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Gloire et déboires des pépites du numérique : Violin Memory, une entrée en bourse désastreuse

Nous débutons aujourd'hui notre série d'été consacrée à des success story du numérique stoppées en plein élan. Aujourd'hui, Violin Memory, spécialiste du stockage de masse en mémoire flash, qui a connu une entrée en bourse mouvementée et peine à se relancer.
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Gloire et déboires des pépites du numérique : Violin Memory, une entrée en bourse désastreuse
Gloire et déboires des pépites du numérique : Violin Memory, une entrée en bourse désastreuse © Violin memory - capture vidéo YouTube

C'était l'une des start-up les plus prometteuses de la technologie de stockage de données en mémoire flash. Créée en 2005 à Santa Clara (Californie), Violin Memory s'est positionnée comme l'un des leaders de cette industrie en pleine croissance… avant de traverser de violentes turbulences.

De la gloire…

En 2009, la démocratisation de la technologie de stockage massif en mémoire flash, sous l'impulsion de grosses sociétés comme Sun Microsystems ou EMC, ouvre un espace à des acteurs alternatifs innovants. Violin Memory, créé en 2005, est l'un de ces nouveaux entrants mis en lumière. Les baies de stockage flash qu'il conçoit sont prisées des entreprises et data-centers, car plus rapides, plus réactives, plus fiables que des systèmes traditionnels. Et la différence de prix avec des solutions classiques est amenée à diminuer au fil du temps, la technologie devenant de plus en plus répandue.

Violin Memory parvient sans trop de difficultés à lever des fonds pour financer son développement. En 2010, Toshiba investit plusieurs millions de dollars dans la compagnie. Violin est alors vu comme un "game changer", un acteur capable de "disrupter" le secteur du stockage de masse. Début 2011, la start-up est déjà parvenue à lever 110 millions d'euros. Don Basile, PDG de Violin, affirme alors que l'entreprise est en voie de devenir une "billion dollar company", une entreprise dont la valorisation dépasse le milliard de dollars.

"Le rythme avec laquelle nos revenus augmentent va contribuer à faire de Violin la société de stockage au rythme de croissance le plus élevé de ces dix dernières années", prophétise-t-il. En septembre, Violin évoque déjà une possible entrée en bourse et des acquisitions. Quatre banques prestigieuses (JP Morgan, Deutsche Bank, Bank of America Merrill-Lynch et Barclays) sont mandatées pour explorer cette option.

En 2012, l'enthousiasme pour Violin ne redescend pas. Les venture capitalists se battent pour entrer dans le tour de table. En juin, le journal économique Forbes assure que Violin Memory est l'entreprise qui possède le "plus gros potentiel dans le computing." Wired écrit que Violin est en passe de jouer le "requiem du disque dur". La demande d'entrée à la Bourse de New-York est déposée en septembre 2012 et les banques chargées de mener l'opération tablent sur une valorisation à 2 milliards de dollars. Il faut dire que son concurrent Fusion-IO avait mené l'une des introductions en bourse les plus réussies de l'année 2011.

… aux déboires

C'est donc confiant que Violin Memory arrive en Bourse. Patatras : à son premier jour de cotation, le 27 septembre, le titre perd 21%, finissant la journée à 7,11 dollars seulement. L'entreprise parvient tout de même à lever 160 millions de dollars. Mais les "revenus croissants" évoqués par la passé par Don Basile ne sont pas là ; en réalité, Violin n'a cessé de perdre de l'argent depuis sa création. L'arrêt d'un important contrat avec HP l'a fragilisée. Elle brûle la moitié de la somme levée en bourse en quelques semaines. Le 22 novembre, Violin Memory annonce des résultats trimestriels très mauvais, et le titre chute de nouveau en bourse. Le CEO Don Basile est débarqué en fin d'année, face à la fronde d'actionnaire activistes s'estimant dupés ; son COO en fera de même quelques jours plus tard. Pas sûr que l'entreprise puisse se relever de cette mauvaise passe.

Et maintenant ?

Une nouvelle équipe arrive aux commandes de Violin Memory début 2014, avec pour objectif de "relever l'entreprise". Le nouveau PDG Kevin de Nuccio multiplie les signatures de partenariats avec de gros acteurs comme Microsoft pour tenter de rassurer le public et les marchés. Il est surtout chargé de bâtir une stratégie viable. Violin Memory évolue dans un contexte difficile : les géants du secteur développent leurs propres matériels en mémoire flash ou rachètent des start-up. Résultat : Violin devient l'un des derniers indépendants de ce marché. Mais pour combien de temps ?

Sylvain Arnulf

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