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Google travaille sur un casque de réalité mixte pour concurrencer Meta et Apple

Vu ailleurs Une fuite interne à Google révèle l'existence du projet Iris, un casque de réalité mixte (capable de faire de la réalité virtuelle ou augmentée) du même acabit que ceux que préparent Meta et Apple. Il n'en serait qu'au début de son développement, avec une sortie au plus tôt en 2024. Google aura fort à faire pour rattraper son retard face à la concurrence.
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Google travaille sur un casque de réalité mixte pour concurrencer Meta et Apple
Google travaille sur un casque de réalité mixte pour concurrencer Meta et Apple © Google/Facebook

Google intensifie ses efforts pour développer un casque de réalité mixte dans la veine des projets de Meta et Apple, rapporte The Verge le 20 janvier. Baptisé "Projet Iris", son usage premier serait la réalité augmentée, mais il le ferait par une méthode appelée "passthrough", c'est-à-dire à l'aide de caméras intégrées qui retranscrivent l'environnement sur les écrans d'un casque de réalité virtuelle.

La technologie de streaming de Stadia mise à profit
Cette approche est plus simple à mettre en œuvre et procure de meilleures expériences qu'en projetant des images sur des verres semi-transparent, comme le font Microsoft HoloLens, Magic Leap ou Snap avec ses Spectacles 4. Les informateurs de The Verge indiquent que le prototype en cours de développement ressemble à un masque de ski et qu'il est fait pour fonctionner tout seul, sans être connecté à un autre appareil ou à une batterie externe.

Il devrait en revanche s'appuyer sur le cloud pour faire du "remote rendering", c'est-à-dire calculer des scènes lourdes dans un datacenter et les streamer sur le casque via une connexion cellulaire. Google peut s'appuyer pour ce faire sur sa technologie de cloud gaming déjà au cœur de Stadia. L'intérêt de ce système est qu'il réduit fortement la puissance requise sur l'appareil et tire moins sur sa batterie.

Pas de lancement avant au moins 2024
Le casque utilisera un System-on-a-Chip customisé par Google, comme le dernier smartphone de sa gamme Pixel, et tourne pour le moment sous Android. A noter cependant que l'entreprise vient de débaucher Mark Lucovsky de chez Meta pour qu'il développe un système d'exploitation dédié à la réalité augmentée.

L'appareil serait encore au début de sa phase de développement et sa commercialisation – si elle a lieu – reste donc lointaine. Les sources de The Verge évoquent une sortie prévue en 2024, mais qui pourrait très bien être décalée (comme c'est le cas pour Apple). L'équipe en charge de son développement compte environ 300 personnes à date, mais Google prévoirait d'en recruter des centaines de plus. A sa tête se trouve Clay Bavor, qui dirige les efforts de Google en matière d'AR/VR depuis déjà plusieurs années.

Il était notamment aux commandes de la plateforme Daydream, avec laquelle Google avait tenté de contrer les efforts de Meta dans la réalité virtuelle en 2016. Un demi-effort qui n'avait pas convaincu. Il est désormais en charge du département "Labs", qui développe Iris, mais aussi Starline, l'incubateur Area 120, et un projet blockchain.

Starline toujours en développement
Au sujet de Starline justement, Google aimerait apparemment commercialiser son système en même temps qu'Iris, soit courant 2024 si tout se déroule comme il l'espère. Pour rappel, il s'agit d'un système de communication immersive couplant une batterie de caméras et microphones avec un système d'affichage lightfield pour passer des appels vidéo immersifs sans avoir à porter de casque. La technologie étant coûteuse (des dizaines de milliers de dollars pour chaque installation) et lourde à mettre en place, elle est pour l'instant réservée à quelques grandes entreprises.

Google porte les stigmates des échecs passés
Ces nouveaux projets, Starline et surtout Iris, marquent le retour de Google dans la course à la réalité virtuelle et augmentée. L'entreprise s'est intéressée très tôt au sujet : dès 2012 avec Google Glass pour la réalité augmentée, qui fut un échec pour plusieurs raisons, puis le projet Tango, et enfin Cardboard et Daydream pour la VR, qui n'ont pas tenu leurs promesses non plus. Elle avait aussi investit très tôt dans Magic Leap. Après ces déboires, l'entreprise s'était concentrée sur la partie logicielle, notamment avec Lens.

A noter que Google détient aussi North, une start-up canadienne qui développait des lunettes de réalité augmentée légères mais aux fonctionnalités limitées. Un concept plus proche de celui de Google Glass, mais mieux exécuté. Il est probable que ce projet continue discrètement en plus du reste.

Ce retour sur le terrain du hardware dans l'AR/VR se fait d'une certaine manière par la force des choses. Meta et Apple y investissent lourdement, et Microsoft n'y cache pas non plus ses ambitions. Google pourrait difficilement se permettre d'ignorer complètement cette technologie, même s'il s'y est brulé les ailes par le passé. Ces échecs répétés – et sa propension à ne pas s'investir complètement dans un projet, puis à l'annuler sans persévérer – lui compliquent néanmoins la tâche. Il a aujourd'hui du retard sur la concurrence et il pourrait bien échouer à nouveau s'il ne s'y met pas sérieusement, d'autant que sa crédibilité auprès des développeurs tiers est écornée.

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