Google à nouveau accusé de pratiques anti-concurrentielles, cette fois pour la recherche d'emploi

Une vingtaine de sites spécialisés dans la recherche d’emploi, dont BestJobsOnline, Intermedia et Jobindex, accusent Google de pratiques anti-concurrentielles. En cause, son outil Google for Jobs lancé en 2018, qu’il est accusé de favoriser.

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Google à nouveau accusé de pratiques anti-concurrentielles, cette fois pour la recherche d'emploi

Selon Reuters, 23 sites internet spécialisés dans la recherche d’emploi ont écrit une lettre adressée à la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, mettant en cause Google. Dans ce courrier daté du 13 août 2019, ils demandent à la femme politique danoise – déjà à l’origine de différentes procédures à l’égard des Gafam – d’enquêter sur Google for Jobs, l’outil d’aide à la recherche d'emplois lancé par la filiale d'Alphabet en 2017.

"Google agit comme plus qu'un simple service de recrutement en ligne, dénoncent ces sociétés, citées par Reuters. Google propose directement ses services aux recruteurs et remplit ainsi les fonctions typiques d'un forum d'emploi. Ce faisant, Google tente de contourner et de servir de substitut à d'autres sites". Ces sites demandent à Margrethe Vestager d’ordonner temporairement à Google de cesser ces pratiques pendant son enquête, sans exclure une action officielle, à savoir une plainte auprès des institutions européennes.

Des annonces détaillées en lieu et place de liens

Des pratiques jugées anti-concurrentielles par les sites spécialisés qui estiment que du fait de l’immense visibilité du moteur de recherche, Google leur prend très facilement de conséquentes parts de marché sans pour autant consentir des dépenses marketing auxquelles elles ne peuvent elles-mêmes pas échapper pour référencer leurs annonces. Fonctionnant comme un moteur classique, Google for Jobs collecte les offres d’emplois issues de sociétés tierces, puis les trie en fonction de la localisation, du type de contrat ou encore de la date de publication. Google est de plus accusé de privilégier son outil maison au détriment des résultats pointant vers les autres sites du secteur.

Nativement intégré au moteur de recherche, l’outil affiche les annonces détaillées et non de simples liens renvoyant vers les sites spécialisés. Si l’utilisateur est logué à son compte Google, il dispose automatiquement d’un certain nombre d’informations personnalisées, comme la durée du trajet domicile-travail par exemple. Le moteur filtre les annonces décrivant un même emploi si celui-ci figure sur différentes plateformes afin de n’en afficher qu’une, mais propose à l’internaute de cliquer sur le site de son choix. Les entreprises concurrentes estiment néanmoins que Google outrepasse largement son rôle de moteur de recherche.

Margrethe Vestager, adversaire des Gafam

Disponible aux Etats-Unis, au Canada, Royaume-Uni, en Espagne et en Allemagne, Google for Jobs est arrivé le 7 juin dernier en France. Il s’est allié pour l’occasion à Pôle emploi, l'Apec, HelloWork (RegionJob, ParisJob, JobiJoba), Figaro Classifieds (Cadremploi, Viadeo…), LinkedIn, Monster ou encore Ouest-France Emploi.

La polémique n’est pas sans rappeler la mise en cause du géant du web pour d’autres activités. En 2017, la Commission européenne lui a infligé une amende de 2,42 milliards d'euros pour avoir favorisé son service Google Shopping au détriment des comparateur de prix concurrents. En 2019, Google a écopé d’une autre amende de 1,49 milliard d'euros pour abus de position dominante suite à ses pratiques anticoncurrentielles favorisant sa régie publicitaire, AdSense. Deux affaires conclues par des sanctions – après des enquêtes menées par les équipes de Margrethe Vestager – mais pour lesquelles Google a fait appel.

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