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Intel limite la casse dans les PC

Alors que le marché des PC a baissé de 10% en 2013, le numéro un mondial des microprocesseurs Intel n’a subi qu’une baisse de 4% de ses ventes dans ce domaine. De quoi le laisser entrevoir une stabilisation de son activité. Il n’est pas, pour autant, sorti d’affaire.
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Intel limite la casse dans les PC
Intel limite la casse dans les PC © D.R.

L’horizon s’éclaircit pour Intel. C’est du moins le message martelé par Brian Krzanich, directeur général du groupe, lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre 2013. Alors que le marché des PC a, selon les cabinets IDC et Gartner, plongé de 10% en 2013, le numéro un mondial des microprocesseurs n’a subi qu’un recul de 4% de ses ventes dans ce domaine à 33 milliards de dollars. Mieux : avec 8,6 milliards de dollars, les ventes au quatrième trimestre 2013 dans ce secteur sont identiques à celles du quatrième trimestre 2012 et en progression séquentielle de 2%. Ce qui laisse Brian Krzanich entrevoir une stabilisation du marché des PC et le maintien en 2014 de l’ensemble des revenus du groupe de San José après deux ans consécutifs de recul. En 2013, il affiche un chiffre d’affaires de 52,7 milliards de dollars, en baisse de 1%.

Cet optimisme est contredit par les prévisions du marché des PC. Le cabinet IDC n’entrevoit pas de reprise avant 2015. Même en 2017, il voit le marché largement en dessous de son niveau de 2012. Si Intel affiche des résultats moins catastrophiques que le marché, c’est parce qu’il est présent surtout sur les segments moyenne et haute gammes. Alors qu’il équipe près de 85% des PC du marché, il détient moins de 50% des segments d’entrée de gamme, un créneau où son challenger AMD a toujours été fort.

Que 3,5% du marché de puces pour mobile

Une chose est sûre : Intel limite la casse en 2013 mais il n’est pas sorti pour autant d’affaires. Son talon d’Achille réside dans les processeurs pour mobiles. Un marché où il ne détient que 3,5% du marché, contre 53% pour l’américain Qualcomm ou 14% pour le chinois MediaTek. Sans compter Apple qui développe ses propres processeurs Ax ou Samsung qui fait pareil avec ses processeurs Exynos. Intel a beau être en avance sur le plan technologique, avec une structure de transistor en 3D et un procédé de gravure de 22 nm pour ses puces (contre des transistors planaires et une granvue de 28 nm pour les concurrents). Il peine à percer sur le marché des tablettes et smartphones.

Au quatrième trimestre 2013, ses ventes sur ce segment ont augmenté de 8% à 1,1 milliard de dollars, au prix d’une perte accrue de 620 millions d’euros, contre 495 millions d’euros au quatrième trimestre 2012. Et ces pertes risquent d’exploser en 2014, puisqu’Intel prévoit de consacrer cette année 1 milliard de dollars au subventionnement de ses processeurs dans les tablettes, dans l’espoir de quadrupler le nombre de machines équipées de ses puces Bay Trail à 40 millions d’unités.

Enfin, les observateurs s’inquiètent des perspectives à long terme d’Intel dans les serveurs, qui constituait jusqu’ici l’activité la plus profitable du groupe. En 2013, ses ventes sur ce segment de marché qu’il contrôle à 95% se montent à 11,2 milliards de dollars, en progression de 7%. Mais le développement du cloud computing et de la virtualisation des serveurs font peser de sérieuses menaces sur cette activité. D’autant que des rumeurs persistantes font état de l’intention de Google, jusqu’ici un grand client d’Intel, de développer ses propres processeurs pour les serveurs de ses datacenters. Ceci explique la création de l’initiative "Intel Inside" dans les serveurs à l’instar de ce qu’il fait depuis longtemps dans les PC et mobiles.

Ridha Loukil

 

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