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"IBM développait un concurrent à Box, ils ont préféré signer un partenariat avec nous", révèle Aaron Levie, CEO de Box

Entretien Le 29 septembre débute à San Francisco (Californie), l’événement annuel de la société Box. Durant trois jours, Boxworks réunit les clients et partenaires pour parler nouveautés technologiques, modèles économiques, partenariats… À cette occasion Aaron Levie, fondateur et CEO de Box a répondu aux questions de l’Usine Digitale, notamment concernant le partenariat majeur avec IBM.
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IBM développait un concurrent à Box, ils ont préféré signer un partenariat avec nous, révèle Aaron Levie, CEO de Box
"IBM développait un concurrent à Box, ils ont préféré signer un partenariat avec nous", révèle Aaron Levie, CEO de Box © Eammnuelle Delsol

Le 29 septembre débute à San Francisco (Californie), l’événement annuel de la société Box. Durant trois jours, Boxworks réunit les clients et partenaires pour parler nouveautés technologiques, modèles économiques, partenariats… Justement, c’est un partenaire de marque, Tim Cook, — le patron d’Apple fraîchement auréolé d’un nouveau record de ventes d’iPhone (13 millions en un week-end), qui ouvrira l’événement avec Aaron Levie, fondateur et CEO de Box. Quelques heures avant ce prestigieux démarrage, ce dernier a accordé un entretien à l’Usine Digitale dans la capitale californienne.

 

Connu autant pour son ambition stratégique, sa tenue costume / baskets que son débit de parole élevé, Aaron Levie détaille en particulier l’imposant, signé cette année avec IBM. Il revient aussi sur ce qu’est Box. Pas un "Dropbox pour l’entreprise", comme il l’entend souvent, mais une plate-forme de collaboration dans le cloud autour des documents de toutes sortes dans l’entreprise, et désormais une plate-forme sur laquelle ces dernières peuvent bâtir ou connecter des applications.

 

L’Usine digitale : Entrée en bourse au NYSE, conquête de clients d’envergure comme GE ou Coca Cola, et partenariats avec Apple, Microsoft, Cisco… Box annonce maintenant un partenariat majeur avec IBM. Qu’en attendez-vous ?

Aaron Levie : 2015 a vraiment été une année de fous ! Et le partenariat avec IBM est une étape à marquer d’une pierre blanche. Pour commencer, il s’agit d’une des plus grandes entreprises de technologie de la planète ! Alors quand ils nous adoubent de cette façon et qu’ils deviennent un de nos partenaires de façon aussi étendue, c’est une incroyable démonstration de confiance vis-à-vis de notre entreprise et de notre plate-forme. S’il n’y avait que ça, ce serait déjà extraordinaire, mais ce n’est pas tout. Il y a le symbole, bien sûr mais aussi tout le travail que nous allons mener avec eux !

 

Sur quels technologies et produits allez-vous travailler avec IBM ?

Le partenariat est très étendu. IBM va distribuer notre offre. Et nous allons travailler sur certaines des fonctions de leur gestion de contenu, comme les nouvelles façons de faire de l'e-discovery (exploration du big data dans le cadre de litiges juridiques, ndlr), du workflow et de la collaboration, sur leurs outils d’analytics dont Watson, sur leurs technologies de sécurité dans le mobile par exemple, nous allons utiliser leurs datacenters. Et comme si ce n’était pas assez, IBM va développer des applications mobiles au-dessus des API box dans le cadre de leur partenariat avec Apple. Ce partenariat, c’est tout cela ! C’est un de nos plus gros partenariats, et sans doute un des plus importants pour IBM aussi.

 

Mais il y a un élément encore plus symbolique à prendre en compte. IBM était en train de développer une solution concurrente de Box. Et ils ont préféré arrêter et signer un partenariat avec nous. C’est extrêmement symbolique pour nos clients Box, et nos clients communs quand des entreprises telles que les nôtres préfèrent travailler ensemble d’une façon complètement nouvelle plutôt que de se concurrencer. Ce sont des rapprochements qu’on ne voyait pas il y a 3 ou 5 ans. C’est vraiment une nouvelle ère pour notre entreprise.

 

Comment travaillez-vous avec IBM ? Au travers de vos R&D ? Avec une équipe commune ?

