Industrie du futur : la guerre des standards a commencé

Le consortium allemand Industry 4.0 a choisi le standard OPC UA comme norme de communication entre équipements dans son modèle d’usine du futur. Le standard étant encore peu utilisé en France, nos industriels décideront-ils de suivre les décisions allemandes ou d’opter pour un autre standard ?

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Industrie du futur : la guerre des standards a commencé

Des machines intelligentes doivent pouvoir se connecter facilement les unes aux autres. Pour ce faire, une des missions de l’Alliance pour l’Industrie du futur, l’association lancée par Emmanuel Macron en mai dernier, consiste à définir les standards de l’usine du futur et à les pousser au niveau international. Mais nos voisins outre-Rhin maintiennent leur longueur d’avance…


Les choses bougent en effet du côté du plan allemand. La communauté d’industriels en charge du programme Industry 4.0 a annoncé son choix d’un standard pour les communications entre équipements. C’est le standard OPC UA qui apparaît dans l’architecture de référence définie par le consortium, la RAMI 4.0 (Reference Architectural Model Industry 4.0).

OPC UA c’est quoi ?

OPC UA est un protocole de communication universel et sécurisé, particulièrement adapté à la communication entre machines. Il peut être appliqué à n’importe quel support physique (câble, liaison sans fil ou autres), n’importe quel système d’exploitation, et il peut être installé aussi bien par sur une machine à forte capacité de calcul qu’à un petit objet connecté.

"Une de ses particularités est qu’on ne fait pas qu’échanger des données, on peut également définir des modèles de données et permettre ainsi à plusieurs machines de s’alerter les unes les autres, de s’entraider, en d’autres termes d’apporter de l’intelligence dans les échanges", ajoute Stéphane Potier, le directeur marketing de l’association OPC France.


Encore peu répandue en France
Au final, le seul point faible de cette technologie, c’est le fait qu’elle soit très peu répandue en France, contrairement à l’Allemagne et aux Etats-Unis. Lors des OPC Days Europe qui se sont tenus en mai dernier à Paris, les industriels français étaient peu représentés : sur près de 190 participants, on dénombrait 37 français contre 61 allemands. Malgré les qualités du standard, et malgré une offre déjà étoffée en produits français certifiés OPC UA, les projets utilisant OPC UA dans l’hexagone se limitent à des grands projets d’infrastructures dans le domaine de l’énergie, comme le système de mesure de la radioactivité sur le territoire ou encore le futur smart grid de distribution de gaz de GrDF.


OPC UA saura-t-il s’imposer en France comme standard de l’industrie du futur ? Techniquement, ce choix serait justifié, de par le caractère moderne de ce protocole. "OPC UA mérite de devenir un standard d’interopérabilité en France car il n’a pas de technologie concurrente, assure Stéphane Potier. Aujourd’hui les industriels français lui préfèrent largement le protocole Modbus TCP (développé par Schneider Electric, ndlr), mais ce dernier ne peut gérer des modèles de données comme OPC UA".


En France, les travaux de normalisation de l’Alliance pour l’industrie du futur ont à peine démarré. Les membres de l’Alliance devront décider s’ils souhaitent pousser à tout prix des technologies franco-françaises, ou s’il est préférable de se conformer à ce qui est désormais considéré comme un standard dans plusieurs régions du globe.

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