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Grâce à son ancrage local, Blablacar échappe à la crise ukrainienne 

Le service de covoiturage français Blablacar s’est lancé en Russie début mars. Et bien loin de souffrir du conflit russo-ukrainien, il se développe à grande vitesse. Une situation propre à un acteur du numérique dont le service n’est utilisé qu’à l’intérieur du pays et qui s’appuie sur une structure locale.
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Grâce à son ancrage local, Blablacar échappe à la crise ukrainienne
Grâce à son ancrage local, Blablacar échappe à la crise ukrainienne  © OuiShare - Flickr - CC

On pourrait penser que dans leurs plans de développement, les entreprises évitent aujourd’hui la Russie et l’Ukraine. En particulier, quand ce sont des start-up. Pourtant, après une expansion dans l’Union européenne, c’est bien dans ces deux pays que le site de covoiturage français Blablacar a décidé de se lancer en début d’année.

Et même s’il s’y préparait depuis début 2013, il n’est pas revenu sur ses intentions quand il s’est agi de se lancer cette année. Bien au contraire. Le service a démarré début mars, sur les chapeaux de roues. Selon Nicolas Brusson, cofondateur de Blablacar, en charge du développement international, loin de poser problème, le bureau russe accueille près de 100 000 inscriptions chaque mois. Une croissance près de cinq fois plus importante que dans les autres pays où le site s’est installé.

L'acquisition du site de covoiturage Podorozhniki

Les choses auraient pourtant pu être très compliquées pour la jeune entreprise. L’an dernier, pour se développer en Ukraine et en Russie, elle a en effet choisi d’acquérir le site de covoiturage Podorozhniki fondé à Kiev par un jeune entrepreneur russe. Blablacar a donc accueilli en son sein une équipe mixte, constituée de russes et d’ukrainiens."Nous discutons avec eux depuis mars 2013, raconte Nicolas Brusson. Mais nous ne vivons pas du tout ce qui se passe aujourd’hui comme un problème au quotidien pour l’entreprise. Nous sommes un site internet local. Le service est local. Les trajets se font à l’intérieur de la Russie, entre conducteurs et passagers russes. On est sur un modèle d’intermédiation, pas de transports de biens entre les deux pays." 

Comme dans tous les pays, les bureaux de Blablacar sont installés dans un lieu de co-working (chez l’accélérateur DI Telegraph à Moscou). "C’est moins coûteux, mais c’est aussi important, justement, pour nous permettre de côtoyer d’autres start-up du pays." L’entreprise n’a pas non plus à se soucier d’éventuels problèmes de financement, puisque les fonds de développement de l’entité russe viennent de France. Blablacar n’a donc globalement pas de raisons propres à son activité de ressentir aujourd’hui du conflit russo-ukrainien.  "Bien sûr, les éventuelles sanctions nous inspirent des craintes, reconnait Nicolas Brusson. Je dois par exemple me rendre à Moscou en juin, et ce serait ennuyeux qu’il devienne difficile d’avoir un visa."

Reste que l’entreprise mise sur son développement dans les 3 à 5 ans dans cette région. Et y voit même une première expérience d’une région à risque, après s’être installé dans des pays proches de la France, économiquement et culturellement.

Emmanuelle Delsol

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