Toutes nos équipes sont concernées. Ils ont des centaines de personnes, on en a des dizaines. Et nous avons effectivement créé une équipe conjointe dans un bureau virtuel auquel les deux entreprises contribuent. C’est un partenariat vraiment différent de nos autres partenariats avec Apple, Microsoft ou Cisco. Avec IBM, il y a du marketing, du consulting, des services, de la technologie, etc.

 

Qu’est-ce qui déclenche soudain tous ces partenariats entre des entreprises jusque-là concurrentes dans le logiciel et le cloud ?

Les clients ont envie de plus de choix dans leurs technologies, ils veulent mixer les meilleurs produits et technologies pour répondre à leurs besoins. Et que tout marche ensemble, d’une façon simple, sans couture. Les utilisateurs en entreprise veulent un iPhone ou un iPad, avec Office dessus, et des applications personnalisées pour leur métier par IBM. Et c’est ça qu’on veut faire chez Box, être au centre de tout ça.

 

Mais il y a déjà longtemps que les entreprises utilisatrices ont envie de ce mix ?

Oui, mais ce n’était pas possible d’avoir toutes ces expériences utilisateurs de haut niveau ensemble, jusqu’à récemment. Il a fallu que nous ayons tous des API ouvertes, et que l’on comprenne tous que nous constituons des pièces qui s’assemblent pour produire ces nouvelles applications. Il ne s’agit plus de juste construire des solutions tout en un pour le client. C’est un monde très différent. Microsoft est par exemple sans doute aujourd’hui à la fois notre plus grand concurrent et un de nos plus importants partenaires. On va être concurrents sur certaines zones comme Sharepoint, OneDrive, mais partenaires sur d’autres comme sur certains services d’Azure ou sur Office365. Et on fait des apps Windows10.

 

Pour revenir à Box, nombreux sont ceux qui vous décrivent comme le Dropbox de l’entreprise, le partage de fichiers dans le cloud pour professionnels. Pourtant, déjà à Boxworks 2014, vous aviez présenté des applications verticales, des fonctions d’analytics pour vos clients, etc. bien au-delà du seul partage de fichier. Comment décririez-vous Box ?

Je crois que Box résout deux problèmes majeurs pour les entreprises. D’abord la façon dont on partage le contenu et dont on collabore autour. Ensuite, nous avons ouvert notre plate-forme pour que les entreprises bâtissent de nouvelles applications pour travailler différemment avec leurs clients, leurs partenaires. Mais nous sommes principalement une plate-forme pour gérer et collaborer autour du contenu. Et c’est là dessus qu’on se focalise.

 

Pourriez-vous aller jusqu’à proposer un ERP ? Une suite d’applications ?

Box va plutôt se connecter à l’ERP ou au CRM du client. Si vous êtes un hôpital et que vous voulez collaborer avec vos patients, vous pouvez bâtir une application complètement sur Box. Si vous êtes un industriel avec un ERP, vous allez plus probablement le connecter à Box plutôt que de construire quelque chose sur notre plate-forme. Mais dans les deux cas, nous voulons être au centre de ça. …

 

Est-ce cette évolution qui a attiré vers Box de plus grandes entreprises ?

Plus Box va vers des entreprises de plus en plus grandes, plus la demande change drastiquement. Avez de nouvelles contraintes de sécurité, de conformité. Travailler avec GE, qui standardise une grande partie de sa gestion de contenu et de sa collaboration dans Box, est très différent du travail avec ceux qui étaient nos plus gros clients il y a 6 ans. Nous avons désormais comme client le ministère de la justice américain, AstraZeneca, Schneider Electric, Eli Lilly… Quatre ou cinq secteurs différents qui ont tous des exigences différentes par rapport à l’utilisation de leur information, et qu’on doit savoir soutenir néanmoins.

 

Que faites vous exactement pour GE ?

Nous sommes tout simplement le standard dans le groupe pour le partage fichiers. Les employés sont supposés passer par Box pour cela. Mais l’entreprise commence aussi à développer des apps. Nous allons annoncer à Boxworks d’autres clients qui déploient des apps personnalisées en s’appuyant sur notre plate-forme, comme Coca Cola, ou la NBA.

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