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Industrie 4.0 : la France en passe de rater une nouvelle révolution industrielle ?

Pour Jean-Paul Alibert, président de T-Systems France (filiale grands comptes de Deutsche Telekom), le secteur industriel est capable d’adapter ses outils à la révolution numérique en cours. Mais pour accélérer, il doit obtenir le soutien du gouvernement pour favoriser de nouveaux écosystèmes d’innovation et miser sur la créativité des entreprises.
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Industrie 4.0 : la France en passe de rater une nouvelle révolution industrielle ?
Industrie 4.0 : la France en passe de rater une nouvelle révolution industrielle ? © DR

La chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique David Cameron ont visité ensemble le CEBIT en mars dernier, principal salon européen des TIC (Technologies de l’Information et des Communications).

L’occasion de vérifier les avancées des partenaires industriels engagés dans le plan gouvernemental allemand "Industrie 4.0" lancé il y a déjà deux ans et visant, avec un financement de 200 milliards d’euros, à rendre les usines intelligentes grâce à Internet.

"Industrie 4.0", c’est la rencontre de la fabrication flexible en série, de la mobilité et de l’Internet des objets. L’objectif est de transformer la façon de produire, en améliorant l’identification individuelle de la vie des produits, la flexibilité des usines et de la logistique, et la productivité des postes de production.

A la clé, un bon moyen de réduire le coût relatif de la production-intégration locale, ce qui ne peut être que favorable au maintien des emplois en Europe. Les projets avancent, comme le montrent plusieurs initiatives, par exemple l’usine miniature du DFKI (Centre de recherche allemand sur l’intelligence artificielle).

Vers une amélioration de la qualité de service et de la rentabilité

Au-delà de "l’usine digitale", c’est bien l’implication du client dans la chaine de valeur, du design à l’utilisation, soit une "consommation hybride", qui peut garantir aujourd’hui le développement de nos industries et l’amélioration simultanée de la qualité de service et de la rentabilité. Il est donc nécessaire de mieux intégrer les produits et les services pour favoriser ce nouveau type de consommation.

Intégrer par exemple une utilisation 100% connectée d’un véhicule, dès sa conception, influence profondément ses caractéristiques de conduite, le confort, la sécurité, mais aussi la relation entre le client et le constructeur. Le passage d’une maintenance réactive à une maintenance proactive, à la fois plus souple et moins contraignante pour le conducteur mais aussi plus économique pour le constructeur, en est un excellent exemple que nous donnent certains constructeurs allemands.

Le deuxième effet majeur est la désintermédiation que cela implique : le lien devient direct entre le propriétaire et le constructeur, ce qui lui permet de proposer de nouveaux services et créer ainsi une nouvelle intimité avec ses clients. D’autres exemples de ce que les Américains nomment Cyber Physical Systems (CPS) apparaissent dans l’énergie, la logistique, la santé et l’agriculture, grâce à des objets conçus pour être connectés et la disponibilité à bas coût de communications via diverses technologies.

Un virage encore à prendre pour la France

Il est fondamental que nos industriels se donnent les moyens de conduire cette révolution, et peu d’entre eux peuvent le faire seuls. Notre gouvernement pourrait donc, comme celui d’Angela Merkel, prendre des initiatives sur ce sujet et favoriser des projets communs entre les industriels et les organisations universitaires et de recherche. Il en va de l’avenir, non plus de la production en France, mais de la conception et de l’intégration qui restent encore solides... mais jusqu’à quand ?

Le gouvernement français doit soutenir activement l’innovation commune des industriels et de leurs sous-traitants, les ESN (Entreprises de Services Numériques), sauf en préservant le CIR (Crédit Impôt Recherche) pour les sous-traitants.

Le secteur industriel est capable d’adapter ses outils à la révolution numérique en cours. Mais pour accélérer, il doit obtenir le soutien du gouvernement pour favoriser de nouveaux écosystèmes d’innovation et miser sur la créativité des entreprises. Alors que l’Allemagne a déjà mis en place de premiers projets, il est temps pour la France d’investir dès maintenant dans l’ "industrie 4.0", l’industrie de demain.

Jean-Paul Alibert, président de T-Systems France

 
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