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Infineon reprend l'ancienne usine de Qimonda

En pleine forme, l'ex-branche semi-conducteurs de Siemens vient de s'offrir le site de production de son ancienne filiale Qimonda, mise en faillite en 2009. Objectif : y développer son activité dans les semi-conducteurs de puissance.
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Infineon reprend l'ancienne usine de Qimonda
Ancien site de Qimonda à Dresde © Infineon

La crise est bel et bien derrière Infineon, spécialiste allemand des semi-conducteurs ayant généré 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010 avec 26.650 salariés. De retour aux bénéfices depuis la fin de l'année dernière, celui-ci vient d'annoncer le rachat de l'usine de Dresde de Qimonda, son ancienne filiale "mémoires" placée en faillite en 2009.
 

Infineon va débourser 100,6 millions d'euros pour racheter ce site construit en 2001, adjacent à son usine de Dresde. Il hérite ainsi de l'ex-salle blanche de Qimonda et de son outil de production de mémoires sur des tranches de 300 millimètres. Un outil qui s'avérera précieux, d'après lui, pour la production en volume de semi-conducteurs de puissance gravés en 300 millimètres.
 
Electonique de puissance
 
Pourquoi les semi-conducteurs de puissance ? "Depuis quelques années, l'industrie des semi-conducteurs s'est scindée en deux camps, détaille Jean-Philippe Dauvin, consultant du cabinet Decision spécialisé dans les semi-conducteurs et les marchés de l'électronique : "D'un côté, il y a ce qu'on appelle le 'More Moore', autrement dit les composants CMOS, les micro-processeurs, les circuits vidéos… des segments très concurrentiels, confrontés à de fortes baisses de prix. Et de l'autre, on trouve le 'More than Moore', à savoir des produits dédiés à des applications dans l'industrie, l'automobile, la sécurité… pour lesquels les contraintes d'intégration sont moins fortes et qui peuvent être gravés en 200 ou en 300 millimètres, par exemple." C'est sur ce dernier créneau qu'Infineon a choisi de se spécialiser. Ce qui lui permet, d'après ce spécialiste, "de travailler avec des usines amorties sur un marché où la guerre des prix est beaucoup moins forte."
 
Infineon est déjà très bien positionné sur le marché des composants électroniques de puissance, tels les transistors MOSFET et IGBT : selon une étude publiée fin 2010 par le cabinet IMS Research, il était en 2009 - pour la septième année consécutive - leader sur ce segment, avec 10,7% de parts de marché - devant Mitsubishi Electric.
 
Et le groupe devrait encore se renforcer sur ce créneau, si l'on en croit Jean-Philippe Dauvin : "Infineon peut compter sur ses relations privilégiées avec certains clients en Allemagne, première puissance mondiale en électronique de puissance. Et notamment sur Siemens, qui occupe la deuxième place au niveau international." Par ailleurs, le marché européen est voué à se développer : "L'énorme chantier de l'industrialisation de l'énergie électrique s'ouvre actuellement, notamment pour les voitures, et il devrait mobiliser les électroniciens et les électriciens pendant de longues années." Outre l'automobile, Infineon compte se développer sur d'autres secteurs soucieux de réduire la consommation des dispositifs électroniques, comme l'éolien, l'informatique ou l'électronique grand public.

 

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