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Infogreffe se frotte à l'open data et s'y pique

Reportage Infogreffe libère des données en Open Data sur Datainfogreffe, une nouvelle déclinaison ouverte et gratuite de son site. Ce faisant, le registre du commerce espère séduire les start-up et les encourager à commercialiser des solutions innovantes pour utiliser les données, une démarche encourageante pour l'entreprenariat. Mais il faudra plus de données disponibles pour atteindre cet objectif.
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Infogreffe se frotte à l'open data et s'y pique
Infogreffe se frotte à l'open data et s'y pique © Site web Datainfogreffe

C'est dans une salle de conférences chic du 9ème arrondissement de Paris, face à une audience hétéroclite composée de professions juridiques et de créateurs de jeunes pousses du numérique, que le coup d'envoi de l'ouverture du site Datainfogreffe  a été donné le 29 septembre. Pour l'accompagner dans sa démarche d'open data, Infogreffe (groupement d'intérêt public (GIE) supervisant le registre du commerce et des sociétés issu des greffes de tribunaux de commerces) a choisi OpenDataSoft, une plate-forme dédiée à la valorisation des données.  "Pour respecter les principes clés de l'open data, les des données doivent être réutilisables, intelligibles, et interopérables, pour une utilisation responsable et transparente", rappelle Jean-Marc Lazard, son fondateur. 

 

 

Ouvrir les données des actes, pas les actes eux-mêmes

A l'heure où la visualisation d'un extrait du Kbis demeure payante sur le site d'infogreffe, l'initiative, autofinancée par le GIE, interpelle. Surtout lorsque l'on se souvient de la grève des greffiers parisiens en janvier 2015, opposés à  la loi Macron, sur son volet concernant justement l'ouverture des données et son impact sur l'emploi. "Derrière les 250 salariés du Greffe de Paris : 2000 autres emplois !", avait d'ailleurs réagi Florian Pochet, directeur d'Infogreffe à travers un tweet

"Pas d'amalgame", tempère aujourd'hui Bernard Bailet, président du GIE. "Infogreffe délivre et délivrera toujours des actes, et data-infogreffe les données de ces actes. L’utilisation n’est absolument pas la même : une société aura toujours besoin de faire certifier son existence à des fins administratives, en commandant par exemple un extrait de K-bis"

 

Appel du pied aux start-up

Qu'est-ce qui motive cette démarche d'open data chez Inforgreffe ? "Nous sommes les professionnels de référence pour la dématérialisation des actes depuis plus de 30 ans, nous nous lançons aujourd'hui dans une nouvelle aventure", constate Bernard Bailet. "Nous espérons que ces données fourniront un appui aux start-up pour les aider à fournir de nouveaux produits innovants". La boîte à outils mise à disposition permet ainsi de consulter les informations des greffes, des créations ou radiations d'entreprises, les chiffres-clés des entreprises sur les années de référence 2014 ou 2015 les données sont visualisables sous forme de tableur, ou encore de plan interactif, et peuvent être filtrées sur la base de leur géographie ou du secteur d'activité (cf. ci-dessous). "Nous prévoyons un support technique dans les prochains mois, à travers un formulaire de contact intégré au site", précise aussi Florian Pochet.

 

Exemple d'utilisation de Datainfogreffe
Créations d'entreprises dans le domaine des télécommunications en région d'Île-de-France

 

La culture entrepreneuriale s'invite aussi en interne

Sur la twittosphère, certains internautes critiquent déjà le service. En cause ? La faible ampleur des données disponibles, qui ne concernent que les années 2014 et 2015 pour l'instant. 

Adji Bizonzolo, chef du projet data chez Infogreffe, précise et défend la démarche : "Il y a plus de 50 000 modifications de données par jour sur Infogreffe" (précisément 83 278 pour la journée du 29 septembre 2015). Difficile dans ces conditions d'envisager leur répercussion immédiate sur les données librement accessibles. "Evidemment nous mettrons les données à jour, vraisemblablement tous les mois. Pour Infogreffe aussi, ce projet est un challenge. Nous le menons en mode start-up, un pas à la fois." Le registre du commerce prend en tout cas la voie du numérique, et semble plaider que dans une logique d'écosystème, l'ouverture des données peut participer à la création de valeur économique, pas forcément par Infogreffe lui-même, mais par tout type d'acteur entrepreneurial.

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