui a le plus profité de l'essor du free-to-play, ces jeux distribués sur les réseaux sociaux ou sur mobiles et tablettes dont l'accès est gratuit, mais incitant le joueur à débourser quelques centimes d'euros pour débloquer de nouveaux objets et fonctionnalités. Zynga peine aujourd'hui à se renouveler et ne parvient pas à enrayer sa chute vertigineuse.

De la gloire…

Créée en 2007, Zynga est rapidement devenu le roi du marché naissant du jeu gratuit en ligne avec options payantes. Son hit, "Farm Ville", et ses nombreuses déclinaisons (comme City Ville, Chef Ville, Coaster Ville…), et d'autres jeux à succès comme "Mafia Wars", ont rendu accro des millions d'utilisateurs à travers le monde. L'éditeur est devenu maître dans l'art de bâtir des mécanismes de jeu addictifs, grâce à un marketing viral agressif (du spam qui ne dit pas son nom).

Facebook a alors fait de Zynga l'un de ses principaux partenaires en matière de jeu vidéo. De quoi convaincre les capital-risqueurs, qui ont investi plusieurs centaines de millions de dollars dans la compagnie, qui a multiplié les lancements de jeux et acquisitions de studios.

Fin 2011, l'éditeur passe donc logiquement au niveau suivant : l'entrée en bourse. Avec succès : l'entreprise est alors valorisée à plus d'un milliard de dollars. L'action passe de 9,50 dollars en décembre à 14,69 dollars début mars. Le fondateur de Zynga, Mark Pincus, voit grand pour son entreprise.

… aux déboires

Après quatre années de croissance spectaculaire (l'entreprise a été bénéficiaire en 2010), l'entreprise traverse un sérieux trou d'air. Sa base utilisateurs commence à s'effriter, sous la pression de concurrents toujours plus nombreux et inventifs (comme le français Pretty simple), alors que Zynga ne s'est jamais distingué par l'originalité de ses productions. Pour ne rien arranger, la firme est très (trop) dépendante de Facebook, où elle réalise l'écrasante majorité de son chiffre d'affaires.

Résultat : l'éditeur voit son résultat opérationnel (Ebitda) chuter à 168 millions de dollars sur les neuf premiers mois de l'année 2012, contre 235 millions en 2011 sur la même période. Il se lance alors dans un vaste plan de réduction des coûts incluant le licenciement de 5% de ses effectifs, soit environ 150 postes, et l'arrêt de 11 jeux, sur un catalogue d'une cinquantaine de titres.

En 2013, re-belote. En juin, le management de l'entreprise se résout à supprimer 18% de ses effectifs, soit 520 postes."La taille qui nous a si bien servis pour bâtir le principal service de jeux en réseaux sur internet rend maintenant difficile de montrer la voie avec succès sur les appareils mobiles et les plateformes multi-support, les supports sur lesquels les jeux en réseaux seront dorénavant joués", se justifie Mark Pincus, qui ne peut que constater son échec. Il laisse d'ailleurs son siège à Don Mattrick qui a dirigé Electronic Arts et mené le programme Xbox chez Microsoft. Un nouvel homme pour une nouvelle impulsion ?

Et maintenant ?

La nouvelle équipe emmenée par Don Mattrick a bien du mal à relancer la machine Zynga, qui continue à creuser ses pertes et de perdre des joueurs. Son chiffre d'affaires est passé sous la barre du milliard de dollars en 2013, et la tendance se confirme en 2014, poussant la société à déclencher un nouveau plan social en début d'année.

La déclinaison tardive de ses succès Facebook sur plate-formes mobiles peine à convaincre le public, qui est passé à autre chose (son concurrent King Digital connaît d'ailleurs le même destin en bourse). L'action Zynga végète autour de 3 dollars au Nasdaq, et aucun nouveau titre ne semble de taille à prendre le relais des vieillissants FarmVille ou Mafia Wars. Game over en vue ?

Sylvain Arnulf

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