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GrAI Matter Labs lève 13 millions d'euros pour commercialiser sa puce dédiée à l'IA embarquée

Levée de fonds L'entreprise GrAI Matter Labs, dont le siège social se situe à Paris, a développé une puce spécialisée pour l'intelligence artificielle et destinée à l'edge computing, qui combine basse consommation énergétique et faible latence. Pour l'instant, elle se présente sous la forme d'un kit de développement. Avec cette nouvelle levée de fonds de 13 millions d'euros, la jeune pousse soutenue par Bpifrance souhaite passer à l'étape suivante en commercialisant un SoC dédié aux "caméras et capteurs intelligents", à la navigation autonome et à la robotique industrielle.
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GrAI Matter Labs lève 13 millions d'euros pour commercialiser sa puce dédiée à l'IA embarquée
GrAI Matter Labs lève 13 millions d'euros pour commercialiser sa puce dédiée à l'IA embarquée © GrAI Matter Labs

La start-up GrAI Matter Labs vient d'annoncer une levée de fonds de 13 millions d'euros (14 millions de dollars) auprès d'investisseurs historiques, tels qu'iBionext et 360 Capital Partners, rejoints par Bpifrance et Celeste Management.

Commercialiser sa puce pour l'IA
Ce nouveau cycle de financement, qui porte à 26 millions d'euros le montant total levé par la start-up en deux ans, vise à lancer la commercialisation de sa puce spécialisée pour l'intelligence artificielle embarquée.

GrAI Matter Labs a un ADN assez particulier. Son siège social et sa R&D, regroupant une dizaine de collaborateurs, sont situés à Paris et son équipe de business development, composée également d'une dizaine de personnes, est installée à San José, dans la Silicon Valley. L'aspect "savoir-faire" de la jeune pousse est géré par une vingtaine d'employés à Eindhoven, aux Pays-Bas. Le CEO Ingolf Held et le VP Engineering Menno Lindwer sont d'anciens employés du géant américain Intel.

Des partenariats pour tester son ASIC
GrAI Matter Labs a développé un ASIC (application-specific integrated circuit) baptisé "GrAI One" conçu spécifiquement pour les calculs liés à l'intelligence artificielle en environnement embarqué, en réponse à la demande croissante en matière d'edge computing. Il se présente actuellement sous la forme d'un kit de développement composé "d'une carte électronique et d'une suite logicielle", explique Rémi Poitteven, directeur de la recherche, à L'Usine Digitale.

Encore au stade de prototype, la puce mesure 20 mm² avec la technologie de gravure en 28 nm de TSMC et est constituée "d'un maillage de 196 cœurs de neurones". Elle est capable d'exécuter des programmes classiques et de faire de l'inférence pour les modèles d'apprentissage automatique via des langages standards comme TensorFlow, Python et C++.

La jeune pousse se focalise sur trois marchés : les caméras et capteurs intelligents, la navigation autonome et la robotique industrielle, poursuit le directeur de recherche. Ses partenaires, dont les noms restent confidentiels, sont majoritairement situés dans la Silicon Valley. "Ce sont des partenariats de 'proof of concept', poursuit-il. Ce ne sont pas des partenariats commerciaux."

L'énergie et la latence, des différenciateurs
Mais GrAI Matter Labs doit faire face à une concurrence de taille, telle qu'Intel Mobileye et Nvidia dans le secteur de la navigation autonome, Intel Movidius dans les capteurs basse consommation ou Qualcomm dans l'AR/VR. Des mastodontes qui n'effraient pas la société.

Les produits concurrents "sont puissants mais ne sont pas forcément adaptés aux applications que nous visons", argue Rémi Poitteven qui estime que la basse consommation énergétique de "35 mW" et la faible latence, "en-dessous de la milliseconde", de son produit sont des différenciateurs suffisants pour s'imposer dans ce secteur. 

Un chiffre d'affaires visé de 50 millions d'euros en 2023
GrAI Matter Labs veut désormais aller plus loin. Grâce à cette deuxième levée de fonds, elle ambitionne de commercialiser un system-on-a-chip (SoC) dont les détails techniques restent confidentiels. L'entreprise vise un volume de ventes à hauteur de 3 millions d'unités et un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros en 2023. Pour réussir cette étape, elle compte doubler les effectifs de ses bureaux à Paris. Une équipe de business development doit également être installée en Asie.

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