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Grâce à leur techno, ces cinq fintechs ont séduit les géants du paiement et les grandes banques

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Finie l'opposition frontale entre fintechs et grands groupes. A l'occasion de la journée Payment & Fintech organisée par l'Acsel et le cabinet Altéir, banques et géants du paiement ont mis en avant leur collaboration avec des start-up. Cinq d'entre elles ont retenu l'attention de la rédaction de L'Usine Digitale. Présentation.

Grâce à leur techno, ces cinq fintechs ont séduit les géants du paiement et les grandes banques
Les fondateurs de Sharepay dont la solution sera bientôt distribuée par BNP Paribas. © Sharepay

Avec Bam, le paiement devient un levier d'acquisition

Basée à Montpellier, la start-up Bam a développé un système de récompense multicommerce. Son application permet à un client de bénéficier d'un bon de réduction en réalisant un achat dans un commerce de proximité et d'utiliser ce même bon dans un autre magasin membre du réseau. L'application mobile vise en priorité les commerces naissants et fait office d'outil d'acquisition client.

 

L'application repose sur plusieurs brevets maison. Un premier concerne le mécanisme de compensation des cagnottes et un deuxième permet à Bam d'optimiser la demande d'autorisation de paiement pour réduire ses coûts fixes de fonctionnement. Pour l'heure, le service n'est disponible qu'à Montpellier. 8000 comptes ont été créés et la start-up revendique 1000 utilisateurs actifs mensuels. Bam prévoit d'étendre son service à Paris, Toulouse, Marseille et Aix-en-Provence en 2018. Elle compte atteindre les 50 000 utilisateurs actifs mensuels et boucler une deuxième levée de fonds de 5 millions d'euros.

 

La start-up est passée par l'incubateur Lafayette Plug and Play et a rejoint cet été le LAB by CB, le jeune incubateur du groupement des cartes bancaires. Particularité de cette nouvelle structure : elle détient une fine connaissance des besoins des banques d'un côté et ceux des commerçants de l'autre. De quoi accélérer la mise sur le marché de nouvelles solutions.

 

Pay Yes s'attaque à la délégation de paiement

La start-up Pay Yes travaille aussi avec le LAB by CB. Elle a mis au point une solution mobile pour la délégation de paiement. Le service peut typiquement intéresser une personne à mobilité réduite qui, jusqu'à présent, confiait sa carte de crédit ou de l'argent liquide à l'aidant chargé de faire ses courses.

 

Dans les faits, le payeur (ici la personne à mobilité réduite) doit associer sa carte bancaire à l'application, ajouter des contacts puis définir des options selon les contacts (plafond, date d'expiration, dépense unique ou fractionnée, etc). Le bénéficiaire (celui qui effectue les achats en magasin) reçoit un code et le fournit au commerçant qui, grâce à la version professionnelle de l'application, peut effectuer l'encaissement.

 

La solution est actuellement en cours d'expérimentation en Ile-de-France. Pay Yes prévoit un déploiement sur le territoire national en 2018 et vise également la diaspora et les parents qui souhaitent permettre à leurs enfants de réaliser des achats tout en payant pour eux à distance. Pay Yes est actuellement en discussion avec des éditeurs pour intégrer sa solution directement dans le logiciel des caisses enregistreuses.

 

"Les fintechs ont besoin des banques, de leur savoir-faire, de leur infrastructure et de leur chaîne de traitement. On a beau avoir une idée disruptive, on se rend vite compte qu'on a besoin d'elles, notamment pour le portefeuille client et l'aspect investissement", estime Demba Dieng, cofondateur et CEO de Pay Yes.

 

Budget Insight simplifie les demandes de prêt pour les PME

"Nous sommes très bons en technologie, pas en marketing", explique d'emblée Clément Coeurdeuil, cofondateur et président de la start-up Budget Insight. Fondée en 2012, la jeune pousse s'est spécialisée dans les méthodes de web scraping et la conception d'API de connexion aux banques pour récupérer des données et les rendre intelligentes.

