Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Internet par satellites : OneWeb racheté par le Royaume-Uni et l'opérateur de téléphonie indien Bharti

Placé en faillite en mars, OneWeb a été racheté à parts égales par le Royaume-Uni et l'opérateur de téléphonie indien Bharti pour plus d'un milliard de dollars. L'entreprise ambitionnait de déployer une constellation de satellites en orbite basse pour connecter le monde.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Internet par satellites : OneWeb racheté par le Royaume-Uni et l'opérateur de téléphonie indien Bharti
Internet par satellites : OneWeb racheté par le Royaume-Uni et l'opérateur de téléphonie indien Bharti © Site du gouvernement britannique

Le Ministère britannique du commerce, de l'énergie et de l'industrie et l'opérateur de téléphonie indien Bharti Global Limited ont annoncé le 3 juin le rachat à parts égales (45%) de l'opérateur OneWeb, qui ambitionnait de déployer une constellation de satellites en orbite basse pour connecter le monde. Les 10% restants demeurent aux mains des créditeurs actuels de l'entreprise. Le montant de l'opération s'élève à plus d'un milliard de dollars.

La transaction doit encore être approuvée par la justice américaine car OneWeb a été placé sous la protection de l'article 11 du Code des faillites. En effet, l'opérateur de satellites s'est placé en faillite fin mars faute d'un nouvel apport financier de Softbank.

OneWeb, un concurrent de SpaceX
OneWeb a déjà envoyé 74 satellites en orbite basse sur les 650 que devait contenir sa future constellation. La société, qui dispose d'une bande de fréquences mondiale, a construit ou est en train de développer la moitié des 44 stations terrestres nécessaires au fonctionnement de son réseau. Son objectif : fournir un réseau rapide et peu coûteux aux endroits reculés, aux navires et aux avions.

OneWeb n'a pas eu le temps de commercialiser ses services, étape planifiée pour 2021. Son principal concurrent, l'Américain Starlink –un projet de méga constellation chapeauté par SpaceX – est beaucoup plus avancé avec déjà plus de 500 satellites en orbite basse.

L'acquisition de OneWeb par le Royaume-Uni n'est pas un hasard. Dans le cadre du Brexit, les entreprises britanniques ont été écartées du projet Galileo, le projet de service européen de positionnement par satellites. "Je ne peux pas laisser nos armées dépendre d'un système dont nous ne pouvons pas être sûrs. Cela ne serait pas dans notre intérêt national", avait déclaré en 2018  Theresa May, la Première ministre britannique.

Pour satisfaire ses besoins en matière de défense, le Royaume-Uni ambitionnait de créer un système de satellites alternatif indépendant de Galileo et du GPS américain. Or le coût a empêché ce projet de voir le jour. Pour l'instant, Londres ne précise pas ses ambitions pour OneWeb. Cité par Le Monde, le gouvernement évoque simplement "l’ampleur des ambitions britanniques sur la scène internationale" et "une opportunité de développer notre base industrielle au Royaume-Uni".

Bonne nouvelle pour Airbus et Arianespace
Cette reprise est également plutôt une bonne nouvelle pour Airbus et Arianespace. En effet, le géant européen de l'aéronautique participe à la construction des satellites en Floride. De son côté, l'entreprise française avait planifié 18 lancements pour déployer ces engins, notamment lors du vol inaugural de la fusée Ariane 6.

Les Etats se penchent de plus en plus sur les constellations de satellites. La semaine dernière, le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton a fait part de ses ambitions pour l'Union européenne qui doit, selon lui, rapidement se doter de sa propre constellation dédiée à l'internet haut débit. Pourtant, le vieux Continent ne s'était pas positionné comme repreneur de OneWeb car "nous avons regardé le dossier, y compris dans son volet technique, Dans toute faillite, il n’y a sans doute pas qu’une seule raison. Il nous est apparu très vite que OneWeb ne pouvait répondre à nos ambitions de connectivité et d’autonomie stratégiques", confiait le haut fonctionnaire. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media