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Goggo Network lève 44 millions d'euros pour créer des réseaux de véhicules autonomes

Levée de fonds La start-up Goggo Network lève 44 millions d'euros pour inciter les gouvernements européens à adopter un système de licences dans le domaine du véhicule autonome. Le but ? Pouvoir accorder ces licences à des groupements d'entreprises, opérateurs, industriels, etc. qui proposent une offre de transport autonome pour les personnes et les biens couvrant l'ensemble du territoire.
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Goggo Network lève 44 millions d'euros pour créer des réseaux de véhicules autonomes
Goggo Network veut orchestrer un groupement proposant un service de transport autonome pour les biens et les personnes sur l'ensemble du territoire. © Keolis Rennes

La start-up franco-espagnole Goggo Network annonce lundi 16 décembre 2019 une levée de fonds de près de 44 millions d'euros. Le Japonais Softbank et l'Allemand Axel Springer Digital Ventures ont contribué à cette levée de série A. Cet argent doit lui servir à constituer un réseau regroupant différents acteurs : industriel, opérateur de transport, constructeur automobile, fabriquant de navette autonome, etc.

 

Une fois formé, ce réseau devra être en capacité de proposer une offre de transport autonome de personnes et de biens sur tout le territoire. "Notre vision et notre mission première est d'être un opérateur de flottes de véhicules autonomes et électriques", déclare à L'Usine Digitale la cofondatrice et COO de la jeune pousse, Yasmine Fage. 

 

Des licences pour favoriser la concurrence

Mais, avant de pouvoir créer son réseau, Goggo Network pousse à l'adoption d'une réglementation spécifique par les Etats européens. Elle propose que "les flottes de véhicules autonomes soient dans un système de licences accordées par l'Etat et permettant de garantir la concurrence", explique Martin Varsavsky, cofondateur et CEO. Ce dernier, venu du monde des télécoms, espère reproduire le même type de fonctionnement dans le domaine de la mobilité autonome.

 

La start-up, qui craint que ce marché soit trusté par les plus gros acteurs du secteur, espère qu'un système de licences favorisera la croissance de l'écosystème européen, plus fractionné que celui des Etats-Unis par exemple. La jeune pousse assure vouloir éviter qu'un acteur comme Waymo, filiale d'Alphabet dédiée au véhicule autonome qui avance à grandes enjambées dans ce domaine et dépense des sommes considérables, s'impose comme un acteur indispensable partout dans le monde. L'idée est de permettre la coexistence du modèle européen avec l'existence de grandes sociétés dans ce domaine.

 

S'assurer d'une couverture sur l'ensemble du territoire

La start-up pousse pour que les gouvernements français, allemand et espagnol adoptent une loi permettant d'accorder 3 ou 4 licences à des groupements composés de 4 ou 5 acteurs. "Les licences qu'on aimerait mettre en place ne seraient pas payantes au début et seraient accordées sur 10 ans, précise Yasmine Fage. La compétition entre les groupements se ferait sur la qualité et la couverture du service". Cela permettrait aux gouvernements d'établir des critères favorisant les consortiums qui proposent une couverture globale du territoire : milieux urbains, péri-urbains et ruraux pouvant accueillir différents services de transports autonomes.

 

"En France, la LOM [loi d'orientation des mobilités, ndlr] précise qu'un rapport publié en 2020 doit détailler comment passer de la phase d'expérimentations aux déploiements à grande échelle", ajoute Yasmine Fage. Goggo Network aimerait que cette idée de licence soit reprise dans ce rapport. Dans l'Hexagone, la jeune pousse espère que son travail de lobbying aboutira dans les années 2020-2021.

 

Goggo Network veut orchestrer un réseau

Enfin, la start-up, qui commence déjà à rencontrer de nombreux acteurs dans le secteur de la mobilité autonome, souhaite orchestrer un de ces réseaux. Les cofondateurs expliquent pouvoir notamment apporter leurs connaissances dans le domaine du service client à des sociétés qui ne maîtrisent pas forcément ces enjeux. Mais, force est de constater que les constructeurs automobiles se lancent déjà tous dans les services de mobilités et que les opérateurs de transport, agnostiques, testent différents véhicules autonomes. Goggo Network va donc devoir se trouver une place parmi tous ces acteurs.

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