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Gloire et déboires des pépites du numérique : Megaupload, torpillée par la justice américaine

Sixième épisode de notre série consacrée aux start-up prometteuses qui ont connu une descente aux enfers. Aujourd'hui, le site de partage de fichiers Megaupload, fermé en 2012 par la justice américaine, qui avait lancé une vaste opération contre le piratage de fichiers (notamment vidéo). Il avait à l'époque plus de 50 millions de visiteurs uniques par jour en moyenne.
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Gloire et déboires des pépites du numérique : Megaupload, torpillée par la justice américaine
Gloire et déboires des pépites du numérique : Megaupload, torpillée par la justice américaine © Andreas Bohnenstengel

Megaupload ? Une entreprise à la réussite fulgurante, avant que l'épée de Damoclès, suspendue au-dessus de sa tête depuis un bon moment, ne finisse par lui tomber pile entre les deux yeux. Le site de partage de fichiers informatiques, créé en 2005, générait 4% du trafic Internet mondial au moment où la justice américaine en a décidé la fermeture.

De la gloire…

Kim Schmitz, hacker germano-finlandais de renom, aujourd'hui connu sous le nom de Kim Dotcom a lancé Megaupload en mars 2005 à Hong Kong. Ce site permettait à ses utilisateurs de mettre en ligne et de rendre disponible au téléchargement des fichiers informatiques gratuitement ou via un abonnement, en fonction de la taille desdits documents.

Ces fichiers, gérés par des serveurs possédés directement ou loués par l'entreprise aux Etats-Unis, au Canada, en France et au Pays-Bas, étaient pour beaucoup des films, des séries et des morceaux de musique, que les internautes pouvaient s'échanger et visionner ou écouter sans payer, au nez et à la barbe des grands studios de cinéma et des majors de l'industrie musicale.

Le succès de Megaupload ne s'est pas fait attendre : le site générait en 2012, peu avant sa fermeture, 4% du trafic Internet mondial, d'après l'acte d'accusation produit par la justice  américaine. Il comptait alors 180 millions d'abonnés et était, à son apogée, le 13ème site le plus visité de la planète. Entre 2005 et 2012, la société aurait encaissé 175 millions de dollars de recettes grâce aux abonnements et à la publicité.

… aux déboires

C'en était trop pour la justice américaine, qui a lancé une opération coup de poing contre Megaupload, son fondateur et ses dirigeants. Ils sont accusés de ne pas avoir versé les droits d'auteurs des films, séries et morceaux de musique téléchargés par leurs utilisateurs aux ayants droits. Le manque à gagner s'élève pour eux à 500 millions de dollars. Le 19 janvier 2012, le site est fermé par le FBI.

Kim Dotcom (et six autres salariés de l'entreprise) sont inculpés pour association de malfaiteurs en vue d'activité économique illégale, de contrefaçon de copyrights et de blanchiment d'argent. Le fondateur du site est arrêté dans son manoir à Auckland en Nouvelle Zélande et 64 comptes bancaires sont saisis. La justice américaine a coopéré avec la police canadienne et néerlandaise pour constituer le dossier et arrêter les prévenus.

Le mouvement d'activistes web Anonymous a lancé une opération de protestation, #OpMegaupload, le jour même de l'annonce de la fermeture du site. Ils ont bloqué l'accès aux sites Internet d'Universal Music, de Sony…. Kim Dotcom est finalement libéré sous caution un mois plus tard. Il doit rester dans un périmètre de 80 kilomètres autour de sa résidence d'Auckland.

Et maintenant ?

En avril 2014, six grands studios de cinéma américains et quatre labels de musique ont porté plainte contre le site et son fondateur pour violation de droits d'auteur. Mais pour être jugé, le fondateur de Megaupload doit être extradé de Nouvelle Zélande vers les Etats-Unis. Le procès censé statuer sur cette extradition devait initialement avoir lieu en août 2012. Il a été repoussé au 16 février 2015. Kim Dotcom a ouvert un nouveau site de partage de fichier appelé Mega, le 19 janvier 2013.

Lélia de Matharel

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