Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Grâce au quantique, Qubit Pharmaceuticals veut accélérer la découverte de nouveaux médicaments

A la croisée des chemins entre la biologie et le quantique, la start-up Qubit Pharmaceuticals a développé une suite logicielle de conception de médicaments assistée par ordinateur pour accélérer les découvertes tout en réduisant les coûts. Après un premier tour d'amorçage, elle vient de lever 16,1 millions d'euros pour déployer son innovation auprès des industries pharmaceutiques.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Grâce au quantique, Qubit Pharmaceuticals veut accélérer la découverte de nouveaux médicaments
Grâce au quantique, Qubit Pharmaceuticals veut accélérer la découverte de nouveaux médicaments © Unsplash

Qubit Pharmaceuticals annonce ce 10 juin une levée de fonds de 16,1 millions d'euros. Le tour de table a été mené par XAnge, Omnes, Quantonation et Octave Klaba, le fondateur d'OVHcloud. Cette opération porte à plus de 23 millions d'euros le montant total levé depuis la création de l'entreprise en mai 2020.
 

Faire des prédictions sur des candidats

L'entreprise se définit comme "une société pharmaceutique" dont le but est de "créer des médicaments", détaille Jean-Philip Piquemal, co-fondateur et Chief Scientific Officer de l'entreprise, à L'Usine Digitale. Elle est à l'origine de la suite logicielle "Atlas" qui permet de faire de la conception de médicaments assistée par ordinateur ; plus exactement par superordinateur. "Le fait de faire des prédictions numériques sur des candidats médicaments pour une cible dans le corps humain existe depuis des années au niveau académique, explique-t-il. C'est l'arrivée du calcul haute performance (HPC) qui a changé la donne."

La suite intègre plusieurs logiciels, dont "le coeur" est "Tinker-HP". "Il s'agit d'un logiciel de dynamique moléculaire développé par Jean-Philip Piquemal, raconte le CEO Robert Marino. C'est la vraie rupture technologique qui est à la base de la création de Qubit Pharmaceuticals."

En pratique, l'objectif est de proposer une alternative moins chère et plus rapide à la phase pré-clinique du développement d'un nouveau médicament qui se fait traditionnellement en laboratoire. "Atlas permet de simuler finement des protéines, ce que l'on appelle 'des cibles' dans le corps humain. Cette compréhension permet de concevoir des candidats médicament atome par atome. Ils sont désignés pour être le plus efficace pour interagir avec la cible", détaille le CEO.

Une accélérateur de facteur 4

L'entreprise promet une accélération de facteur 4 et une réduction significative des coûts. "La découverte de molécules efficaces contre le Covid-19 nous a coûté moins de 100 000 euros, contre plusieurs millions d'euros avec la méthode classique", indique Jean-Philip Piquemal. En revanche, cette numérisation n'est applicable qu'à la phase pré-clinique. Les médicaments prometteurs sont obligatoirement testés sur des animaux puis des humains avant de pouvoir être légalement mis sur le marché.

Qubit Pharmaceuticals – premier utilisateur de sa plateforme –  a comme principales clients des sociétés pharmaceutiques, des entreprises spécialisées dans les biotechnologies et en intelligence artificielle. Quant au business model, il précise ne pas être "une société de service" et de se rémunérer sur les royalties de la commercialisation d'une molécule. 

En parallèle, la jeune pousse a noué des partenariats avec des acteurs qui développent des infrastructures de HPC, comme Nvidia, Amazon Web Services (AWS) et GENCI ainsi que de calcul quantique, tels que la start-up française Pasqal et l'université de Sherbrooke au Canada.

L'équipe de 20 employés est basée à Paris au sein de la pépinière de Paris Santé Cochin (siège social) et à Boston aux Etats-Unis, place forte mondiale des biotechnologies. Elle devrait rapidement doubler ; l'entreprise étant en pleine phase de recrutement.

Atteindre 10 programmes dans la cancérologie et l'inflammation

Grâce à cette levée de fonds, Qubit Pharmaceuticals souhaite renforcer son portefeuille de candidats médicaments pour atteindre 10 programmes de recherche en cancérologie et inflammation en nouant des accords avec des centres de recherche ainsi des groupes biopharmaceutiques.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.