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IBM s'attaque au marché de la mobilité avec son mainframe z13

Si IBM a changé de positionnement pour se concentrer sur le cloud, l'analyse de données et la mobilité aux dépens du hardware (serveurs, semi-conducteurs), il reste présent sur un denier marché : les mainframes. L'entreprise reste cependant cohérente dans sa stratégie : le z13, dernier né de cette gamme de serveurs très spécifiques, est conçu pour la gestion des transactions mobiles.
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IBM s'attaque au marché de la mobilité avec son mainframe z13
IBM s'attaque au marché de la mobilité avec son mainframe z13 © Jon Simon - IBM

IBM a annoncé mardi 13 janvier son nouveau mainframe, le z13. Dernier né de la gamme System z de l'entreprise, il est capable de traiter 30 000 transactions par secondes (2,5 milliards par jour), et se destine en premier lieu au traitement des transactions liées au marché mobile. IBM le dit doté du microprocesseur le plus rapide au monde, et de 3 fois plus de mémoire et 2 fois plus de bande passante qu'un serveur classique.

Les mainframes sont des ordinateurs très puissants à l'architecture spécifique, qui centralisent les données et leur traitement et qui se caractérisent par une très grande stabilité. Massifs (de la taille d'une grosse armoire) et coûtant souvent plusieurs centaines de milliers d'euros, ils sont typiquement utilisés par l'industrie et les gouvernements pour des applications critiques, et peuvent fonctionner en continu pendant plusieurs décennies.

Un bastion hardware historique

Les mainframes sont le dernier gros marché hardware d'IBM, qui s'est recentré sur les services aux entreprises et le cloud depuis plusieurs années, et a vendu l'année dernière sa division serveurs x86 à Lenovo (qui avait déjà acquis en 2005 sa division PC, dont les fameux Thinkpad) et sa division semi-conducteurs à GlobalFoundries. Ils sont aussi un produit emblématique d'IBM, qui était déjà un pionnier de l'informatique avant l'avènement du micro-ordinateur.

Mais si ces ventes hardware sont stables, elles ne sont pas en elles-mêmes porteuses de croissance pour IBM. Ce sont les profits annexes qu'elles génèrent, provenant de la vente de logiciels et services associés aux mainframes, qui représentent une manne conséquente pour l'entreprise. Ce nouveau modèle – le premier depuis plus de deux ans et le résultat de 5 ans de recherche, 500 nouveaux brevets et d'un milliard de dollars d'investissement – s'inscrit dans la continuité de cette politique. L'entreprise n'hésite d'ailleurs pas à le présenter comme une solution "idéale" pour le cloud privé ou hybride, moins chère de 32% rapport rapport à un cloud reposant sur une architecture x86.

Prolongement de la stratégie cloud, Mobile et Data

IBM cherche à profiter de l'explosion du marché de la mobilité (il estime qu'il y aura 40 000 milliards de transactions mobiles par jour d'ici 2025), et a développé le z13 en conséquence. Au-delà de sa puissance de calcul impressionnante (équivalente au traitement du flux de données de 100 "Cyber Mondays" par jour), le système intègre par défaut l'analyse de chaque requête en temps réel (habituellement déléguée à d'autres systèmes).

En plus de fournir des mesures en direct sur les flux de données, cette fonctionnalité permet de détecter de potentielles fraudes sur chaque transaction avant même qu'elles ne soient complétées. Selon IBM, l'intégration de ces analyses au sein du système les rend 17 fois plus rapides que ce qui se fait à l'heure actuelle, et ce pour un coût moindre. Enfin, il permet de réaliser un chiffrement des transactions en temps réel, s'assurant d'une plus grande sécurité.

Julien Bergounhoux

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