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Intel s'empare de la division mobile d'Infineon

Le spécialiste des micro-processeurs poursuit ses emplettes: il va racheter l'activité "Wireless Solutions Business" de l'allemand Infineon pour 1 milliard d'euros. Objectif: développer de nouveaux systèmes intégrés (intégrant la connectivité) pour les terminaux mobiles.
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Intel s'empare de la division mobile d'Infineon
Intel s'empare de la division mobile d'Infineon © Infineon

Le bruit courrait depuis plusieurs mois. C'est fait. Intel, premier fabricant mondial de processeurs, va s'emparer de la branche mobile du fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon (3,03 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2009 avec 25 650 salariés). Le groupe va débourser 1,4 milliard de dollars en numéraire (soit 1 milliard d'euros) pour cette nouvelle opération, qui devrait être finalisée début 2011. Date à laquelle la branche WLS (Wireless Solutions Business) d'Infineon rejoindra Intel, où elle opérera en tant qu'entité indépendante.

Selon Jérôme Ramel, analyste chez Exane BNP Paribas, le montant offert par Intel à Infineon pour le rachat de cette activité comptant 3.400 salariés n'est pas exorbitant : « Cela représente 0,85 fois le chiffre d'affaires prévu pour la branche mobile d'Infineon cette année ». D'autant que d'autres groupes se seraient eux aussi montrés intéressés, parmi lesquels Broadcom, Samsung Electronics et Nvidia.

Cap vers la mobilité et les puces intégrées

Quel est l'intérêt de cette acquisition pour Intel ? A l'occasion d'une conférence de presse organisée en Allemagne, Anand Chandrasekher, patron de la branche « ultra-mobilité » du fondeur, a expliqué que ce rachat doit aider Intel à se renforcer dans la connectivité, l'un des trois piliers de sa stratégie (aux côtés de l'efficacité énergétique et de la sécurité, qui l'a conduit à racheter McAfee il y a quelques jours). Pour Jérôme Ramel, il devrait surtout « lui permettre d'entrer sur le marché du wireless, comprenant les smartphones, les tablettes... ». Un segment où « le processeur basse consommation Atom d'Intel, pourtant très utilisé dans les netbooks, se vend très mal ».

Plus précisément, le rachat de l'activité WLS d'Infineon doit aider Intel à développer de nouveaux systèmes SoC (System-on-Chip), intégrant plusieurs puces sur une seule puce (un objectif qui a déjà conduit Intel à s'associer au constructeur taïwanais TSMC l'an dernier). « Intel avait jusqu'ici un problème d'intégration et il lui manquait encore quelques pièces pour compléter le puzzle », explique l'analyste. Avec WLS, les vides seront en partie comblés : « Intel va pouvoir offrir une intégration entre les processeurs (sa spécialité), les modems et les puces de radiofréquence ».

Mais le fondeur, qui vient de lancer un avertissement sur ses résultats du troisième trimestre, devra encore se battre pour s'imposer hors de son coeur de métier des processeurs pour PC. En effet, selon le même consultant, « les architectures ARM - utilisées par Qualcomm, Texas Instruments et Samsung, par exemple – ont pris énormément d'avance dans les mobiles, notamment grâce à leurs avantages en terme de consommation de ressources ».

Infineon se renforce sur ses marchés de prédilection

Après deux années très difficiles, Infineon sort pour sa part renforcé du délestage de cette activité, durement éprouvée par la mise en faillite en 2006 de BenQ Mobile, l'un de ses principaux clients (ex-division mobiles de Siemens). Par la voix de Peter Bauer, son PDG, le groupe allemand, qui s'est aussi séparé de sa division ciblant les opérateurs fixes l'an dernier, a souligné que les bénéfices liés à la cession l'aideront à se renforcer sur les trois marchés où il rencontre le plus de succès : l'automobile, l'industrie et la sécurité. Dans les mobiles, la page Infineon est tournée.

Christophe Dutheil

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