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Intel accélère sa marche dans l’Internet des objets

Avec une avalanche d’objets connectés, issus pour la plupart de ses partenaires, Intel amplifie son offensive sur ce marché très prometteur. En multipliant les partenariats, son objectif est de créer un écosystème vertueux. De quoi doper une activité qui s’avère déjà fort rentable.
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Intel accélère sa marche dans l’Internet des objets
Intel accélère sa marche dans l’Internet des objets © Intel

Pas un mot sur les PC qui faisaient la fortune d’Intel par le passé. Dans sa keynote d’ouverture de l’IDF, son évènement annuel qui réunit à San Francisco, du 8 au 11 septembre 2014, développeurs, clients et partenaires, Brian Krzanich, le patron de l’entreprise, a préféré mettre l’accent sur les mobiles et surtout sur l’Internet des objets, devenu le cheval de bataille du groupe. Devant un parterre de 4500 personnes, il a exhibé, avec fierté, de nombreux gadgets connectés, dont les écouteurs audio Biosport, qui mesurent le rythme cardiaque au niveau des oreilles, et le bracelet MICA qui offre aux femmes l’ensemble des fonctions de communication sans fil (téléphone, SMS, Email…) sans avoir à disposer d'un smartphone.

Aucun de ces objets connectés n’appartient à Intel. Les écouteurs Biosport sont un produit de la société SMS Audio et le bracelet MICA appartient à la société Opening Ceremony. Mais ils sont tous développés en collaboration avec le géant mondial des semi-conducteurs. Intel ne fait pas que fournir des composants en silicium : capteur cardiaque pour Biosport, modem 3G pour MICA, etc. Il apporte aussi son savoir-faire dans le logiciel embarqué, la sécurité des données, l’intégration système ou encore l’analyse Big Data au sein du cloud.

Miser sur les partenariats

Intel développe également ses propres objets connectés notamment via la société Basis Science, qu’il a rachetée en mars 2014 pour un montant estimé entre 100 et 150 millions de dollars. Mais c’est sur ses partenariats que Brian Krzanich mise pour s’imposer vite sur ce marché en plein développement. "Nous voulons ainsi construire un écosystème vertueux pour nous, les partenaires et les développeurs d’applications", justifie-t-il.

Le partenariat juste annoncé avec Fossil Group ouvrirait ainsi des perspectives intéressantes dans l’univers de la mode et du luxe. Fossil revendique 80% du marché américain des montres de 100 à 500 dollars. Il est également présent dans les bijoux, les sacs et autres accessoires de mode. Mais les deux partenaires se sont bien gardés de donner les détails des développements à mener ensemble.

Intel travaille également avec des grands noms de l’industrie comme Cisco, IBM, General Electric ou AT&T. "C’est clair qu’Intel accélère son redéveloppement dans l’internet des objets, en témoigne la multiplication des partenariats et des produits cette année, c’est très encourageant pour son avenir sur ce marché", commente Mark Hung, analyste chez Gartner.

L'internet des objets, les données... et les datacenters d'Intel

L’Internet des objets est en effet perçu comme un nouvel Eldorado. Selon IDC, le nombre d’objets connectés devrait passer de 2,2 milliards d’unités en 2013 à 50 milliards en 2020. Intel veut sa part du gâteau. Le groupe est présent sur ce marché avec des composants en silicium, des logiciels et des systèmes. L’offre comprend la puce Quark, le module électronique Edison, la carte de développement Open Source Galileo et des services aux développeurs. De la taille d’un timbre de poste, le module Edison vise à faciliter aux créateurs et aux start-up, le développement de prototypes et même de produits finis. Il est commercialisé à 50 dollars. Les développeurs d’applications pour objets connectés portables bénéficient du programme A-Wear, avec des outils et des algorithmes gratuits d’analyse de données dans le cloud.

Pour Intel, l’objectif est ambitieux. "Nous voulons croitre de 20% en moyenne par an d’ici 2020 sur ce marché", confie Brian Krzanich. L’Internet des objets représente déjà une activité importante de 1,8 milliard de dollars en 2013, en progression de 12,5%. Et cette activité se révèle être fort lucrative, avec selon Ashraf Eassa, analyste chez Motley Fool, une marge de 31%. Le bénéficie va au-delà de l’Internet des objets. Les 50 milliards d’objets connectés prévus en 2020 devront générer un volume de données de 35 zétaoctet dans les datacenters. De quoi doper l’activité d’Intel pour les datacenters, qui est déjà aujourd’hui la plus profitable du groupe.

Ridha Loukil

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