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Huawei ne sera pas exclu du marché de la 5G au Royaume-Uni… mais son rôle se limitera à la périphérie de réseau

Le gouvernement britannique a fait la lumière sur ses intentions vis-à-vis des équipements 5G du géant chinois des télécoms Huawei. Contrairement à ce que les Etats-Unis demandaient, ceux-ci seront bien autorisés en périphérie de réseau. Par mesure de sécurité, ils seront néanmoins tenus à l'écart des cœurs de réseau… et ne pourront pas couvrir de sites jugés sensibles, tels que les bases militaires ou centrales nucléaires.
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Huawei ne sera pas exclu du marché de la 5G au Royaume-Uni… mais son rôle se limitera à la périphérie de réseau
Huawei ne sera pas exclu du marché de la 5G au Royaume-Uni… mais son rôle se limitera à la périphérie de réseau © LaertesCTB - Flickr - C.C.

Le Royaume-Uni ne suivra pas les recommandations américaines à la lettre. Le gouvernement a en effet fait part mardi 28 janvier 2020 de son intention de ne pas bannir complètement le géant chinois des télécoms Huawei des réseaux 5G nationaux, bien qu’un certain nombre de limitations devraient lui être imposées. Une position plus proche de celle adoptée par la France – qui reste à éclaircir, selon Orange, SFR et Bouygues Télécom – a été privilégiée. Ainsi, les équipements de la marque au lotus ne pourront couvrir les zones stratégiques, telles que les bases militaires ou centrales nucléaires. Le réseau d’un opérateur télécoms ne pourra pas, non plus, reposer intégralement sur du matériel Huawei, dans la mesure où celui-ci ne pourra excéder 35% des pièces en périphérie – antennes et stations de base, notamment.

 

UNE AUTORISATION PARTIELLE

Les Britanniques vont, a priori, tout de même un peu plus loin que la France, puisqu'ils s'apprêtent à interdire les cœurs de réseau de la firme chinoise… qui constituent la partie "sensible" du dispositif, celle qui permet, à ce jour, de potentiellement se livrer à de l’espionnage. Il s’agit là d’un revers pour Huawei, tant le rôle de ces derniers est crucial dans le cadre d'une technologie de communication mobile.

 

La marque au lotus a, d’ailleurs, toujours cherché à capitaliser sur son avance en la matière lors de ses opérations visant à vanter l’efficacité et la puissance de sa 5G. Malgré ces annonces en demi-teinte pour elle, l’entreprise garde la face. "Nous sommes rassurés de cette confirmation de la part du gouvernement, qui nous autorise à poursuivre la collaboration avec nos clients [les opérateurs télécoms nationaux, N.D.L.R.] pour déployer la 5G sur un marché compétitif", a simplement commenté par voie de communiqué Victor Zhang, directeur général de la branche britannique.

 

Des aménagements à venir chez les opérateurs télécoms

A l’heure actuelle, trois des quatre opérateurs télécoms britanniques ont dit leur intention de faire appel à Huawei pour la périphérie de leur réseau. Deux d’entre eux, Vodafone et EE, auront un autre défi : ils devront réduire la part de matériel chinois qu’ils utilisent, puisqu’ils excèdent les 35% prévus. "Cette décision constitue un bon compromis, qui permet de rassurer quant aux questionnements pour la sécurité nationale tout en s’assurant que le marché britannique de la 5G ne souffre pas", a indiqué à la BBC l’analyste Dimitris Mavrakis du cabinet ABI Research. Les opérateurs télécoms ont aussi été invités à se fournir chez plusieurs équipementiers différents. Les Européens Nokia et Ericsson sont en bonne position. Le Sud-Coréen Samsung cherche, lui aussi, à profiter de la situation aux Etats-Unis.

 

Le Royaume-Uni était tiraillé entre les pressions américaines et chinoises. Cette solution de limiter la prééminence des équipements de Huawei sans pour autant les interdire a, certes, "déçu" l’administration Trump… mais lui a également évité les "conséquences substantielles" qui lui étaient promises par Pékin au niveau commercial en cas de bannissement pur et simple. Un risque que le pays ne pouvait pas prendre, alors qu’il sortira officiellement de l’Union européenne ce vendredi 31 janvier. Le Parlement britannique doit encore valider ces nouvelles règles en matière d’équipements.

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