 

ING France l'a sollicitée pour développer une nouvelle offre de prêt en un clic pour les PME baptisée "Prêt Pro Direct". "On récupère les données (solde des comptes, analyse des différents types de comptes et des crédits pour voir le niveau d'endettement de la société, ndlr), on réalise un scoring et on peut faire une offre à la PME", résume Clément Coeurdeuil. "On peut proposer un accord de principe dans les 10 minutes et, si l'entreprise signe (électroniquement, ndlr) sous moins de 48 heures, elle obtient ses fonds. C'est du prêt de trésorerie", complète Nicolas Serre, chief digital officer d'ING France.

 

Le déploiement de cette offre sur le marché français est issu d'une prise de participation d'ING dans la start-up américaine Kabbage qui proposait un produit similaire outre-Atlantique.

 

Sharepay veut créer une alternative au compte joint

La carte de paiement développée par la start-up Sharepay permet de partager un paiement en temps réel. Pour un couple qui aménage, plus besoin de créer un compte bancaire commun pour se répartir les frais des courses. Lors du paiement avec la carte Sharepay, le montant du ticket de caisse est directement réparti et débité sur les deux comptes bancaires sélectionnés. Plusieurs comptes peuvent être reliés à la carte dans le cadre d'une colocation par exemple. Les paramètres de répartition peuvent également être modifiés selon les achats.Techniquement, le système s'immisce dans le processus d'autorisation bancaire en réalisant un contrôle en temps réel sur les différents comptes associés.

 

La start-up revendique 10 000 utilisateurs en propre. Elle s'apprête à lancer un partenariat avec BNP Paribas pour intégrer sa solution à l'offre mobile Hello Bank afin d'accélérer sa distribution.

 

Aujourd'hui concentrée sur la brique "paiement", Sharepay entend également élargir son champ d'action et travaille sur une offre de crédit. La jeune pousse compte actuellement sept collaborateurs mais prévoit de gonfler ses effectifs à 35 personnes dans les prochains mois grâce à une levée de fonds de plusieurs millions d'euros prévue au début de l'année 2018.

 

Fraugster protège les e-commerçants de la fraude... et dope leurs revenus

"En moyenne, les e-commerçants perdent l'équivalent de 1,5% de leur chiffre d'affaires annuel à cause de la fraude", assure Max Laemmle. Sa start-up Fraugster, basée à Berlin, s'est attaquée à ce problème en développant une solution permettant de prédire et de bloquer un paiement frauduleux sur internet avant qu'il ne survienne.

 

Selon ses créateurs, elle permettrait de diminuer les fraudes de 50 à 70% en moyenne, tout en augmentant de 10% les revenus des e-commerçants. La solution se distingue donc par sa capacité à éliminer les faux positifs, qui constituent un manque à gagner conséquent pour les e-commerçants (490 milliards de dollars pour l'industrie du e-commerce l'année dernière).

 

Pour atteindre ces performances, Fraugster ne se concentre pas sur l'historique d'un internaute mais sur son comportement à l'instant T (email,  adresse IP, localisation, adresse de livraison, device utilisé, etc.) Ces informations liées à la transaction sont enrichies de 2500 autres points de données, puis moulinées par des algorithmes d'intelligence artificielle. Le moteur de Fraugster serait ainsi capable d'anticiper un comportement frauduleux en l'espace de 15 millisecondes.

 

Fondée en 2014, Fraugster a lancé son produit en 2016 et compte aujourd'hui une cinquantaine de collaborateurs répartis à Berlin, Londres et bientôt à San Francisco. La start-up compte parmi ses clients le géant du paiement Ingenico. Le groupe français expérimente actuellement la solution dans le cadre d'une phase pilote et prévoit un déploiement au premier trimestre 2018.

 

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