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IBM se prépare à l’après loi de Moore en se rapprochant de Xilinx

Alors qu’Intel va racheter Altera, IBM a choisi de s’allier avec l’autre grand spécialiste des circuits logiques programmables Xilinx. L’objectif est le même : se tenir prêt à pallier l’extinction de la loi de Moore.
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IBM se prépare à l’après loi de Moore en se rapprochant de Xilinx
IBM se prépare à l’après loi de Moore en se rapprochant de Xilinx © Microsoft

La bataille dans les serveurs entre Intel et IBM s’intensifie. Le roi des microprocesseurs pour PC et serveurs va racheter Altera, numéro deux mondial des circuits logiques programmables (FPGA pour Field-programmable gate array). Big Blue réplique en concluant un partenariat stratégique avec Xilinx, l’autre grand spécialiste de ces puces sophistiquées.

 

La loi de Moore proche de sa fin

L’objectif est le même que pour Intel : se tenir prêt à pallier l’extinction de la loi de Moore. Depuis 40 ans, l’industrie informatique fonde son développement sur le doublement de la puissance de traitement des processeurs tous les deux ans, conformément à ce que Gordon Moore, alors directeur de la recherche chez Intel, avait prévu en 1975.

 

Cette règle de progression des puces électroniques tend à patiner aujourd’hui. En témoignent les retards de sortie des nouvelles générations de circuits, les mauvais rendements de fabrication en technologie FinFET 14 nm (transistors 3D en gravure de 14 nanomètres) ou encore le report par Intel d’un an de la prochaine génération de 10 nanomètres. Harry Shum, directeur de Microsoft Research, est catégorique : la loi de Moore s’approche de sa fin.

 

Or les besoins d’accroissement de la vitesse de traitement ne sont pas près de ralentir. Au contraire, avec le développement des mobiles, du cloud computing ou encore du big data, les serveurs vont être de plus en plus sollicités. Les FPGA apparaissent comme la solution providentielle pour prendre le relais de la loi de Moore et accélérer les traitements dans des applications comme le calcul intensif, le big data, le machine learning ou la génomique. C’est une solution de transition en attendant l’avènement des processeurs quantiques, une technologie de rupture prometteuse mais encore compliquée à industrialiser, selon Harry Shum.

 

Alternative aux Asic

Disponible comme n’importe quels composants standards, les FPGA offrent l’avantage d’être personnalisables par l’utilisateur à l’aide de son logiciel d’application. Ils constituent une alternative rapide, bon marché et souple aux Asic, ces circuits conçus de A à Z pour une application spécifique et qui forment les circuits nec plus ultra en performances. Courants dans les prototypes et les produits en petites séries, ils sont de plus en plus utilisés dans les équipements télécoms. Ils vont être amenés à jouer un rôle grandissant comme accélérateurs de traitement dans les équipements de datacenters (serveurs, stockage et réseau). Intel n’a pas hésité à mettre 16,7 milliards de dollars pour s’emparer d’Altera, une société d’à peine 2 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

 

Les FPGA sont également stratégiques pour l’avenir d’IBM dans les datacenters. Si Big Blue s’est retiré de l’essentiel de ses activités dans les semi-conducteurs au profit de GlobalFoundries, il conserve la maitrise de ses processeurs Power au cœur de ses supercalculateurs et serveurs à hautes performances. Il utilise déjà les processeurs graphiques de Nvidia pour accélérer certaines tâches de ses supercalculateurs comme le traitement d’image. Mais il a besoin de FPGA pour répondre aux besoins à venir du big data, de l’Internet des objets ou de la génomique.

 

Solution ouverte à d'autres constructeurs de serveurs

Alors qu’Intel prévoit d’intégrer dans la même puce les fonctions de FPGA d’Altera et celles de son processeur Xeon pour serveurs, IBM se contentera d’associer le FPGA de Xilinx à son processeur Power. Big Blue mettra sa solution à la disposition d’autres constructeurs de serveurs membres de son alliance OpenPower qui envisagent de s’appuyer sur son processeur Power pour construire leurs machines. La course pour l’après loi de Moore est lancée.

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