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Google sous le coup d'une enquête pour abus de position dominante aux Etats-Unis

Vu ailleurs Après l'Union européenne, c'est sur ses propres terres que Google se voit accusé d'abus de position dominante. Le procureur général du Missouri vient d'ouvrir une enquête à ce sujet. Mais au-delà de la question anti-trust, l'affaire pourrait avoir une connotation politique. Le procureur est membre du Parti républicain, traditionnellement peu enclin à réguler les grandes entreprises, mais actuellement très en froid avec la Silicon Valley.

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Google sous le coup d'une enquête pour abus de position dominante aux Etats-Unis
Google sous le coup d'une enquête pour abus de position dominante aux Etats-Unis © C.C. - Flickr - Carlos Luna

Les Etats-Unis sont traditionnellement très indulgents avec leurs géants technologiques nationaux. La Federal Trade Commission (FTC) avait par exemple abandonné son enquête sur les abus de position dominante de Google en 2013. Et ce ce malgré le fait qu'elle avait conclu à l'existence de pratiques abusives. Quand l'Union européenne s'était intéressée à ces mêmes pratiques, le gouvernement américain de Barack Obama s'était montré très critique, l'accusant de jalouser le succès de ses entreprises. Mais le climat politique très singulier qui règne actuellement au pays de l'Oncle Sam pourrait changer les choses. Le procureur général de l'Etat du Missouri, Josh Hawley, a lancé le 13 novembre 2017 une enquête antitrust contre Google.

 

L'enquête se concentre sur trois questions : la collecte et l'utilisation des données personnelles des utilisateurs de Google, la récupération non autorisée de contenus provenant de concurrents, et la manipulation des résultats de recherche pour conférer un traitement préférentiel à ses propres services, même lorsqu'ils sont moins qualitatifs que la concurrence. Les exemples typiques sont les mêmes qu'en Europe, avec des comparateurs comme Yelp ou TripAdvisor.

 

Une enqûete aux motivations politiques ?

Si le lecteur français peut être tenté de rattacher cette démarche à l'enquête de la Commission européenne (qui s'est soldée par une amende de 2,42 milliards d'euros, en sachant qu'une autre enquête contre Google est aussi en cours), la réalité est plus complexe. Comme le dénote Ars Technica, Google est aujourd'hui perçu, de même que la Silicon Valley de manière générale, comme un bastion de gauche ("libéral") par la droite américaine. Traditionnellement, cette même droite conservatrice est foncièrement anti-régulation et s'opposerait frontalement à toute enquête de ce genre. Mais la présidence de Donald Trump, qui se fait sur fond de "guerre culturelle" entre les "progressifs" (typiquement concentrés dans les grandes villes côtières) et les conservateurs, dont les positions se durcissent un peu plus chaque semaine.

 

Josh Hawley, qui est membre du Parti républicain, prévoit de se présenter au Sénat américain l'année prochaine, et cette enquête contre Google pourrait devenir le pilier central de son programme. Elle pourrait alors présager d'un durcissement du gouvernement à l'encontre des grandes entreprises technologiques en général, la quasi-totalité d'entre elles épousant publiquement des idéaux progressifs.

 

Le problème est que la gauche états-unienne reste de son côté en faveur d'une plus grande régulation de la part du gouvernement fédéral. Google s'était beaucoup rapproché du Parti démocrate durant la présidence Obama, ce qui lui a peut-être évité que l'on ne s'intéresse trop à son cas, mais la nouvelle mouvance très à gauche portée par Bernie Sanders et Elizabeth Warren se veut plus stricte. Dans tous les cas, les lobbyistes de Google à Washington D.C. ne chômeront pas dans les années qui viennent.

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