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Hoax, arnaques, désinformation, satire : Facebook veut faire le tri dans vos fils d'actualités

Facebook va permettre à ses utilisateurs de signaler des publications incluant de "fausses informations" pour en limiter la diffusion. Un dispositif qui pose question.
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Hoax, arnaques, désinformation, satire : Facebook veut faire le tri dans vos fils d'actualités
Hoax, arnaques, désinformation, satire : Facebook veut faire le tri dans vos fils d'actualités © Facebook

L'ironie est-elle une espèce en voie de disparition sur Facebook ? Le réseau social va progressivement mettre en service un nouveau formulaire permettant aux utilisateurs de signaler des contenus incluant de fausses informations. Mais qu'est-ce qu'une fausse information selon Facebook ? Sa définition inclut-elle la parodie, la satire, les canulars ? Les internautes ne sont-ils pas assez intelligents pour faire le tri eux-mêmes parmi les messages publiés par leurs "amis" ?

la satire acceptée... à condition qu'elle soit présentée comme telle

La question n'est pas anodine, sur fond de débat sur la liberté d'expression. Le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg affirmait récemment que la mission fondamentale d'Internet et de sa société était de "vraiment défendre le droit de chacun d'exprimer son opinion autant que faire se peut".

Facebook, sans doute un peu gêné, prend des pincettes pour justifier son nouveau filtre anti-scam ("scam" signifiant "arnaque"). Ainsi, les messages visés par ce dispositif sont ceux "visant à tromper délibérément le public", explique-t-il : soit des bonnes grosses arnaques à l'ancienne ("cliquez ici pour gagner un an de café", par exemple) ou des informations mensongères ("un homme aperçoit des dinosaures sur les monts de l'Utah"), "délibérément fausses ou malhonnêtes, un "hoax" mis à jour par une source à la bonne réputation". Tout cela reste sujet à interprétation, et on pourra mettre dans cette catégorie de messages indésirables des contenus de nature différentes : des articles provenant de sites de la sphère complotiste mais aussi certains à lire au deuxième degré comme ceux du Gorafi ou de The Onion.

des liens moins diffusés mais pas supprimés

Lorsqu'un lien aura été signalé par un grand nombre d'abonnés, Facebook limitera sa diffusion dans les fils d'actualités de ses membres mais ne le supprimera pas. Une mention "Beaucoup d'abonnés de Facebook ont signalé que ce lien contenait de fausses informations" sera ajoutée en ouverture du "post".

Facebook assure que les sites satiriques et humoristiques ne seront que modérément affectés par ce dispositif, "les internautes n'ont pas tendance à signaler des contenus humoristiques, ou clairement présentés comme satiriques", explique le réseau social. Pensez donc à écrire "second degré" avant de poster un message ironique sur le réseau, et tout ira bien, en somme.

Facebook ne dit pas non plus comment éviter que ce dispositif soit dévié de son but d'origine, et permette à des groupes ou communautés d'appeler à la censure de certains contenus qu'ils jugent offensants ou indésirables. Cela dit, le bouton "je ne veux pas voir ça" qui permet de filtrer des messages se moquant de ses "valeurs personnelles, de sa religion ou de ses opinions politiques", remplit déjà cette fonction, mais à une échelle individuelle et non collective.

Sylvain Arnulf

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

2 commentaires

Ikk
26/01/2015 14h00 - Ikk

J'ai testé y compris lorsque des personnes postent des commentaires choquants ou des images ne respectant pas la dignité de l' Humain. Certaines de ces personnes font du sensationnalisme en montrant ces photos volontairement et diffusent des images difficilement soutenables notamment pour des jeunes et moins jeunes téléspectateurs considérant notamment que le plan utilisé montre des corps de personnes décédées,d'une grande violence. D'aucun ne pense que c'est susceptible de constituer une atteinte à la dignité de la personne humaine.

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Fab
21/01/2015 14h47 - Fab

Du pain sur la planche pour les agences de e-réputation : aller dénoncer les infos des concurrents de leurs clients et des ONG trop critiques par rapport à leur domaine d'activité :-)

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