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iFollow lève 7,5 millions d'euros pour ses robots autonomes destinés à la logistique

Levée de fonds iFollow, start-up française spécialisée dans la robotique industrielle, a levé 7,5 millions d'euros. Avec cet apport financier, la jeune pousse souhaite passer à l'étape supérieure de son développement et commercialiser de nombreux robots. iFollow a mis au point un robot mobile autonome pouvant être utilisé pour l'aide à la préparation de commande, le transport de charge en entrepôt ou aider à constituer une chaîne logistique.
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iFollow lève 7,5 millions d'euros pour ses robots autonomes destinés à la logistique
iFollow lève 7,5 millions d'euros pour ses robots autonomes destinés à la logistique © iFollow

iFollow, jeune pépite de la robotique industrielle, lève 7,5 millions d'euros. Supernova Invest a mené cette levée de fonds de la start-up de la French Tech aux côtés de Socadif et avec le soutien de Bpi France. La start-up fondée en mars 2017 par Vincent Jacquemart et Nicolas Menigoz développe des robots mobiles autonomes (AMR) visant à faciliter la préparation de commandes et le transport de charges lourdes en entrepôt.

Un robot, trois usages
Le robot mobile d'iFollow peut répondre à trois utilisations différentes. "La même base robotique, qui peut déplacer environ 1 tonne, est utilisée, explique Vincent Jacquemart, CEO d'iFollow. Une adaptation légère au niveau châssis doit être réalisée pour fixer la base supérieure du robot qui change selon les usages". Ce robot autonome peut être utilisé pour la logistique et les tâches d'assistance à la préparation de commande. Le but ici est de "constituer avec un opérateur les chariots et palettes qui sont livrés aux supermarchés pour la mise en rayon des produits", résume Vincent Jacquemart.

Cet usage est mis en avant par la pépite comme un avantage concurrentiel. Ses robots peuvent travailler en toute sécurité avec un opérateur dans la préparation de commandes. La start-up a pensé son robot pour qu'il se positionne correctement par rapport à l'opérateur et qu'il ait le bon niveau de dynamisme. Un système de mesure du poids porté par le robot permet de valider automatiquement le fait que l'opérateur a prélevé le bon produit pour faire la palette.

Le deuxième usage est le transport de charge en entrepôt d'un camion aux rayonnages, et inversement. Enfin, la troisième utilisation est spécifique au monde industriel : les robots de transport de charge peuvent constituer une chaîne d'assemblage logistique. Concrètement l'objet à assembler est posé sur le robot qui peut avancer tout doucement le long de la chaîne d'assemblage.
 


Différentes utilisations du robot mobile autonome d'iFollow.


Des robots collaboratifs
Les robots se déplacent à 2 m/s et ils sont équipés de deux lasers de sécurité leurs permettant de voir jusqu'à 40m devant et 40m derrière. Ils se déplacent selon le principe de la navigation naturelle et se repèrent grâce à une cartographie des lieux établie au préalable. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir des couloirs spécifiques ou un marquage au sol, les robots évoluent dans l'environnement existant.

Comme bon nombre de ses concurrents, iFollow propose une solution complète qui comprend le système de gestion des robots. Concrètement, iFollow se connecte au logiciel du client avec son système de gestion pour savoir par exemple, quelles palettes doivent déplacer à quel moment. A ce sujet, un des avantages mis en avant par iFollow est le fait que ses robots soient collaboratifs et que son système de gestion prend cela en compte. Si un robot est en panne ou bloqué dans un quelconque endroit, un autre pourra prendre la relève pour réaliser la tâche.

La start-up assure être en discussion avec d'autres sociétés de robotique française pour intégrer d'autres marques à son système. Le but est que différentes marques de robots puissent cohabiter dans un même endroit. S'ils ne se reconnaissent pas, le risque est qu'ils restent bloqués s'ils rencontrent.
 


Des pilotes au passage à l'échelle
Le business model d'iFollow se concentre principalement sur la vente des robots et la gestion du projet associé pour l'interconnexion avec le logiciel du client. Puis, la start-up fourni un contrat de prestation de maintenance. Les équipes d'iFollow peuvent suivre à distance les robots et sont informées des pannes en temps réel. "iFollow adresse un marché de masse mondiale d'une grande profondeur qui se chiffre en dizaine de milliards, affirme David Hansen, directeur investissement Supernova Invest. Il y a au moins 50 000 sites industriels avec des besoins auxquels peut répondre iFollow en Europe, et 100 000 sites industriels et 30 000 entrepôts au niveau mondial".

Avec cette levée de fonds, la start-up et ses 40 salariés, entend passer à l'étape supérieure. "Les pilotes ont bien marché, maintenant l'objectif est le passage à l'échelle", abonde Vincent Jacquemart. Par exemple, la start-up évoque un pilote avec l'entreprise Schoeller Allibert, située à Gaillon, qui fabrique des palettes en plastiques, des bacs, etc. Les robots iFollow ont transporté des charges pour relier les ilots de productions à la zone de stockage.

Un espace de production multiplié par 5
Aujourd'hui iFollow assure avoir vendu plus d'une centaine de robots et mener actuellement des discussions pour équiper d'importants centres de distribution, notamment au Royaume-Uni. La start-up entend produire jusqu'à 2 000 robots par an en 2023 et 2024. Pour cela, elle va renforcer sa chaîne de production et déménager ses locaux actuels de Gentilly à Arcueil sur un site de 2 500 m². "L'espace de production est multiplié par 5, glisse Vincent Jacquemart. Et la chaîne de production pourra monter à plusieurs milliers de robots par ans".

iFollow entend se déployer à l'international : au Royaume-Uni et au Japon avant de se lancer en Amérique du Nord. Pour l'instant, la pépite se concentre tout particulièrement sur le marché anglais des entrepôts qui souffre d'une pénurie de main d'œuvre en raison du Brexit et du Covid-19. De nombreux travailleurs, en provenance d'Europe de l'Est, ont quitté le territoire. "L'enjeu n'est plus sur le retour sur investissement de notre solution, mais sur le fait de pouvoir faire fonctionner leur entrepôt", résume Vincent Jacquemart.

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