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Heetch : de l'économie collaborative à la démocratisation du VTC, pour contrer Uber

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La plate-forme de transport à la demande française Heetch a su se réinventer pour survivre après sa condamnation en mars 2017. Voici comment son cofondateur, Teddy Pellerin, souhaite démocratiser le VTC.

Heetch : de l'économie collaborative à la démocratisation du VTC, pour contrer Uber
Heetch : de l'économie collaborative à la démocratisation du VTC, pour contrer Uber © pxhere.com/CC

Condamné en mars 2017 notamment pour complicité d'exercice illégal de la profession de taxi, Heetch a été contraint de revoir son modèle. Terminée, l'économie collaborative pour la jeune pousse qui proposait de faciliter la rencontre entre conducteurs et passagers. En quinze jours seulement, la start-up a proposé une nouvelle plate-forme de service de transport à la demande basée sur un modèle professionnel.

 

Convaincre les chauffeurs

Restant sur l'idée d'être un complément des transports en commun, l'application Heetch n'était accessible qu'entre 20h et 6h. Mais dès novembre 2017, la jeune pousse a dû ouvrir sa plate-forme 24h/24h. "Devenant une application professionnelle, Heetch doit devenir une alternative crédible pour les chauffeurs", explique Teddy Pellerin, cofondateur de Heetch, à L'Usine Digitale. Pour ces plates-formes de transport à la demande, les chauffeurs c'est le nerf de la guerre.

Heetch veut concurrencer Uber

Se positionnant désormais sur le secteur des VTC, Heetch ambitionne de devenir la deuxième plate-forme de VTC en France, juste derrière Uber. "Avec 110 000 courses par semaine en France", Heetch détient actuellement "entre 5 à 10% de parts de marché", selon Teddy Pellerin. Mais la jeune pousse ambitionne d'arriver entre 20 à 30% de parts de marché soit environ 300 000 courses par semaine dans les 24 mois.

 

Et ça été le premier défi qu'a dû relever la start-up pour repartir du bon pied en mars 2017. Preuve que son côté décalé plait : "Les 1 000 premiers chauffeurs qui nous ont rejoints sont des anciens chauffeurs Heetch qui avaient dû quitter l'application après avoir gagné 6 000 euros et qui étaient devenus professionnels entre-temps", déclare Teddy Pellerin. L'application qui se veut plus conviviale vise une population plutôt jeune. Ici, on ne s'assoit pas à l'arrière pour rester sur son téléphone mais à la place du passager avant pour converser avec le chauffeur.

Aujourd'hui la plate-forme compte environ 15 000 chauffeurs en région parisienne. Les prix ont augmenté de 30% par rapport à Heetch ancienne version. Mais la plate-forme se targue de toujours proposer des prix faisant partie des moins chers du marché. La raison principale ? La marge de seulement 15% que la plate-forme récupère. L'un des chantiers de Heetch est d'ailleurs d'optimiser encore plus sa plate-forme pour "améliorer la rentabilité des chauffeurs sans augmenter le prix pour les passagers", selon Teddy Pellerin.

 

Il faut démocratiser le VTC

Si on entend moins parler des chauffeurs en ce moment, c'est normal, "le marché est plus à leur avantage depuis le début de l'année qu'en 2017, explique le cofondateur de Heetch. Les plates-formes augmentent les prix pour les attirer puisqu'il y a un manque de chauffeurs" . Avant d'ajouter : "Mais ce n'est pas sain, on ne développe pas la mobilité en faisant ça. (...) La réflexion devrait tendre vers comment rendre le VTC le plus accessible possible, ne pas en faire un transport de luxe mais au contraire le démocratiser tout en garantissant une bonne rentabilité aux chauffeurs."

Si la fréquentation chute, il craint que seuls les taxis y trouvent leur gagne-pain. Les VTC seraient les grands perdants. Mais pour lui, il y a de la place pour tout le monde. Pour cela, Teddy Pellerin propose de "réduire les charges des chauffeurs". A chiffre d'affaires constant, ils gagneront plus. Le deuxième axe de réflexion passe par la réforme du statut de VTC qui nécessite de passer une formation et un diplôme coûteux puis d'acheter un véhicule lui aussi très coûteux. Un investissement important qui a pour conséquence de professionnaliser les chauffeurs qui exercent presque tous ce métier à temps plein.

L'idée est d'arriver à avoir plus de personnes exerçant cette profession de manière ponctuelle. Cela permettrait d'avoir un vivier de chauffeurs supplémentaires qui roulerait le vendredi et le samedi, périodes de forte influence, et d'en avoir moins le lundi. Les prix seraient lissés, il n'y aurait plus de fortes majorations les soirs de week-end, comme actuellement,... et donc plus de clients à emprunter les VTC.

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