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IBM renforce (encore) Linux sur ses mainframes

Le groupe vient de dévoiler de nouveaux packs « Enterprise Linux Server » pour ses serveurs System z. Objectif : donner un second souffle à ses grands systèmes, qui ont particulièrement souffert dernièrement, en permettant aux entreprises de consolider sur un seul mainframe des « centaines de serveurs virtuels sous Linux ».
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IBM renforce (encore) Linux sur ses mainframes
IBM renforce (encore) Linux sur ses mainframes © DR

« Cela fait une bonne dizaine d'années qu'IBM est l'un des plus fervents défenseurs de Linux », souligne Philip Dawson, vice-président de Gartner Research. N'empêche, la récente annonce de nouvelles offres bâties sur Linux pour les grands systèmes de Big Blue - les System z - a de quoi surprendre, d'après lui. En effet, même s'il rappelle que « Linux a largement fait ses preuves sur les plateformes X86 », l'analyste estime que ce système d'exploitation open source « représente toujours un marché de niche sur les mainframes ». Tout l'enjeu pour IBM sera donc, prévient-il, de « capitaliser sur la force du système pour les plateformes X86 afin de l'étendre sur les mainframes ».

Et la partie ne semble pas gagnée. « IBM pourra bien sûr proposer ses propres applications, comme la base DB2, sur des mainframes sous Linux », remarque Philip Dawson. Toutefois, en dehors de quelques acteurs comme SAP, qui a fait une annonce en ce sens en août, « il est peu probable qu'il obtiendra le soutien d'autres grands éditeurs, comme Oracle ». Ce dernier, qui est en passe de racheter Sun Microsystems, l'un des principaux concurrents d'IBM sur le marché des serveurs, « devrait par exemple continuer de pencher en faveur d'autres offres couplées s'appuyant sur des plateformes X86 ».

Linux vs z/OS

Sur quoi s'appuie IBM pour convaincre les entreprises ? Le groupe - qui affirme qu'il compte déjà près de 1 300 clients utilisant le système d'exploitation open source - fait tout d'abord la promesse d'importantes réductions des coûts de fonctionnement des centres d'hébergement (jusqu'à 80% selon ses propres estimations). Les nouvelles configurations, qui intégreront le matériel et les logiciels, devraient offrir davantage de puissance pour la virtualisation et la consolidation des serveurs existants. Comment ? Elles s'appuieront sur l'outil de virtualisation z/VM (z/Virtual Machine) d'IBM, qui permet de faire tourner des centaines de machines virtuelles Linux sur un seul mainframe (trois fois plus qu'en utilisant le même outil z/VM sur une plate-forme X86, selon IBM).

Enfin, s'éloignant du système d'exploitation propriétaire d'IBM pour les grands systèmes (z/OS), les nouveaux packs « Enterprise Linux Server » utiliseront une distribution Linux Red Hat ou Novell Suse. Ce qui devrait répondre à une attente forte du marché, s'enthousiasme le groupe. C'est à souhaiter. IBM a bien besoin de revigorer ses ventes de grands systèmes. Sur ce créneau, ses revenus se sont effondrés de 26% en valeur au troisième trimestre 2009 (tous segments et tous constructeurs confondus, les ventes de serveurs ont en comparaison baissé de « seulement » 15,5% sur les trois derniers mois, selon Gartner).

Christophe Dutheil

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