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Inside Secure, victime de son avance dans le NFC ? 

Victime d’un retard à l’allumage du marché des puces NFC, la pépite française du sans contact est contrainte à un plan d’économie de 13 millions de dollars imposant la suppression de 20% de ses effectifs. Elle garde néanmoins l’espoir de rebondir dans les puces de sécurité.
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Inside Secure, victime de son avance dans le NFC ?
Inside Secure, victime de son avance dans le NFC ?  © Inside Secure

Pour Inside Secure, l’heure est aux remises en cause douloureuses. La pépite française, basée à Aix-en-Provence, qui a misé sur le développement des applications sans contact, déchante. Face au retard à l’allumage du marché, elle est contrainte à un plan d’économie de 13 millions de dollars qui impose la suppression de 20% de ses effectifs. Ce plan de restructuration devrait être présenté au comité d’entreprise lundi 11 mars 2013.

Cette passe difficile se traduit par une détérioration inquiétante de ses résultats financiers. En 2012, le chiffre d’affaires, hors la société britannique Embedded Security Solutions rachetée en décembre 2012, a plongé de 19% à 122 millions de dollars. Les pertes se sont creusées à 30,1 millions de dollars, contre 14,6 millions en 2011.

Pas de prime au pionnier sur le NFC

Responsable de cette dégringolade : le décrochage dans les puces de communication sans contact NFC. Alors que le marché a doublé pour atteindre selon la pépite provençale 80 millions d’unités en 2012, Inside Secure n’a livré que 15 millions de pièces, contre 17 millions en 2011. Le reste du marché a profité principalement au néerlandais NXP. "Nous espérions détenir 50% du marché, confie Richard Vacher Detourniere, directeur général et financier d'Inside Secure. Nous en sommes aujourd’hui  à moins de 20%". Selon les chiffres communiqués par NXP au journal NFC Times, la situation serait pire. Le marché aurait atteint 150 millions de pièces en 2012, dont 125 millions livrés par NXP. Inside Secure n'aurait eu que 10% du marché.

La petite société française a subi les contres coups du déclin de BlackBerry, son premier client avec 30% de son chiffre d’affaires en 2011. Elle ne se fait guère d’illusion sur les perspectives de rebond. L’environnement concurrentiel est en train de changer, avec l’arrivée sur le marché des puces NFC de géants des composants pour mobiles comme Qualcomm, Broadcom ou MediaTek. "Ces nouveaux concurrents débarquent plus vite que nous le pensions, alors que nous n’avons pu conforter notre avance technologique et ce malgré un effort soutenu de R&D", reconnait le directeur général d’Inside Secure.

Selon Julien Gaudemer, analyste à l’Idate, si 20% de Smartphones vendus en 2012 sont dotés de la fonction sans contact NFC, la technologie sans fil Bluetooth équipe près de 90% des terminaux. "Même si le taux d’équipement NFC devrait passer à 50% de Smartphones cette année, les applications n’existent pas encore pour cette technologie. Inside Secure dont les puces NFC constituent le coeur de métier va continuer à souffrir ." C’est là tout le problème. "Si les usages ne décollent pas assez rapidement, il y a un risque de voir Samsung, BlackBerry et autre Nokia arrêter d’intégration de la fonction NFC dans leurs terminaux", craint Richard Vacher Detourniere.

Le salut dans la sécurité ? 

Les activités de puces de sécurité, intégrées dans cartes bancaires, cartes SIM de téléphones mobiles, badges de contrôle d’accès ou systèmes anti-contrefaçon, n’ont pas été, non plus, à la hauteur des prévisions. Mais la société garde l’espoir de rebond grâce à l’adoption par les banques américaines de la carte à puce. " Le marché outre-Atlantique devrait représenter près de 500 millions de cartes par an", prévoit le directeur général. Mais sur ce marché, Inside Secure devra affronter des gros calibres du secteur comme Infineon, STMicroelectronics ou NXP.

Julien Roche, délégué syndical CFE CGC, accuse la direction de ne pas avoir anticipé les difficultés actuelles et d’avoir gaspillé trop d’argent en R&D pour rien. "80% des investissements de R&D étaient consacrés à l’activité NFC, au détriment de l’activité de puces de sécurité", critique-t-il, tout en restant confiant sur la capacité de rebond de la société. Le nouveau plan stratégique prévoit d’ailleurs un rééquilibrage de l’effort de R&D sur l’ensemble de ses activités.

Inside Secure compte aujourd’hui 470 personnes dans le monde, dont 250 en France : 150 à Aix-en-Provence, 75 à Rousset, 7 à Sophia Antipolis et 15 dans la région parisienne. Elle dispose de 27 sites dans 24 pays. Trop, selon Richard Vacher Detourniere qui fait de la consolidation de ces implantations un des objectifs du plan de restructuration.

Ridha Loukil

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