Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les Etats-Unis devraient accorder un nouveau sursis de trois mois à Huawei

[ACTUALISE] Des sources de l’agence de presse Reuters ont affirmé samedi 17 août 2019 que l’administration Trump s’apprête à accorder un nouveau délai de trois mois à Huawei avant de lui interdire de se fournir sur le marché américain. Les Etats-Unis agitent la menace de ce bannissement, déjà repoussé une fois fin mai, pour faire pression sur les négociations commerciales avec la Chine. Une mesure qui pourrait avoir des conséquences sur la construction et le lancement commercial des réseaux 5G au niveau mondial.  
mis à jour le 19 août 2019 à 10H57
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les Etats-Unis devraient accorder un nouveau sursis de trois mois à Huawei
Les Etats-Unis devraient accorder un nouveau sursis de trois mois à Huawei © Arthur Le Denn

Actualisation (19/08/2019) : Alors que l’interdiction pour les entreprises américaines de commercer avec Huawei devait entrer en vigueur ce lundi 19 août, l’administration Trump s’apprêterait à accorder un nouveau sursis au géant chinois des télécoms. La mesure devrait permettre à Huawei de maintenir ses infrastructures réseau aux Etats-Unis, mais aussi de continuer de proposer des mises à jour logicielles sur ses différents produits. De quoi rassurer ses clients, qui devraient ainsi être à l’abri jusqu’à la fin de l’année 2019 au moins.

 

Ce renouvellement de la licence de Huawei aux Etats-Unis n’est pas étonnant. Donald Trump a récemment lâché du lest pour faire pression sur la Chine. Le département américain du commerce, qui n’a pas souhaité commenter ce nouveau sursis, mise sur cette stratégie de licence temporaire pour influer sur les négociations commerciales entre les deux pays. En d’autres termes : si Huawei veut voir son agrément reconduit, ou espérer que des restrictions soit définitivement levées, la Chine devra faire d’importantes concessions. Une manœuvre qui a, selon Reuters, fait l’objet d'une conversation téléphonique entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping ce week-end.

 

Article original : La bataille fait rage. Les Etats-Unis n’entendent pas réduire la pression qu’ils exercent sur le géant des télécoms Huawei, qu’ils accusent depuis plusieurs mois d’espionnage pour le compte de l’Etat chinois. Ce dimanche 19 mai 2019, le président américain Donald Trump a annoncé l’interdiction complète pour le fabricant d’accéder au marché américain… et donc aussi de s'y fournir en équipements. La firme a en effet été inscrite sur une liste noire d'entreprises "suspectes", avec lesquelles les groupes américains ne peuvent commercer qu'après avoir reçu le feu vert des autorités. L’attention médiatique s’est alors rapidement portée sur le système d’exploitation de Google, Android, qui fait tourner les smartphones de Huawei. La multinationale américaine n'a pas eu le choix que d'annoncer le 20 mai 2019 rompre ses relations avec l'entreprise chinoise. Pour autant, la construction des réseaux 5G pourrait elle aussi être sévèrement touchée. A quoi peut-on s'attendre ?

 

"On ne pourra pas nous isoler du monde"

Dans les faits, Huawei reste très dépendant des fabricants de composants électroniques américains. C’est majoritairement aux Etats-Unis que le groupe se fournit en puces et semi-conducteurs, des éléments essentiels à l’élaboration d’un réseau mobile. "En cas de difficulté d’approvisionnement, nous avons des solutions de rechange. En période de paix, nous nous fournissions pour moitié en puces américaines et pour moitié en interne. On ne pourra pas nous isoler du monde", a voulu rassurer son fondateur Ren Zhengfei devant les médias chinois. Les annonces de Donald Trump seraient "à relativiser", selon les mots du géant des télécoms, dont le fondateur est allé jusqu’à affirmer que son groupe "ne prendra pas de retard dans le déploiement de [ses] infrastructures 5G" malgré cette crise.

 

Au lendemain de ses déclarations, la présidence des Etats-Unis a donné un sursis à Huawei. L’interdiction pour des entreprises américaines de commercer avec l’entreprise chinoise devrait ainsi prendre effet le 19 août prochain. Trois mois de gagnés donc, qui devraient lui permettre de réduire sa dépendance au marché américain dans lequel il injecte annuellement quelque 11 milliards de dollars. Selon nos confrères de France 24, Huawei aurait constitué des stocks de semi-conducteurs en cas d’urgence : de quoi tenir trois mois supplémentaires. Le géant chinois des télécoms pourrait profiter de cette période pour renforcer ses partenariats avec les fabricants européens… mais surtout pour accélérer la cadence de sa production en interne, au travers de sa filiale HiSilicon.

 

ARM coupe aussi les liens avec Huawei

La période s’annonce néanmoins compliquée pour Huawei, alors que des acteurs majeurs commencent à baisser les bras. Le Britannique ARM aurait notamment donné pour instruction à ses employés de "mettre en pause les contrats et autres engagements en cours" avec la firme, qui s’est empressée de réagir par voie de communiqué. "Nous chérissons les relations étroites que nous avons nouées avec nos partenaires, indique simplement Huawei. Et nous avons conscience que certains d’entre eux sont mis sous pression par des décisions d’ordre purement politique."

 

Toujours est-il que les puces que le groupe fabrique en interne sont jusqu'à présent basées sur l'architecture ARM. Ne plus pouvoir se servir de cette dernière constituerait un coup bien plus dur pour lui que de ne plus avoir accès au système d'exploitation Android. Dans des propos rapportés par la British Broadcasting Corporation (BBC), un analyste a estimé que "si la situation est amenée à se prolonger, elle représenterait un obstacle insurmontable pour les affaires de Huawei".

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media