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GreenFlex (Total) veut conjuguer smart grids et blockchain à grandes échelles

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GreenFlex, filiale de Total spécialisée dans le développement durable, s'est rapprochée du cabinet Blockchain Partner pour bâtir un démonstrateur de blockchain dédié aux boucles énergétiques locales. Les deux partenaires espèrent fédérer collectivités territoriales, acteurs privés et industriels de la filière énergétique pour dépasser le stade des projets de R&D. Trois défis les attendent : la volumétrie, la réglementation et l'épineuse question du modèle économique.

GreenFlex (Total) veut conjuguer smart grids et blockchain à grandes échelles
Lucas Elicegui, directeur Innovation chez GreenFlex, filiale de Total spécialisée dans le développement durable. © DR

Greenflex, pépite française spécialisée dans les conseils et solutions en développement durable tout juste rachetée par Total, veut s'emparer de la blockchain. La société va officialiser aujourd'hui la conclusion d'un partenariat avec le cabinet de conseil Blockchain Partner pour mettre au point un démonstrateur numérique autour des smart grids.

 

Tracer, quantifier et comptabiliser les échanges de flux locaux

La blockchain est surtout connue comme la technologie sur laquelle est bâtie la cryptomonnaie Bitcoin, mais ce protocole technologique offre des champs d'applications bien plus larges que le seul domaine financier. Elle fonctionne à la manière d'un grand registre distribué dans lequel chaque transaction d'un réseau peer-to-peer est enregistrée non pas dans un serveur central mais à travers une multitude de serveurs grâce à la réalisation d'opérations cryptographiques. De quoi rendre l'historique des transactions sécurisé, transparent et infalsifiable.

 

Ces caractéristiques sont prometteuses pour le déploiement des réseaux électriques intelligents, et plus particulièrement pour les boucles énergétiques locales qui visent à consommer localement l'énergie produite localement. En effet, si un particulier est aujourd'hui autorisé à revendre l'électricité qu'il produit au sein d'un réseau local réunissant plusieurs acteurs, différents défis doivent encore être relevés pour faire d'un tel scénario une réalité tangible à grande échelle. "Il faut pouvoir tracer, quantifier et comptabiliser ces flux d'échange d'énergie pour pouvoir réaliser une facturation à la volée", expose Lucas Elicegui, directeur innovation chez GreenFlex, qui voit dans la blockchain une réponse ad hoc. 

 

Un démonstrateur pour séduire les collectivités

Les deux entités entendent donc modéliser et simuler ces échanges pour bâtir un démonstrateur numérique avant la fin de l'année. "Cette première version doit jouer le rôle de déclencheur et fédérer autour de nous collectivités territoriales et acteurs privés tout en leur permettant de s'emparer du sujet de la boucle énergétique locale et de celui de la blockchain", explique Lucas Elicegui.

 

Côté technique, le choix du protocole n'a pas encore été arrêté. Blockchain Partner prévoit d'étudier la blockchain d'Ethereum avec des modules de confidentialité mais aussi la technologique NXT, d'ores et déjà utilisée par quelques systèmes bancaires. "Il faut que la plate-forme puisse supporter une importante volumétrie, ce qui donne un avantage à la technologie NXT qui gère nativement les fonctionnalités d'un marché décentralisé", précise Antoine Yeretzian, cofondateur du cabinet de conseil.

 

Imaginer de nouveaux business models

Le démonstrateur doit aussi permettre d'imaginer collectivement les futurs business models possibles autour de ces nouveaux schémas de production et de distribution, condition sine qua non pour aller au-delà des quelques expérimentations qui, même si bel et bien opérationnelles et donc louables, restent encore cantonnées au stade de la R&D

 

C'est le cas notamment de la boucle énergétique déployée par la start-up LO3 Energy et Siemens dans le quartier de Brooklyn à New York. Précurseur, ce smart grid n'a toutefois pas été pensé pour passer à l'échelle (il ne concerne que dix foyers) et ne peut être copié-collé en France pour des raisons réglementaires. On peut également citer le démonstrateur initié par Bouygues Immobilier et la start-up Stratumn à Lyon Confluence.

 

GreenFlex et Blockchain Partner entendent enfin faire de ce partenariat un outil de dialogue pour fédérer les acteurs de la filière, que ce soit les producteurs ou les distributeurs. En parallèle, les deux parties étudient d'ores et déjà d'autres terrains d'applications, comme celui de la traçabilité des aliments et des matériaux.

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1 commentaire

autoconsommation collective
04/10/2017 22h46 - autoconsommation collective

Il y a aussi le projet Sunchain (www.sunchain.fr) qui cumule 12 mois de R&D sur ce sujet avec les ingénieurs de Talium.

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