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Heetch, le héraut de l'économie du partage convaincra-t-il les juges ?

En attendant de passer devant les juges, le cofondateur de Heetch aiguise ses arguments.  Pour lui, le service qu'il propose n'est pas un concurrent des taxis et n'a rien à voir avec des VTC.  Et vous, après une soirée (beaucoup) trop arrosée, vous monteriez dans une voiture conduite par votre père ?  Si vous répondez non, Heetch est peut-être fait pour vous.
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Heetch, le héraut de l'économie du partage convaincra-t-il les juges ?
Pour sa défense, Heetch utilise la parole de ses utilisateurs. Et si Heetch était l'équivalent des radios libres dans les années 80 ... © Heetch

Ce sera donc les 8 et 9 décembre 2016 que l’on saura si Heetch doit ou non verser des dommages et intérêts aux nombreuses parties civiles qui l’ont attaqué devant le tribunal correctionnel de Paris pour concurrence déloyale. La jeune pousse est notamment poursuivie par des chauffeurs de taxis. Pour sa défense, Heetch met en avant qu’elle ressort de l’économie du partage. Autrement dit, ces chauffeurs ne sont pas des professionnels, mais plutôt des particuliers qui acceptent de transporter d’autres particuliers moyennant un dédommagement pour l’usure de la voiture. Au passage, la plateforme encaisse une commission pour avoir mis en relation l’offre et la demande. En moyenne, chaque semaine, ce sont, selon les pointages de la start-up, 100 000 trajets qui sont effectués de cette façon dans les sept villes où Heetch est présent : Paris, Lyon, Lille, Stockholm, Milan, Varsovie et Bruxelles.

 

Une solution face à un manque

Chez Heetch, Tedd Pellerin, un des cofondateurs, réfute l’idée qu’il serait un concurrent des taxis ou des VTC. Pour cela, il s’appuie sur  une étude été réalisée par un cabinet d’études indépendants auprès de 15 000 utilisateurs du service. 80 % d’entre-eux ont moins de 25 ans. Et 80 % d’entre-eux (pas forcément les mêmes) disent n’avoir jamais pris de taxi. Avant d’utiliser Heetch, ils utilisaient soit les transports en commun en région parisienne où ils attendaient le premier métro, soit des voitures personnelles. Comme il le résume avec un joli sens du paradoxe : "notre concurrent c’est le manque de transport en commun la nuit." Et de préciser que l’application est beaucoup utilisée le week-end par des jeunes vivant en banlieues, qui ne sont pas les mieux desservies par les transports publics, le jour comme la nuit.

 

Et n’allez pas lui dire qu’il y a des taxis pour ça. Le jeune fondateur et dirigeant vous explique alors : "quand on sort de soirée et qu’on est jeune, on n’a pas envie de prendre un taxi dont le chauffeur, en général un homme mûr, vous donne l’impression de monter dans la voiture de votre père". Derrière l’anecdote, Teddy Pellerin esquisse ce qui devrait être sa défense en insistant sur les spécificités incomprises de l’économie du partage. Les chauffeurs de Heetch ne sont pas mus par l’appât du gain, ils rendent service, c’est tout. Teddy Pellerin l’affirme : le montant moyen perçu par le chauffeur Heetch s’élevait à 1800 euros par an en 2015 (contre 1400 à 1600 euros par mois pour un temps plein de 50h par semaine, perçus par un chauffeur Uber) et cela devrait être un peu moins en 2016. De toute façon, un particulier ne peut pas gagner plus de 6 000 euros avec Heetch...

 

Une proposition de régulation 

D’ailleurs, dans sa contre-attaque, Teddy Pellerin cite le modèle belge où les gains liés à l’économie du partage ne peuvent pas excéder un plafond. Il explique avoir eu des contacts avec des hommes politiques de tous bords pour préconiser une telle solution en France qui se sont globalement montré "intéressés". D’ailleurs, le Sénat a voté un texte allant dans ce sens. A cette occasion, d’autres exploitants de plateformes avaient protesté, indiquant que devoir transmettre les sommes perçues par les utilisateurs demanderait des investissements coûteux. Ce n’est pas l’avis de Teddy Pellerin. "Les plateformes d’économie du partage doivent remonter les informations aux autorités locales, explique-t-il, c’est assez simple à faire".

 

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