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HUT, l'appartement ultra-connecté de Montpellier, livre ses premiers enseignements et lance sa saison 2

Depuis un an, un appartement ultra-connecté habité par deux étudiantes collecte une foule de données sur les usages des technologies et leur influence sur le bien-être dans l'habitat. Alors que la saison 2 intègre un nouveau duo d’acteurs et des objets connectés, des premiers résultats ont été présentés le 4 octobre par les chercheurs de cette expérimentation in vivo.
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HUT, l'appartement ultra-connecté de Montpellier, livre ses premiers enseignements et lance sa saison 2
HUT, l'appartement ultra-connecté de Montpellier, livre ses premiers enseignements et lance sa saison 2 © HUT - LIFAM

Les nombreux chercheurs montpelliérains impliqués dans"HUman at home projecT" (HUT) ont présenté le 4 octobre, lors du festival "Métropolisme sur la ville de demain", les premiers retours de l'appartement connecté. Deux étudiantes ont vécu 10 mois dans un appartement rempli de capteurs, qui ont collecté des data pour 13 laboratoires de recherche. Ceux-ci s’intéressent aux interactions homme-machine, à l'effet des technologies sur les comportements et sur le bien-être dans l'habitat. "Nous n'en sommes ni les défenseurs ni les critiques, nous sommes dans une analyse des usages", rappelle le coordinateur Malo Depincé, maître de conférences et juriste à l'Université de Montpellier.

 

Double originalité de HUT : sa durée de 3 saisons au budget de 5 millions d'euros (soutenu par le Cnrs, la métropole de Montpellier et le fonds européen Feder) et la collaboration des sciences exactes avec les sciences humaines et sociales. HUT associe une soixantaine de juristes, linguistes, marketeurs, psychologues, sociologues, architectes, roboticiens, spécialistes du mouvement, informaticiens, architectes... Le consortium rassemble des unités des deux universités et de l’école d’architecture de Montpellier, du Cnrs, d’IMT Mines Alès et Paris-8, et 7 entreprises de l’habitat, des capteurs et des objets connectés (Oceasoft, Nexity, Enedis, Sens digital, Deliled, Synox et... Ikea).

 

"Trois grandes familles de capteurs sont installés : des capteurs de mouvements comme un sol connecté, ceux liés aux fluides et énergies, et ceux liés au confort, comme des capteurs de qualité de l’air", liste Alain Foucaran, directeur de l'Institut d'électronique et des systèmes (IES). Exemples de recherches : une étagère connectée identifie les objets déposés et mesure les quantités prélevées pour analyser les consommations, et le programme « walk at home » du laboratoire Euromov évalue en continu les déplacements à l'intérieur de l'appartement.

 

De fortes attentes et peu de craintes
Au bout d'une saison "référence", les enseignements sont d'abord qualitatifs. "Les co-hutteuses se sont appropriées l’appartement de manière très différente, note Anne-Sophie Cases, professeur au laboratoire MRE qui a mené des entretiens mensuels. Leur prisme est très utilitariste : simplifier la vie, libérer du temps de loisirs, permettre des économies financières et d'énergie. Elles ont peu de craintes autour des données personnelles. Nous avons noté des biais liés à la désirabilité sociale - elles veulent se montrer sous leur meilleur jour - et d'autocensure, qui se traduit par le fait d’hésiter à inviter des gens pour ne pas expliquer le projet."

 

La protection des données personnelles fait partie des recherches de HUT. "Nous avons instauré un cadre strict d'information des occupants, au-delà de la législation, et travaillons sur des propositions de diagnostics des données", assure Malo Depincé. Un bouton rouge a d’ailleurs été introduit pour assurer une coupure généralisée. Les premières co-hutteuses ne l'ont pas activé.

 

Plus d’IoT pour la saison 2

Un nouveau binôme - toujours féminin - vient d'entrer pour 10 mois dans l'appartement, qui a gardé son agencement. Des objets connectés font leur apparition, comme "un miroir, un robot cuiseur connecté et un réveil olfactif", précise Anne-Sophie Cases. Un nouveau partenaire a rejoint l'expérimentation : Orange Labs, qui voit dans HUT une opportunité d'accès à l'usager et installera un miroir connecté (dans le couloir) fin 2019, dans le cadre du majordome numérique Djingo.

 

"Le miroir, qui intègre la reconnaissance faciale, pourra poser des questions orales ou écrites, pour modéliser leurs motivations des habitants, explique Maryline Clare-Charrier, responsable de la plate-forme de recherche sur la maison sensible chez Orange Labs. On peut intégrer plein de choses à la demande des chercheurs". "C'est un chantier continu, conclut Emmanuel Mouton, président de l’acteur IoT Synox, membre du consortium HUT. On travaille sur la précision de la donnée, l'interface, l’architecture des serveurs... J'ai insisté sur l'interopérabilité".

 

HUT est programmé sur deux nouvelles saisons, mais ses auteurs réfléchissent déjà à une suite de plus grande envergure. "L'appartement a une limite : il est isolé, note Malo Depincé. On va essayer de le reproduire avec Nexity. Le prochain projet sera de passer de l’appartement à l’immeuble connecté. Nous le présenterons d'ici quelques mois."

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