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Insurtech : les Etats-Unis aimantent toujours les investisseurs... mais l'Europe se réveille

Étude Selon le dernier rapport publié par Accenture, les investissements dans les pépites de l'assurance ont atteint 2,3 milliards de dollars dans le monde en 2017. Un montant en hausse annuelle de 32%. Si le marché reste dominé par l'Amérique du Nord, le Vieux Continent connaît un réel engouement pour les insurtechs. Il représente aujourd'hui un tiers des deals avec 107 opérations.
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Insurtech : les Etats-Unis aimantent toujours les investisseurs... mais l'Europe se réveille
46% des investissements dans les insurtechs ont été réalisés en Amérique du Nord en 2017. La start-up Oscar Health vient tout juste de finaliser une levée de fonds de 165 millions de dollars auprès d'Alphabet et d'autres investisseurs. © Oscar Health

Les insurtechs, ces start-up qui utilisent les nouvelles technologies pour réinventer les services assurantiels, continuent d'aiguiser l'appétit des investisseurs. Selon le dernier rapport mondial publié par le cabinet Accenture, 331 investissements ont été réalisés dans les insurtechs au cours de l'année 2017, soit une hausse annuelle de 39%. Ces transactions ont atteint 2,3 milliards de dollars (environ 1,8 milliard d'euros), un montant qui grimpe de 32% par rapport à 2016.

 

46% des investissements réalisés en Amérique du Nord, 33% en Europe

L'Amérique du Nord continue de dominer cette activité de capital-risque. Cette région représente 46% des opérations réalisées en 2017 et ces dernières ont atteint 1,25 milliard de dollars (environ 1 milliard d'euros). Dernier exemple de cet engouement pour les insurtechs : l'impressionnante levée de fonds d'Oscar Health. La compagnie d'assurance nouvelle génération a officialisé le 27 mars 2018 un tour de table de 165 millions de dollars (environ 134 millions d'euros) auprès de Founders Fund et d'Alphabet, la maison-mère de Google. L'opération valorise la jeune entreprise 3,2 milliards de dollars (environ 2,6 milliards d'euros).

 

La prépondérance de l'Amérique du Nord sur le marché des insurtechs tend toutefois à diminuer : en 2016, plus de 60% des deals avaient été réalisés dans cette région. C'était 80% deux ans auparavant. Autre marqueur de ce ralentissement : le nombre d'opérations n'a augmenté que de 6% en 2017 alors qu'en Europe le nombre d'investissements a plus que doublé (+ 118%) avec 107 opérations. En valeur, les transactions réalisées sur le Vieux Continent ont aussi grimpé en flèche avec une hausse de 385% pour atteindre 679 millions de dollars (552 millions d'euros). Le Royaume-Uni apparaît comme le pays le plus dynamique avec 41 opérations enregistrées pour un montant total de 364 millions de dollars (296 millions d'euros).

 

La région Asie Pacifique monte sur la troisième marche du podium avec 11,5% des investissements réalisés. Ces deals ont représenté 358 millions de dollars (291 millions d'euros), un montant en hausse de 27%.

 

Des investissements fléchés vers le marketing et la distribution

Concernant la chaîne de valeur, ces investissements en capital-risque ont essentiellement concerné le marketing et la distribution des services assurantiels (plus de 53%). En effet, la plupart des insurtechs concentrent leurs efforts sur l'expérience utilisateur en développant des applications mobiles, des systèmes de messagerie ou encore des fonctionnalités de photos preuves pour faciliter et accélérer les dédommagements par exemple.

 

Un point que soulignait Julien Maldonato, associé industrie financière chez Deloitte, dans une précédente interview (lire notre article : L'assurance a un potentiel de transformation beaucoup plus grand que la banque) Selon lui, il n'y a pas encore eu de rupture dans le monde assurantiel, mais de simples améliorations incrémentales car la partie "gestion des risques" n'a pas encore été abordée par les pépites technologiques. "On devrait pouvoir, grâce à la technologie, mieux anticiper le risque et passer dans une logique de prévention. Il y a cette promesse des capteurs qui permettent de comprendre le risque et de l'anticiper, mais la diffusion de ces capteurs dans notre société est très lente. C'est un mouvement qui prendra beaucoup plus de temps que ce que spéculent certains", analysait-il.

 

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