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Industriels, venez au web social… par l’exemple chinois !

Personne ne va vous faire croire que vous allez vendre plus de machines-outils parce que vous êtes présents et actifs sur un réseau social. Par contre, ne pas y être c’est se priver de précieux avantages. Petits exemples venus de Chine.
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Industriels, venez au web social… par l’exemple chinois !
Industriels, venez au web social… par l’exemple chinois ! © DR

Dans l’Empire du Milieu existent ce qu’on appelle des Weibo. Les Weibo sont des équivalents de Twitter : ils permettent de publier du contenu multimédia - avec des limitations en termes de quantité - de façon publique.

Les internautes chinois utilisent en majorité ceux proposés par Sina et Tencent. Le premier compte environ 46  millions d’utilisateurs actifs quotidiennement, contre 42 millions pour le second.  Résultat, en englobant les autres fournisseurs plus petits (Sohu ou Netease), on estime que plus de la moitié des internautes chinois sont des utilisateurs de Weibo.

Certes, cette population est plus jeune que la population réelle, mais cela signifie tout de même qu’outre les étudiants, les chefs d’entreprise, les responsables d’usines, les vendeurs, les distributeurs, les salariés sont sur ce média. Lisent et vérifient des informations sur des produits.

Comprendre les nouvelles façons de consommer de vos clients

Vous voulez des exemples ? Prenons BASF, qu’on ne peut pas soupçonner, depuis l’abandon des K7 audio, de vendre au consommateur final. Que fait-il sur Weibo ? Il parle de lui, mais pas directement. Plutôt de ses initiatives en matière de développement durable.

Passons à General Electric, autre industriel aux produits difficilement trouvables en grandes surfaces. Lui, il parle de ses turbines, il recrute les étudiants, il fédère ses salariés. Et je passe sur les spécialistes de l’informatique d’entreprise (EMC, IBM…).

Si vous estimez que vous arrivez trop tard, dites-vous que cela n’est pas tout à fait exact. Certes, les réseaux sociaux traditionnels sont bien installés, mais tous peinent à s’adapter au mobile. On ne sait pas encore qui de - à l’Ouest - Facebook, Whatsapp, - à l’Est - WeChat, Line ou Kakao Talk... ou un nouveau venu gagnera la bataille de l’outil de communication mobile, mais il est encore temps d’aller tester l’outil. Pour voir si vous pouvez comprendre les nouvelles façons de consommer ou de communiquer de vos clients ou des consommateurs. Mais aussi pourquoi pas pour rénover votre façon de vendre ou de former vos vendeurs.

lancer sa R&D sur des produits bien ciblés

Si vous n’êtes pas convaincus de l’intérêt de participer à la conversation, prenez au moins le temps de l’écouter. Il existe, en Occident aussi bien qu’en Orient, des outils pour aspirer l’intégralité du contenu publié et analyser les propos. En Chine, ils peuvent s’appeler CIC ou Wildfire.Asia, mais ce ne sont pas les seuls. Avec cela, vous accédez à ce qui se dit sur vos produits, votre industrie, vos fournisseurs, vos distributeurs en temps réel.

Pour le meilleur : "j’adore cette turbine", ou le pire : "l’usine qui fabrique les turbines a pollué mon fleuve, scandale !". Si vous ne vendez pas directement au consommateur, vous accédez au moins à des tendances sur les usages de vos produits. Vous saurez ainsi que le mot "levure" est souvent associé au "Baozi" (soit les petits pains fourrés chinois) que le mot "pneu" est souvent associé à "bruit".

Vous sondez les clients de vos clients sans vous faire voir, sans influencer leur conversation et il est alors possible de lancer sa R&D sur des produits dont on sait que les caractéristiques vont parler au consommateur.

Renaud Edouard-Baraud,
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia

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